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Suntan : un thriller érotique envoûtant sur la crise de la quarantaine

par 

- Argyris Papadimitropoulos met en parallèle l’innocence et la passion de la jeunesse avec une vie gâchée à cause d’opportunités manquées

Suntan : un thriller érotique envoûtant sur la crise de la quarantaine
Efthymis Papadimitriou dans Suntan

Suntan [+lire aussi :
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, un thriller érotique d’Argyris Papadimitropoulos (Wasted Youth, Bank Bang) projeté en compétition au Brussels Film Festival, a de quoi captiver le spectateur avec son atmosphère solitaire et obsédante. Le personnage principal, Kostis (interprété par Efthymis Papadimitriou, que l’on a déjà pu voir dans Chevalier [+lire aussi :
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), est un médecin célibataire d’une quarantaine d’années qui, dès la première image du film, est envahi par la solitude. En effet, le protagoniste est la seule personne à bord d’un ferry qui l’amène jusqu’à son nouveau chez-lui : une île qui compte à peine 800 habitants en hiver. Ce lieu isolé nous est présenté avec des teintes sombres (majoritairement du gris, du bleu et du noir), ce qui instaure une atmosphère mélancolique que seules les lumières de Noël aux couleurs artificielles et déconcertantes qui se succèdent devant Kostis parviennent à égayer un peu. Le tout sous une pluie hivernale qui donne à penser que la seule façon de mettre fin à cette morosité est d’attendre le retour des vacances d’été. Et c’est justement ce que le film nous propose ensuite en faisant un bond de l’hiver à l’été (avec l’idée intéressante de faire apparaître le titre du film à l’écran au moment précis où les saisons se succèdent), marquant ainsi un renouvellement de l’histoire dans un style très différent de ce que nous a proposé le récit jusqu’ici. Et nous ne sommes pas déçus par l’arrivée de l’été, qui s’accompagne d’une abondance de touristes, de couleurs vives et d’images des bords de mer de l’île. Pour Kostis, cette saison est synonyme de travail supplémentaire (en raison du grand nombre de touristes et d’habitants de l’île à soigner) mais aussi de nouvelles rencontres, puisqu’un groupe de jeunes gens des plus attirants se met soudainement à s’intéresser à lui. Anna, une magnifique jeune fille d’à peine 20 ans (superbement interprétée par l’actrice débutante Elli Triggou), l’invite alors dans son cercle d’amis et le fait pénétrer dans une spirale où se mêlent les distractions, la liberté sexuelle et l’insouciance. Pour la première fois de sa vie, Kostis se sent désiré, et il retrouve ses 20 ans auprès d’Anna en profitant des expériences qui lui avaient tellement manqué. La jeune femme le séduit de plus en plus et profite de sa vulnérabilité sans s’en rendre compte, ignorant l’effet qu’elle fait aux hommes, au point que Kostis finit par être dévoré par ses sentiments lorsqu’il se rend compte qu’Anna et ses amis n’éprouvent que de l’indifférence à son égard et se raillent de sa naïveté et de sa gêne en société.

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Kostis semble pathétique mais parvient à s’attirer la compassion du public à mesure que ses troubles émotionnels se manifestent et que l’on découvre qu’il est rongé par le sentiment d’avoir raté sa vie, à laquelle il cherche désespérément à donner un sens. Néanmoins, ses désirs tournent au harcèlement, et son appareil photo devient alors l’instrument de la descente aux enfers d’un homme émotionnellement instable, prisonnier de ses peurs et de ses obsessions, qui en vient même à négliger ses devoirs en tant que médecin et en tant qu’être humain. La scène finale est tout simplement captivante et nous fait nous interroger sur ce dont le protagoniste est capable et jusqu’où sa monstruosité peut aller. Le film ne laisse pas ces questions sans réponse, et il s’achève sur une image bouleversante de sensibilité et de perversion.

Suntan est une œuvre imprévisible qui a de quoi laisser le spectateur cloué à son fauteuil du début à la fin. En réinterprétant l’image romantique des vacances d’été hédonistes sur une île grecque, le film met en parallèle l’innocence et la passion de la jeunesse avec une vie gâchée à cause d’opportunités manquées.

Le long-métrage, également sélectionné en compétition aux festivals de Rotterdam et d’Édimbourg, a été produit par Marni Films, Oxymoron Films, Graal SA, FassB Films et Foss Productions. Il est distribué par Marni Films, tandis que Visit Films s’occupe de ses ventes internationales.

(Traduit de l'anglais)

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