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6.9 on the Richter Scale : la coqueluche du public au Festival de Transylvanie

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- Ce long-métrage projeté en ouverture du festival pourrait bien devenir le film roumain le plus rentable de ces dernières années

6.9 on the Richter Scale : la coqueluche du public au Festival de Transylvanie
Teodor Corban et Laurenţiu Bănescu dans 6.9 on the Richter Scale

Malgré les nombreuses récompenses qui leur sont décernées dans les festivals de cinéma les plus prestigieux au monde, les films roumains sont confrontés à l’indifférence des cinéphiles de leur pays d’origine, qui restent quasi systématiquement fidèles au cinéma d’évasion hollywoodien. Cependant, il pourrait bien en être autrement avec la comédie 6.9 on the Richter Scale [+lire aussi :
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de Nae Caranfil, qui a été accueillie avec grand enthousiasme vendredi dernier en ouverture du Festival international du film de Transylvanie (TIFF), qui se tient du 27 mai au 5 juin à Cluj-Napoca.

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Même si la critique considère que le film de Caranfil (le plus grand réalisateur roumain parmi ceux qui n’appartiennent pas à la Nouvelle Vague de Cristi Puiu et Cristian Mungiu) est l’un des moins remarquables de sa carrière, Richter a prouvé qu’il pouvait plaire au public et peut-être devenir ce dont le cinéma roumain a le plus besoin : un leader incontestable du box-office national. Avec ce film, Caranfil, qui avait réalisé Philanthropique en 2002 (lequel est probablement la plus grande référence du cinéma populaire roumain depuis plusieurs décennies), retrouve le ton amusant, léger et attachant de ses premiers longs-métrages et semble bien décidé à rallier le public à sa cause en le faisant se tordre de rire.

Ce film musical s’intéresse à Tony (Laurenţiu Bănescu, qui joue ici son premier rôle principal), un jeune acteur dont la vie s’avère plus mouvementée que prévue : alors qu’il a obtenu le premier rôle dans une comédie musicale et qu’il vient de s’installer dans un nouvel appartement avec sa femme Kitty (Maria Obretin), Tony ne tarde pas à découvrir que son nouvel immeuble n’est pas aux normes et pourrait bien s’avérer dangereux en cas de tremblement de terre, ce qui ne fait qu’accentuer sa peur maladive des séismes. Pour ne rien arranger, le père de Tony, Edi (Teodor Corban, qui change de registre après avoir joué un personnage principal tourmenté dans L’étage du dessous [+lire aussi :
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), réapparaît dans la vie de son fils et souhaite renouer avec lui, après l’avoir abandonné à l’âge de cinq ans.

Passé maître dans l’art d’explorer la tendance des Roumains à privilégier la solution de facilité, Caranfil (également scénariste de son film) utilise les codes de la comédie familiale en Roumanie et les assemble généreusement pour obtenir un long-métrage qui devrait plaire aux spectateurs désireux de retrouver une atmosphère rafraichissante et colorée au cinéma. Avec ses voisins bruyants, ses marchés douteux, ses collègues de travail amusants, ses liaisons extraconjugales et ses échanges de bons procédés, le film a des chances d’amuser un public disposé à suivre une histoire où se succèdent, pendant près de deux heures, des moments pertinents et attachants et des passages plus grivois et moins intelligents.

Il y en a donc pour tous les goûts dans Richter, et si l’on repense à l’ensemble de la carrière de Caranfil, on est en droit de penser que cette comédie est beaucoup plus énergique, mais aussi bien moins ambitieuse et de moindre envergure, que ses deux derniers films, Le reste est silence [+lire aussi :
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(un biopic de Grigore Brezeanu, qui a réalisé le premier long-métrage de l’histoire de la Roumanie, The Romanian Independence, en 1912) et Closer to the Moon [+lire aussi :
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(un film sur un braquage en période communiste avec de grands noms d’Hollywood à l’affiche mais malheureusement très imparfait). Ainsi, Richter est à la filmographie de Caranfil ce que Les Amants passagers [+lire aussi :
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(également projeté en ouverture d’une édition du TIFF) est à celle de Pedro Almodóvar. Mais malgré ses défauts, le long-métrage confirme tout de même que le réalisateur est le plus prodigieux des cinéastes anti-minimalistes de Roumanie.

Étant donné l’influence et la renommée de son producteur Cristian Mungiu, Richter ne devrait pas avoir de mal à être annoncé en sélection de plusieurs festivals de cinéma, bien qu’il soit davantage destiné au grand public, en particulier aux spectateurs roumains, et surtout aux hommes si l’on considère la façon assez misogyne dont le film aborde les questions sentimentales. La sortie du long-métrage étant prévue à l’automne, sa société de production Mobra Films va devoir attendre quelques mois avant de vérifier si cette expérience cinématographique exubérante aura le succès escompté.

(Traduit de l'anglais)

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