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SAN SEBASTIÁN 2015 Hors compétition

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Regression: Troubles mentaux glacés, dangereux et intenses

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- SAN SEBASTIÁN 2015 : Le sixième film d'Alejandro Amenábar plonge dans les États-Unis des années 90, autour d'une histoire de fanatisme, de mensonge et d'intolérance très noire et perturbante

Regression: Troubles mentaux glacés, dangereux et intenses
Emma Watson et Ethan Hawke dans Regression

Tout ce que filme Alejandro Amenabar se transforme décidément en or. Ses films sont toujours des succès, pour ne citer qu'Agora [+lire aussi :
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, Les Autres et Mar adentro [+lire aussi :
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 qui a remporté l'Oscar 2005 du meilleur film en langue étrangère. À 43 ans, il s'apprête à en lancer un autre, tout aussi prometteur en termes de box-office : Regression [+lire aussi :
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interview : Alejandro Amenábar
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. Le public espagnol pourra le découvrir le mois prochain en salles, après quoi il sortira aux quatre coins du monde pour arriver, à la fin de l'année, dans les salles nord-américaines, distribué par le cuirassé Weisntein.

Regression a d'autant plus de chance de plaire qu'il mise sur la terreur, à travers un suspense psychologique soigneusement distillé dont on sait que le réalisateur d'Ouvre les yeux est féru. Il a en effet toujours professé son admiration pour des films comme Rosemary's Baby, L'Exorciste et L'Enfant du diable. C'est à ces souches que s'est abreuvé son nouveau film, qu'il a tourné en anglais au Canada (en coproduction avec des partenaires locaux) avec un budget de 20 millions de dollars. Dans cette contrée glacée, il a recréé les paysages du Minnesota, où se déroule l'action du film qui retrace l'histoire d'un homme se faisant arrêté parce qu'on l'accuse d'abuser de sa fille, une mineure. L'enquête, menée par l'inspecteur Bruce Kenner (Ethan Hawke), va entraîner ce dernier dans un monde souterrain et ténébreux où les mécanismes psychologiques, le fanatisme et la peur collective vont jouer un rôle déterminant pour montrer encore une fois, comme on le voyait déjà à la fin des Autres, que rien n'est ce qu'il paraît et que les mensonges se propagent avec la vitesse et la facilité d'un virus hautement contagieux.

Épaulé, comme toujours, par Fernando Bovaira de Mod Producciones, Amenabar nous livre de nouveau un produit d'une facture impeccable qui cependant, bien que l'auteur renoue avec l'esprit d'intrigue de ses premiers films, pêche par l'impression de froideur qui s'en dégage. Le narrateur aurait pu faire davantage appel aux émotions et, de cette manière, générer plus d'inquiétude, si le frein à main automatique de sécurité ne semblait pas activé en permanence. Non que l'intrigue à plusieurs niveaux superposés de Regression requière de l'efficacité : elle réclame plutôt une approche viscérale. Et la distance que le réalisateur maintient avec son récit se transmet à la mise en scène, parfaite et efficace, mais sans véritable témérité.

Il faut bien sûr souligner les excellentes performances des acteurs, la splendeur des décors, la photographie bleutée qui contribue à créer une atmosphère glacée, la production impeccable et la qualité de la bande originale qu'Amenabar n'a pas composée lui-même cette fois (alors qu'il l'avait fait pour tous ses films sauf Agora), mais qu'il a confiée à Roque Baños. Cette musique, dominée par les cordes et le piano, parvient à suggérer l'idée d'une communauté où n'importe quelle barbarie pourrait survenir à chaque instant.

Regression s'inspire du phénomène des rituels sataniques abusifs. Amenabar avait déjà approché le motif du dérangement mental (dans Les Autres) et puisé dans les légendes urbaines (pour son premier film, Tesis). Ici, il retrouve ces zones d'exploration et nous livre  un conte cauchemardesque sur la mémoire réprimée et le trouble de la personnalité multiple en tant que masques camouflant une réalité plus perverse où l'intolérance indéracinable, l'inculture perpétuée et l'étroitesse d'esprit font engraisser le monstre de la peur collective, matérialisé par les rites sataniques et les sectes diaboliques qui ont tant fait parler d'elles outre-Atlantique, dans les années 1980 et 1990, au point de devenir l'objet central de tout un sous-genre cinématographique, ainsi que littéraire et journalistique.

Peur, culpabilité et erreur sont la sainte trinité de ce film, qui intrigue et fait réfléchir mais n'arrive pas à secouer les émotions, comme le faisait Agora. Cela n'empêchera certainement pas Amenabar de redonner un bon coup de fouet au box-office espagnol.

Regression a été produit par MOD Entertainment, MOD Producciones, Himenóptero, First Generation Films, Telefónica Studios et Regression A.I.E., en association avec FilmNation Entertainment at avec la participation de Telefilm Canada, la collaboration de Mediaset España et Movistar et le soutien de l'ICAA.

(Traduit de l'espagnol)

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