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A Good Wife: une belle vie, mais à quel prix ?

par 

- Le premier film réalisé par Mirjana Karanović raconte l’histoire d’une femme convenable plongée dans une situation abominable

A Good Wife: une belle vie, mais à quel prix ?
Mirjana Karanović et Boris Isaković dans A Good Wife

L’avant-première du film A Good Wife [+lire aussi :
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, sélectionné dans la section Cinéma du monde,vient d’avoir lieu au Festival Sundance. Il s’agit du premier long-métrage en tant que réalisatrice de Mirjana Karanović, la star serbe révélée sur la scène internationale dans les films d’Emir Kusturica, puis plus récemment dans Sarajevo, mon amour [+lire aussi :
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de Jasmila Žbanić, ou encore Next to Me [+lire aussi :
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Karanović y interprète également le rôle principal, celui de Milena, une femme de 50 ans qui mène une existence paisible et prospère auprès de Vlada, son mari (Boris Isaković, vu dans Circles [+lire aussi :
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) et de leurs deux enfants Katarina (Isidora Simjonović, vue dans Clip [+lire aussi :
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) et Miloš (Jovan Belobrković). Ils vivent dans une grande maison dans la banlieue de Belgrade et possèdent deux voitures : une vie de rêve pour le Serbe moyen. Mais comment cette famille a-t-elle réussi à se hisser jusque-là ?

Quand elle apprend qu’elle a le cancer, Milena se lance avec frénésie dans un grand ménage de printemps (comme le font souvent les gens en apprenant ce genre de nouvelles) et découvre ce faisant une cassette vidéo sur la guerre en Bosnie contenant des extraits mettant en scène Vlada et ses amis Dejan (Bojan Navojec, vu récemment dans Life Is a Trumpet [+lire aussi :
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) et Sveta (Vlado Kerošević) en uniforme en train d’exécuter des civils.

Pendant ce temps-là, au travers des conversations très libres des anciens soldats et de l’information relayée par la télévision, on apprend que la Serbie est sur le point d’extrader les personnes accusées de crimes de guerre pour qu’elles soient jugées par le Tribunal de La Haye. On découvre par ailleurs Nataša (Hristina Popović, vue dans Circles et Next to Me), la fille aînée de Milena et Vlada, apparemment tenue à l’écart par sa famille, ou plus exactement par son père. C’est une artiste politiquement engagée qui vient de recevoir une subvention du gouvernement français, ce que son père critique vivement : "Si maintenant on se met à donner des récompenses à ceux qui détestent leur propre patrie…" 

Karanović s’est appliquée à faire en sorte que cette division idéologique, au cœur de bien des discussions animées dans les Balkans ces vingt dernières années, y compris dans les livres, les films et les pièces de théâtre, reste à l’arrière-plan de l’histoire de cette femme simple (mais pas simplette) qui n’aspire qu’à une vie normale et paisible. Mais ce débat s’empare de sa réalité, et Milena se trouve désormais à un carrefour : il lui faut se débarrasser de deux maux - une tumeur et des mensonges. Si se débarrasser du premier apparaît comme une évidence, le deuxième en revanche est un véritable dilemme cornélien. 

Garder ce genre de secrets enfouis a des conséquences particulièrement visibles dans le couple de Dejan, alcoolique, et de sa femme Suzana (Jasna Djuričić, vue dans Barbarians [+lire aussi :
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) qui s’oppose verbalement à Vlada au cours de disputes que Milena observe de loin sans vraiment en connaître la cause exacte. Toutefois, le recoupement des différents événements lui permet d’avoir une idée assez précise de ce qui est en train de se passer, et, petit à petit, sa vie commence à s’écrouler.

Le film est entièrement raconté du point de vue de Milena. La réalisation de Karanović est simple et directe. Il n’y a ni symboles, ni digressions. Le personnage principal est en charge de la narration, un point que l’actrice-réalisatrice a su parfaitement mener à bien.

Le scénario coécrit avec des collaborateurs récurrents de Karanović, Stevan Filipović et Darko Lungulov, soulève également des questions qui dépassent Milena – des choses auxquelles elle n’avait jamais pensé, des doutes qu’elle s’était toujours empressée de réfréner à temps. Tout cela finit toutefois par faire surface toujours de la même manière : assez éloigné au début, puis de plus en plus proche jusqu’à submerger le personnage principal qui n’a alors plus d’autre choix que d’y faire face. 

La photographie du film a été confiée au très talentueux Bosnien,  Erol Zubčević, et le montage à Lazar Predojev (White White World [+lire aussi :
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). Le film est le récit pur de l’histoire d’une femme honnête et brave soudain plongée dans une situation particulièrement sordide.  

A Good Wife est une coproduction entre This&That Productions (Serbie), Bosnia's Deblokada (Bosnie) et Nukleus Film (Croatie). Les ventes internationales du film sont gérées par Films Boutique.

(Traduit de l'anglais)

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