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The Black Pin : un film bien fait issu d’une industrie du film peu connue

par 

- Le Monténégrin Ivan Marinović a présenté son premier film en avant-première mondiale à Sarajevo, en compétition

The Black Pin : un film bien fait issu d’une industrie du film peu connue
Nikola Ristanovski dans The Black Pin

Le Monténégro ne produit par beaucoup de films, comme nos lecteurs l’auront noté au vu du peu de nouvelles sur le cinéma de ce pays qu’on peut trouver sur Cineuropa. Cependant, la situation donne des signes de changement : un centre national de la cinématographie va s’établir à Podgorica dans les mois qui viennent et la compétition de Sarajevo vient d’accueillir un film monténégrin – The Black Pin [+lire aussi :
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, écrit et réalisé par le réalisateur débutant Ivan Marinović

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L’histoire se passe dans la Baie de Luštica, sur la péninsule qui constitue ce qu’on appelle les Bouches de Kotor, un endroit un peu particulier du Monténégro pour des raisons historiques, puisqu’il a été pendant plusieurs siècles contrôlé par la République de Venise. Aujourd’hui, Luštica et l’ensemble de cette côte représentent le rêve de l’industrie hotelière et de fait, depuis dix ans, de l’argent russe afflue en masse vers ce bord de mer qui tombe directement dans les poches d’un gouvernement corrompu et d’un cercle très restreint d’élites politico-financières. Désormais, les propriétaires terriens de la région doivent se méfier des escrocs qui profitent de la situation, alors même que la vente de leurs biens fonciers leur semble le seul moyen qu’ils aient d’accéder à une vie normale. 

Dans le film, Père Peter (brillamment interprété par Nikola Ristanovski) refuse de vendre son terrain. Bien qu’il ait presque complètement perdu la foi (on l’entend dire, au début du film, “Si vous êtes affreusement malheureux dans cette vie, le plus probable est qu’il en ira de même dans ce qui vient après, quel que soit ce monde”), Peter se sent responsable de sa famille et sa paroisse. Depuis que sa femme l’a quitté, il vit avec sa mère sénile (incarnée par la légende du cinéma yougoslave Jelisaveta Seka Sablić) et son fils rebelle Djordje (Filip Klicov, un acteur novice à garder à l’oeil). Dans le même temps, il essaie de gérer les croyances – un drôle de mélange de superstitions et de religion mal interprétée – de ses paroissiens.

Le problème est que le terrain qu’il possède est exactement ce qui manque aux villageois qui ont trouvé des acheteurs pour les leurs. En effet, sans cette parcelle, ils n’ont pas assez de surface pour conclure la vente. Ainsi, un groupe de locaux anxieux de vendre, mené par Savo (le Croate Leon Lučev) et Niko (le Serbe Ljubomir Bandović) et assisté par la ruse d’un marin aguerri (interprété par la star locale Bogdan Diklić), va essayer de convaincre le pasteur de céder sa parcelle. Les parlementations tournent vite à des manoeuvres, toutes plus inventives les unes que les autres, pour que tout le village prenne Père Peter en grippe. Le groupe joue notamment de leurs superstitions, et les funérailles d’une vieille dame soupçonnée d’être une sorcière va leur en offrir une occasion en or. 

Marinović fait un usage fabuleux des paysages splendides de Luštica et soigne tout autant ses scènes d’intérieur et ses lumières (conçues avec le directeur de la photographie Djordje Arambašić, déjà remarqué pour The Disobedient [+lire aussi :
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festival scope
fiche film
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et Panama [+lire aussi :
critique
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), mais la qualité qui ressort le plus du film est qu’en développant son intrigue, toute liée qu’elle soit à une mentalité locale assez particulière, le réalisateur parvient à éviter les sarcasmes faciles et autres boutades de trois sous qui caractérisent souvent les comédies des Balkans. Le résultat est un film bien fait qui pourrait, bien accompagné, accéder aux multiplexes locaux et aux festivals internationaux en quête de films légers mais aussi très réussis sur le plan artistique.

The Black Pin a été coproduit par la société monténégrine Adriatic Western avec la serbe EED Productions. Les ventes internationales du film sont assurées par l’agence belgradoise Soul Food.

(Traduit de l'anglais)

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