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I’m a Killer : vampire meurtrier, vampire du totalitarisme

par 

- Maciej Pieprzyca, le cinéaste lumineux de Life Feels Good est de retour au festival de Gdynia avec une oeuvre qui plonge dans la noirceur

I’m a Killer : vampire meurtrier, vampire du totalitarisme

Réalisateur de l’une des représentations les plus solaires de la force triomphante de la volonté humaine avec Life Feels Good [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
(primé en 2013 à Gdynia et à Montréal), Maciej Pieprzyca a présenté au 41e Festival de Gdynia I’m a Killer [+lire aussi :
bande-annonce
film focus
interview : Maciej Pieprzyca
fiche film
]
, un film qui s'inscrit dans une atmosphère totalement opposée et dans lequel la foi en l’homme descend à un niveau proche de zéro. 

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Ce thriller retrace une histoire vraie, survenue du début des années 70, à l’époque du communisme profond en Pologne. Les habitants de Zaglębie, une région industrielle au sud du pays, sont secoués par une série des meurtres extrêmement brutaux (commis entre 1964 et 1970) et dont les victimes sont des femmes (14 au total) âgées de 16 à 57 ans, tuées toujours selon le même schéma. La presse n’en parle pas beaucoup jusqu’au moment où l’une des victimes s’avère la nièce du premier secrétaire du parti communiste. Le commandant régional de la milice forme alors un groupe d'enquêteurs avec une mission : arrêter le meurtrier, désormais surnommé "le vampire". Un jeune lieutenant, Janusz (interprété par l'excellent Miroslaw Janiszewski) prend la direction de cette équipe. Ambitieux, il se sert de toutes ses compétences acquises, mais il a aussi recours à des moyens novateurs, utilisant l’un des premiers ordinateurs en Pologne et contactant un célèbre criminologue anglais. Néanmoins, l’enquête devient de plus en plus compliquée, et le lieutenant manque de preuves, ne disposant que d'indices et de soupçons intuitifs qui le conduisent à arrêter un ouvrier (Arkadiusz Jakubik), père très aimant de trois enfants et mari trahi par sa femme. La tension monte dans le groupe d'enquêteurs, et sa hiérarchie met la pression au lieutenant car le parti ne peut pas attendre. L’ouvrier est donc condamné à mort, le procès ne reposant que sur des indices et des présomptions. 

Avec I’m a Killer, c'est la seconde fois que Maciej Pieprzyca s'empare de l’histoire du vampire de Zaglebie puisqu'il avait réalisé en 1998 un documentaire sur le même sujet et avec le même titre. Mais avec la distance des années, il a visiblement changé de perspective  et sa fiction insère l'histoire dans un contexte plus large. Il ne s’agit plus seulement de régler des comptes historiques en présentant le côté politique et les mécanismes de manipulation des services communistes. La force de la fiction réside dans l’analyse détaillée et conséquente de l’individu mis en confrontation avec un système oppressif. C’est à travers le personnage, en l’accompagnant dans sa métamorphose mentale, que le spectateur vit cette histoire criminelle et en même temps politique. Soumis à une hiérarchie politisée, empêtré dans un filet de relations fausses, le personnage principal tisse un filet épais des mensonges. Aveuglé par l’ambition de s'octroyer un succès et de faire carrière, il se laisse manipuler et il manipule, pour finalement se faire priver de ce qui reste de sa dignité humaine. Et c’est dans ce sens que Pieprzyca nous livre un portrait d'individu qui peut être interprété complétement hors du contexte historique, un portrait à analyser surtout actuellement, alors que le démon du totalitarisme semble de nouveau s’éveiller. 

I’m a Killer qui a été produit par RE Studio, et coproduit par National Audiovisual Institute, TVP, Agora SA, Monternia et Silesia Film, avec le soutien du Polish Film Institute, sera distribué dans les salles polonaises le 4 novembre prochain par Next Film.

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