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La Prunelle de mes yeux : une comédie grinçante et culottée sur la diversité

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- LOCARNO 2016 : Le nouveau film de la Française Axelle Ropert, une comédie “malpolie” et imprévisible comme la vie même, se fiche du politiquement correct

La Prunelle de mes yeux : une comédie grinçante et culottée sur la diversité
Mélanie Bernier et Bastien Bouillon dans La Prunelle de mes yeux

Après avoir collaboré à l’écriture de superbes scénarios avec Serge Bozon, Axelle Ropert s’est décidée à passer derrière la caméra avec La Famille Wolberg [+lire aussi :
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, suivi, en 2013, par Tirez la langue, mademoiselle [+lire aussi :
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(avec Louise Bourgoin et Cédric Kahn). Son troisième long-métrage, l’explosif La Prunelle de mes yeux [+lire aussi :
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, est en compétition au 69e Festival de Locarno.

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Le film parle de la rencontre entre un garçon et une fille. Il s’agit de Théo, un musicien de bouzouki (Bastien Bouillon), et Élise (incarnée par une surprenante Mélanie Bernier), qui habitent le même immeuble, partage la même passion pour la musique et vivent tous deux à l’enseigne de ce que la société qualifie communément (trop) de “diversité”. Élise est aveugle (bien qu’on puisse, comme Théo, ne pas s’en apercevoir tout de suite) et Théo voudrait devenir musicien bien qu’il n’ait aucun talent. Ils font tous deux partie d’une génération qui n’a pas la vie facile et doit affronter tant bien que mal un avenir de plus en plus incertain. Leur première rencontre, dans l’ascenseur, est catastrophique : d’instinct, ils se détestent. Cependant, comme chacun sait, il n’y a qu’un pas de la haine à l’amour. C’est une mise en scène absurde (ou plutôt un mensonge) qui va petit à petit les faire se rapprocher, mais cela va avoir un prix. 

La Prunelle de mes yeux est né d’une scène quotidienne dont la réalisatrice a été témoin par hasard, une scène apparemment banale (une mère aveugle accompagnant sa fille à l’école) qui l’a beaucoup touchée et en même temps gênée. De là est venue l’idée de faire un film qui rendrait beau jusqu’au ridicule, une tragicomédie magnifiquement insolente sur la diversité. Avec La Prunelle de mes yeux, Ropert arrive à transporter le public dans son univers – fait de personnages extrêmement contemporains mais frôlant le burlesque, d’apparente légèreté et d’humour à la française tout en fraîcheur – avec grâce et élégance, sans se presser. Petit à petit, en effet, la magie opère et les personnages, malgré leur théâtralité revendiquée (évocatrice du cinéma de Lubitsch), s’avèrent incroyablement humains et touchants. C’est justement à leur humanité sans exagération que le film doit ce ton léger, jamais vulgaire, qu’on retrouve dans tous les films d’Axelle Ropert. Cette dernière parvient en effet à parler de la cécité sans fausse pudeur et sans misérabilisme : Élise est aveugle, c’est un fait, mais elle ne vit pas pour autant une existence solitaire et malheureuse. Ce qu’elle veut, c’est être vue pour la personne qu’elle est, et non à travers le prisme du handicap, et il se trouve que Théo la traite comme il traiterait n’importe qui d’autre, avec la même arrogance de façade et le même air d’indifférence, et cela plaît à Élise.

Le film renvoie à l’audace et l’élégance des classiques américains : dans ses exagérations, il est toujours bien dosé, et dans sa légèreté, il n’est jamais superficiel. Pour ne rien gâcher, la musique de Benjamin Esdraffo (sans oublier les mélodies traditionnelles grecques du bouzouki) s’insinue parmi les images comme une brise délicate mais annonciatrice de tempête. En effet, l’apparente insouciance des personnages cache des mondes intérieurs en ébullition. Les dialogues, parfaitement calibrés, deviennent à leur tour une musique chaleureuse et joyeuse.

La Prunelle de mes yeux a été produit par Les Films Pélleas en coproduction avec ARTE. Ses ventes internationales sont assurées par Les Films du Losange.

(Traduit de l'italien)

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