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ÉDIMBOURG 2016

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The Carer : un Brian Cox exceptionnel dans le rôle de sa vie

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- Le comédien écossais est plus drôle que jamais dans le rôle doux-amer d’un ancien acteur shakespearien avec des problèmes de santé

The Carer : un Brian Cox exceptionnel dans le rôle de sa vie
Brian Cox et Coco König dans The Carer

Après avoir été projeté en avant-première mondiale au Festival du film de Palm Springs, The Carer [+lire aussi :
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arrive enfin en Europe, dans la section Best of British du 70e Festival international du film d’Édimbourg. Près de sept ans après son précédent film, le succès international Prima Primavera [+lire aussi :
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, le réalisateur hongrois János Edelényi retrouve le directeur de la photographie Tibor Máthé derrière la caméra pour donner vie à un scénario délicieusement drôle qui se distingue par la finesse de ses dialogues et un rôle sur mesure pour l’acteur écossais Brian Cox, détenteur d’un Emmy Award.

Le regretté Gilbert Adair (scénariste d’Innocents [+lire aussi :
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) avait participé à l’écriture de l’histoire de Sir Michael Gifford (Brian Cox), un ancien acteur shakespearien atteint d’une forme dégénérative de la maladie de Parkinson qui l’a contraint à se cacher dans sa maison de campagne pour ne pas avoir à révéler son état de santé au public. Sophia (Emilia Fox), sa fille au mental d’acier, insiste pour qu’un auxiliaire de vie s’occupe de lui, mais aucune des aides à domicile qu’elle a engagées jusqu’à présent n’a réussi à supporter son mauvais caractère. Trouver la perle rare semble donc être un défi impossible à relever pour les proches de Sir Michael, jusqu’à ce que Joseph (Karl Johnson), homme à tout faire de la résidence et unique ami de l’acteur, s’arrange pour que la prochaine "victime" du tempérament de Sir Michael soit Dorottya (Coco König), une aide à domicile jeune et obstinée qui vient de Hongrie et rêve de devenir actrice. Mais contrairement à ceux qui l’ont précédée, la jeune femme se rapproche rapidement du vieil homme grâce à leur passion commune pour Shakespeare et, bien que sceptique au départ, Sir Michael reprend goût à la vie et retrouve la confiance dont il avait besoin pour accepter son état de santé.

The Carer est avant tout un film sur la vieillesse et la maladie puisque le réalisateur, qui a perdu son père et son beau-frère il y a peu, a développé la relation entre Sir Michael et Dorottya en s’inspirant des histoires drôles que son père et lui se racontaient pour soulager leur douleur émotionnelle pendant les années qu’ils ont passées à faire des allers-retours à l’hôpital. Un autre aspect essentiel du film qui renvoie à une expérience personnelle est le statut d’immigrée de Dorottya. En effet, Edelényi a lui-même dû quitter la Hongrie à cause de la censure imposée sous le régime communiste, si bien que The Carer comporte plusieurs petits détails bouleversants qui reflètent la dure réalité des expatriés qui ont dû quitter leur pays la peur au ventre, mais bien déterminés à s’en sortir malgré tout, peu importe les obstacles qui se dressent sur leur route.

Bien que le film ne se distingue pas par son originalité, l’alliance parfaite entre la comédie et la tragédie, combinée à des performances incroyables de tous ses acteurs, contribuent à en faire un divertissement efficace. Anna Chancellor, qui fait chaud au cœur dans le rôle de Milly, la femme de ménage qui entretient une relation romantique avec Sir Michael, et Emilia Fox, qui interprète la fille à la volonté inébranlable, sont probablement les deux seconds rôles les plus remarquables du long-métrage, mais on retiendra également la performance subtile et magnifique de Karl Johnson, qui incarne le seul ami et confident de Sir Michael.

Malgré le travail convaincant de König et son alchimie parfaite avec Cox, l’acteur écossais porte presque l’intégralité du film à lui tout seul : ses récitations de répliques mémorables de Shakespeare et l’air grimaçant qu’il affiche en permanence font de lui le pivot dramatique sur lequel repose tout le long-métrage. Il devient même difficile de distinguer Cox de Sir Michael à certains moments et, pendant la dernière scène, un discours d’adieu à l’occasion d’une cérémonie où un prix d’honneur lui est remis, on a l’impression que l’acteur et son personnage ne font qu’un. Grâce à cette scène que Cox a lui-même coécrite, le comédien nous livre l’une des performances les plus vibrantes de sincérité de toute sa carrière.

Les ventes internationales de The Carer sont assurées par The Yellow Affair, tandis que Cinéfile est en charge de sa distribution au Royaume-Uni.

(Traduit de l'anglais)

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