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SOLEURE 2016

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Zen for Nothing : entre philosophie et saine autodérision

par 

- Werner Penzel est en lice pour le Prix du public des Journées de Soleure avec un film hors de l'espace et du temps, tout à la complexité du présent

Zen for Nothing : entre philosophie et saine autodérision
Sabine Timoteo dans Zen for Nothing

Werner Penzel est de retour aux Journées de Soleure avec Zen for Nothing [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, qui nous transporte au coeur de petit monastère zen Antaiji, où l'actrice suisse Sabine Timoteo (Prix du cinéma suisse de l'interprétation féminine pour L’Amour, l’argent, l’amour de Philip Gröning) a décidé de s'installer le temps de reprendre contact avec un présent qui semble lui filer des mains. 

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Pendant plusieurs mois, de l'automne au printemps, Penzel suit une Timoteo à fleur de peau avec laquelle on parcourt les montagnes russes de son moi profond, entre exaltation et résignation. Le petit monastère japonais Antaiji, guidé par un ministre d'origine berlinoise pour le moins atypique, fait figure de refuge pour les gens en quête de spiritualité, mais sous ses allures d'oasis nichée en pleine nature, c'est bien plutôt un lieu-purgatoire dont les pensionnaires ont quelque chose à expier. Incapables de se libérer des automatismes de la société consummériste, ils sont torturés, en quête d'une chose sans forme et sans nom dont ils attendent la salvation, coincés dans un hic et nunc chimérique bien lointain de celui que vendent les gourous New Age en ville. 

Parmi ces pélerins, l'actrice et danseuse Sabine Timoteo se dépouille devant la caméra de Penzel de son "personnage public" pour devenir une ombre parmi les ombres, et être, tout simplement. Cette double identité du sujet, d'un côté actrice/personnage, de l'autre pélerine et libre d'exister en dehors de tout scénario, est ce qui rend le projet de Penzel particulièrement intéressant. Quand elle prend la parole lors d'une cérémonie et décrit le sentiment oppressant d'abord ressenti au monastère, elle semble évoquer à travers cela la condition de l'acteur, enfermé dans le cadre rassurant de l'écran mais condamné à ne pas "être", ou à n'être qu'une image éphémère dans une récit raconté par quelqu'un d'autre. 

Au-delà de tous les cadres, filtres et structures, on cherche à comprendre qui est Timoteo. La réponse est sans doute dans ce que Penzel suggère sans le montrer, dans l'ombre furtive de l'instant qu'on ne peut jamais capter et retenir. Au-delà du questionnement sur l'être qu'emporte le lieu où il se situe, Zen for Nothing dresse le portrait d'une humanité extraordinairement contemporaine, universelle dans son imperfection. C'est aussi un film qui sait offrir, malgré sa profondeur, quelques moments d'absolue légèreté, et ce mariage inattendu entre métaphysique et autodérisions fait chaud au coeur, dans le froid de l'hiver nippon.

Werner Penzel utilise sa caméra non seulement comme un oeil mais également comme une oreille, un nez, une main, un coeur, pour nous faire vivre une expérience très sensible, toute en nuances, imprévisible comme la vie même.

Les ventes internationales de Zen For Nothing sont gérées par la société zurichoise Look Now!.

(Traduit de l'italien)

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