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El rey de La Habana : La Havane qu'on ne voit pas sur les cartes postales

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- SAN SEBASTIAN 2015 : Agustí Villaronga propose une adaptation très dure du roman de Pedro Juan Gutiérrez, qu'il a tournée à Saint-Domingue avec des acteurs cubains

El rey de La Habana : La Havane qu'on ne voit pas sur les cartes postales
Maykol David en El rey de La Habana

Quand on débarque à Cuba, on peut esquiver la réalité de l'île caribéenne en se réfugiant dans station balnéaire de Varadero, mais si on souhaite vraiment connaître la Havane profonde, il faut s'armer de courage et déambuler dans ses rues délabrées, s'immerger dans la misère inquiétante de ses quartiers. On en sort transformé. Ce qu'on voit, ce qu'on entend, ce qu'on respire là est bien différent de ce que montrent les cartes postales et catalogues touristiques. Agustí Villaronga, qui nous avait plongés dans la Catalogne nauséabonde de l'après-guerre avec Pa negre [+lire aussi :
bande-annonce
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(qui a raflé neuf Goya et le Coquillage d'argent de la meilleure actrice à San Sebastian, pour l'interprétation de Nora Navas), nous invite à présent, avec El rey de La Habana [+lire aussi :
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, dévoilé en avant-première mondiale au 63e Festival de San Sebastián, à opérer une immersion dans ce Cuba que beaucoup ne veulent pas voir, et que d'autres préfèrent ne pas montrer.

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Pour ce faire, le réalisateur originaire de Mayorque, est parti du roman éponyme de Pedro Juan Gutiérrez et l'a fait passer à travers le prisme particulier de son regard – sans toutefois renouer avec son audace et son originalité d'antan, qu'on trouvait dans des films comme Tras el cristal, El mar ou El niño de la luna, comme s'il s'était plié aux voeux de sa productrice, Luisa Matienzo. Le film s'ouvre sur un générique animé qui nous prépare, certes, à une ambiance peu propice à la joie de vivre et au rire, mais les premières images qui suivent déconcertent par la légèreté avec laquelle y défilent des morts extrêmement violentes, légèreté qui semblerait annoncer un récit picaresque où l'humour côtoie la tragédie. Ce manque de définition du ton du récit se maintient au fil du film, mais l'agressivité et la dégradation à laquelle on assiste continuellement efface vite du visage du spectateur toute esquisse de sourire, d'autant que les personnages sont assez déplaisants, bien qu'on comprenne les actes auxquels ils sont contraints pour survivre dans cet univers hostile.

El rey de La Habana suit le parcours de Reinaldo, un garçon échappé d'une maison de correction qui déambule dans l'île à la fin des années 1990 et profite de l'organe dont l'a doté Mère Nature pour avoir des relations avec une dame plus âgée. Plus tard, il cohabite avec une fille qui vend ses services à des vieux et vit une sorte d'idylle le travesti d'à-côté. Ce capharnaüm sexuel, compliqué par la jalousie, est un des ingrédients les plus réussis de ce portrait sauvage et désincarné de la marginalité et de l'amoralité.

Le film a été produit par les sociétés espagnoles Pandora Films et Tusitala avec Esencia Films en République dominicaine. Ses ventes internationales sont assurées par Filmax International. Le film n'a pas pu être tourné à Cuba, car les autorités n'ont pas accordé les autorisations nécessaires (lire l'article). Le résultat de l'entreprise est une oeuvre peu accessible ni compréhensible où se succèdent les épisodes misérables, tournés salement, avec brusquerie, ce qui crée un sentiment de saturation et produit l'effet contraire de celui désiré : on se lasse du spectacle ininterrompu de tant de dégradation, de misère et de vilainie et du fait que le film n'offre aucun répit par le biais de l'humour qu'il semblait promettre au début. Ce qui est indéniable, c'est que ce film nous plonge bel et bien dans le vrai Cuba, bien que le film ait été tourné sur une autre île caribéenne avec des acteurs maîtrisant parfaitement l'accent de La Havane.

(Traduit de l'espagnol)

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