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La calle de la amargura : des catins tendres et des nains masqués

par 

- Un Arturo Ripstein grand style, de coproduction hispano-mexicaine, qui retrace librement des faits tragicomiques réels survenus dans les bas fonds mexicains, a ouvert le Festival de Gijon

La calle de la amargura : des catins tendres et des nains masqués
Silvia Pasquel dans La calle de la amargura

Avant d'arriver au 53ème Festival de Gijon vendredi dernier, La calle de la amargura [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
est passé par Venise et Toronto. À l'événement asturien, Arturo Ripstein, toujours aussi blagueur et énergique à 72 ans, est venu présenter son film sans sa géniale collaboratrice de longue date, Paz Alicia Garciadiego, avec laquelle il a écrit 14 films. C'est elle qui, en lisant une "note rouge" (la section qui récapitule les événements les plus importants dans la presse mexicaine), a eu l'idée de créer cette comédie dramatique en noir et blanc dont le sujet est l'engeance picaresque qui peuple les bas fonds de Mexico City.

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On se trouve donc sur le terrain de prédilection de Ripstein : les ruelles sombres, les maisons délabrés et les âmes perdues. Deux femmes de mauvaise vie au bord de la retraitre se retrouvent impliquées dans un incident dont deux nains catcheurs qui ne quittent jamais leurs masques vont petre les victimes. Ripstein, qui n'en est pas à sa première fresque sur sa chère capitale mexicaine (cf. La reina de la noche, La virgen de la lujuria) promène sa caméra, tantôt vacillante, sinueuse ou flottante, et nous offre de nombreux plans-séquences qui parcourent les allées les plus noires de la ville (dont on ne cesse d'entendre le grondement au loin) pour nous faire connaître ces deux putains tristes (Patricia Reyes Spíndola et Nora Velázquez). L'une d'elle cumule le métier le plus débattu du monde et l'exploitation comme mendiante d'une vieille femme qu'elle transporte dans un chariot buñuelien. L'autre en découd avec sa fille adolescente et son mari, qui lui vole sa lingerie pour pimenter ses rencontres secrètes avec de jeunes hommes. Ces deux femmes sont des combattantes du quotidien, comme l'autre duo du film, sauf qu'elles ne se battent pas sur un ring.

Le peuple dont Ripstein dresse un tableau, soutenu par la photographie en noir et blanc (que le cinéaste affectionnne) d'Alejandro Cantu, est incroyable et très humain à la fois : ses vieilles prostituées, bien qu'elles transgressent de nombreuses règles, sont en fin de compte des âmes pures, pieuses et charitables parcourues de sentiments profonds, et ce qu'elles essaient de faire, c'est de vivre avec le plus de dignité possible malgré le rôle que la vie leur a assigné, et sans cesser d'aimer.

La calle de la amargura, qui se termine par un air joyeux chanté en français par Luis Mariano, entraîne le spectateur dans une étrange immersion dans un univers tellement réaliste qu'il semble un rêve... ou un cauchemar. Ripstein parvient de nouveau à nous émouvoir par son regard sur les égouts de notre société en nous offrant une concoction miracle à base d'humour, de mort et de tendresse – une fable qui se rattache au récit picaresque de Quevedo ou Mateo Alemán, et bien sûr aux Divinas palabras de Valle Inclán. C'est un univers grotesque et mélodramatique peuplé d'éternels perdants, ceux-là mêmes dont Francisco de Goya faisait des toiles.    

La calle de la amargura a été coproduit par la société mexicaine Productora 35 et la maison espagnole Wanda Vision. Les ventes internationales du film sont gérées par la madrilène Latido Films.

(Traduit de l'espagnol)

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