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SEMINCI 2015

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La adopción : cauchemar dans la neige

par 

- Daniela Fejerman nous livre le récit bien rythmé d'une situation difficile qu'elle a vécue personnellement : l'adoption d'un enfant originaire d'un pays rongé par la corruption

La adopción : cauchemar dans la neige
Nora Navas et Francesc Garrido dans La adopción

Le titre provisoire du film La adopción [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Daniela Fejerman
fiche film
]
était La espera (litt. "l'attente" – voir l'article), parce que ses personnages doivent s'armer de patience pour arriver à être entendus par la bureaucratie d'un pays étranger où ils souhaitent adopter un enfant, et pour tenir bon tout au long d'une procédure infernale qu'ils entament plein d'illusions, mais dont ils ne savent pas quand et comment elle va se terminer. L'angoisse du couple qu'on suit dans le film, et qui est interprété avec une remarquable conviction par les acteurs catalans Nora Navas (Goya 2011 de la meilleure actrice pour Pa negre [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
) et Francesc Garrido (qui rend ici à son personnage toutes ses nuances à travers des regards lourds de sens et des sautes d'bumeur), résonne au-delà de l'écran : elle vient s'installer dans l'âme du spectateur, en faisant le témoin direct de la procédure longue, douloureuse, glaçante et exténuante que doivent endurer les personnages – celle-là même qu'a vécue la réalisatrice, Daniela Fejerman, il y a quelques années, quand elle a adopté un enfant ukrainien.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Malgré sa trame, tout à fait dramatique, La adopción, tourné en Lituanie et dévoilé cette semaine à la 60ème Semaine de Valladolid (Seminci), ne tombe jamais dans le sentimentalisme facile. Au contraire, la réalisatrice, qui a co-écrit le scénario avec Alejo Flah, parvient à relater cette histoire personnelle avec assez de dignité, de distance et de précision pour que son film ne se mette pas à ressembler à un téléfilm. Pour ce faire, elle s'est appuyée non seulement sur une troupe excellente (mi-espagnole, mi-lituanienne), mais aussi sur la photographie de Juan Carlos Gomez, dont la pâleur renvoie à l'état d'anémie émotionnelle du couple dont on suit le parcours.

C'est que Daniel et Natalia font partie de ces couples qui ont misé sur leur projet de devenir parents non seulement leurs économies, mais tous leurs espoirs. Quand ils se rendent, unis, dans le pays de l'Est où on leur a promis qu'ils trouveraient un enfant, ils doivent faire face à des vols, à la corruption et à un niveau d'incommunication tel qu'ils perdent totalement le contrôle de la situation et que tout se met à aller de mal en pis, y compris une relation qu'il croyait solida et infaillible.

Tandis que dans les rues, les autochtones fêtent Noël, Daniel et Natalia passent par toutes les émotions : de la rage au manque en passant par la parte de confiance, l'agressivité et le désespoir. Le contraste entre leur intimité brisée et la joie du monde extérieur ne fait qu'accentuer les allures de chemin de croix de l'épreuve qu'ils traversent, impuissants. Fejerman nous émeut par son histoire tout en posant une question : "Que serait-on prêt à endurer dans la même situation ?".

La adopción a réuni les efforts des sociétés espagnoles Mistery Producciones AIE, Tornasol Films et Messidor Films et des sociétés lituaniennes Lietuvos Kino Studija UAB et Ahil UAB. La production a été placée entre les mains expertes de Teresa Font. Les ventes internationales du film sont assurées par Latido Films.

(Traduit de l'espagnol)

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