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SAN SEBASTIAN 2015 Nouveaux Réalisateurs

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Thirst : Un accomplissement esthétique

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- SAN SEBASTIAN 2015 : Le premier film de Svetla Tsotsorkova s’inscrit dans le sillage de The Lesson, lauréat de la section Nouveaux Réalisateurs de San Sebastian l’an dernier

Thirst : Un accomplissement esthétique

Le jury du 63e Festival international de San Sebastian (18-26 septembre), présidé par Diego Lerer, aura du mal à ignorer Thirst [+lire aussi :
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, le drame familial de Svetla Tsotsorkova en compétition dans la section Nouveaux Réalisateurs : doté d’une direction assurée, de personnages attachants et se déroulant au sein d’un microcosme convaincant, tous ces éléments pourraient bien valoir à ce premier film la plus haute distinction dans sa catégorie, qui a été attribuée l’an dernier à The Lesson [+lire aussi :
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, des Bulgares Kristina Grozeva et Petar Valchanov

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Dans une maison perchée sur la colline, une famille essaye de joindre les deux bouts en faisant la lessive pour les hôtels des environs. Aidée par son fils adolescent (Alexander Benev), la mère (une très austère Svetlana Yancheva) n’en finit pas de laver des draps qu’elle étend sous un soleil de plomb. Le père, de son côté (interprété par l’acteur et réalisateur Ivaylo Hristov, qui revient au jeu après avoir remporté cette année le Grand Prix du Meilleur Film au Festival International de Moscou avec sa dernière réalisation, Losers [+lire aussi :
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), s’attache à rafistoler un appareil électroménager dans la maison. Leur quotidien laborieux mais serein est assombri par la terrible sécheresse qui sévit dans toute la région. C’est alors qu’ils reçoivent la visite d’une jeune sourcière (Monika Naydenova) et de son père puisatier (Vassil Mihajlov), dont la présence va bouleverser leur existence paisible. 

On ne peut guère imaginer cadre plus pittoresque que celui choisi par Tsotsorkova pour dépeindre la manière dont des forces étrangères peuvent affecter la vie sans histoires d’une famille. La vieille maison exposée aux éléments, au milieu des draps claquant au vent, rappelle l’image  d’un Béhémoth brun qui serait prêt à s’élancer vers le ciel dans un grand déploiement d’ailes colorées. Cela pourrait peut-être déclencher une tornade en Chine, bien qu’ici, à dire vrai, la sourcière aux cheveux blonds sera  à l’origine des bouleversements de cette histoire, écrite par la réalisatrice avec Svetoslav Ovcharov et Ventsislav Vasilev

Avec ses vérités tronquées, son extrême franchise et sa nature tranquille, presque maussade, la jeune fille fait surgir l’évidence pour chacun des autres personnages. L’adolescent se rend compte qu’il comble le vide de ses journées en repassant les draps et en s’occupant de la cuisine, la mère se rend compte que les années s’envolent aussi rapidement que des secondes au milieu des draps suspendus, chassées par le vent aride et perdues à jamais ; tandis que le père comprend que ses deux crises cardiaques ont fait de lui un vieil homme. Présenté par la réalisatrice comme un film “intime, vécu, à caractère autobiographique”, Thirst montre que non contente de meurtrir le sol, la sécheresse peut aussi fendre l’âme.

Tandis que le travail attentif du directeur de la photographie Vesselin Hristov emplit l’écran de bruns infinis, la réalisatrice pimente les tribulations de ses personnages de moments drôles, méditatifs et affectueux qui font de la colline et de la maison au bout de son chemin de terre sinueux, un fascinant microcosme des réalités familiales.

Bien que certains dialogues soient un peu trop précieux pour ces personnages figés dans le temps d’une région reculée et isolée, Thirst est un bon moment de cinéma. Si vous n’êtes pas à San Sebastian, pas d’inquiétude : avant la première mondiale, le film a déjà été sélectionné pour une une dizaine d’autres festivals cinématographiques, parmi lesquels Zurich, Haïfa, Londres et Hambourg. 

Produit par Front Film, Thirst est représenté par la société française de ventes internationales Alpha Violet.

(Traduit de l'anglais)

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