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The Levelling : un drame familial plein d’humilité

par 

- La scénariste et réalisatrice Hope Dickson Leach a choisi de raconter dans son 1er long-métrage l’histoire d’une famille rurale frappée par une tragédie

The Levelling : un drame familial plein d’humilité
Ellie Kendrick dans The Levelling

L’histoire se passe dans le Somerset, en Angleterre, dans un paysage inondé par les cours d’eau qu’y ont creusé les hommes, de la même manière qu’une famille va être engloutie par le chagrin. Une tension se ressent de fait dans la narration de ce récit sur le deuil et l’acceptation de la réalisatrice et scénariste Hope Dickson Leach intitulé The Levelling [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, qui vient de faire son avant-première britannique dans la section Premiers films du 60e Festival BFI de Londres. Sur un ton humble et tranquille, en s’appuyant sur les atmosphères, le film retrace l’histoire de Clover (Elle Kindrick), une jeune fille dont la détermination cache beaucoup de vulnérabilité qui regagne la ferme familiale, après une longue absence pas tout à fait voulue, suite au suicide de son frère Harry, la nuit d’une fête organisée pour le féliciter d’être devenu l’héritier du domaine familial. Pendant les journées grises et humides qui précédent les funérailles, Clover et son père Aubrey (David Troughton) essaient de se changer les idées en continuant d’accomplir les nombreuses tâches qui rythment le quotidien de la ferme : la traite des vaches, le travail de la terre inondée, où il faut constamment creuser des rigoles de drainage... Si Aubrey, dont la robustesse passée a fané, s’est convaincu qu’il fallait que la vie continue, c’est qu’il a du mal à accepter non seulement le fait que son fils ait choisi le suicide, mais aussi la pensée qu’il a peut-être joué un rôle dans cette fatale décision.

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Très vite, Clover se rend compte du piètre état de la ferme : elle trouve en creusant un tas de blaireaux morts, éliminés par son frère, constate la mauvaise santé des bêtes, mais le pire reste les dommages causés par les inondations récurrentes, qui ont rendu les terrains infertiles et vont forcer fille et père à quitter la maison pour s’installer dans une caravane exiguë, ce qui va encore compliquer leur relation tendue. Comme l’eau a fait remonter les problèmes de la ferme, l’amertume et les reproches mutuels font déborder le vase de leur mauvais rapport père-fille – dont on découvre à travers leurs échanges les dysfonctionnements, derrière un vernis de normalité auquel Aubrey tient particulièrement. Cependant, si Aubrey s’est montré aveugle aux problèmes de la ferme et à ses propres manquements, Clover aussi occulte le rôle que son absence a joué dans la tragédie. Le scénario, dont la tension reproduit l’instabilité nerveuse des interprétations livrées par les acteurs, chaque confrontation lève un peu plus le voile sur la vérité de cette famille, menant à un dénouement inévitable, sous une pluie torrentielle.

Les plans sereins sur les paysages boueux, les eaux marrons qui traversent les champs et les pigeons qui évoluent dans le gris du ciel offrent un peu de répit au spectateur, entre deux scènes d’intérieurs étouffantes filmées dans la caravane crasseuse, par rapport au climat effroyable qui règne et par rapport à la myopie émotionnelle de Clover et son père. Ici, la vie rurale n’est pas romanticisée, mais présentée dans toute son implacable dureté. Le paysage sonore (conçu par Ben Baird), dont se dégage une grande douleur, complète parfaitement les images, ajoutant à l’incommensurable mornitude qui plane sur la plupart des scènes. Avec ce premier long-métrage, Leach prouve assurément qu’elle est une nouvelle voix intéressante pour le cinéma d’Outre-Manche.

The Levelling, produit par Wellington Films, a été développé avec iFeatures4, le programme de développement de longs-métrages à petit budget de Creative England. Le projet a également reçu des financements du BFI, de BBC Film et d’Olgarth Media. Au Royaume-Uni et en Irlande, The Levelling sera distribué par Peccadillo Pictures.

Cineuropa couvre le 60e Festival BFI de Londres en collaboration avec le Masters en cinéma, programmation et organisation éditoriale d’expositions et cycles culturels de l’École nationale de cinéma et télévision britannique.

(Traduit de l'anglais)

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