Glory (2016)
Waves (2016)
María (y los demás) (2016)
Baccalauréat (2016)
United States of Love (2016)
Personal Shopper (2016)
Zoology (2016)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

LONDRES 2016

email print share on facebook share on twitter share on google+

Una : une adaptation audacieuse qui étincelle et grésille à l’écran

par 

- Le premier long-métrage de Benedict Andrews, une adaptation de la pièce de David Harrower, Blackbird, est une analyse à la fois éblouissante et éprouvante de la colère, la mémoire et l’amour

Una : une adaptation audacieuse qui étincelle et grésille à l’écran
Rooney Mara dans Una

Aborder le thème de l’abus sexuel au cinéma n’est pas une mince affaire – mais le réalisateur Benedict Andrews s’y attaque dans Una [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, un film intense et déchirant présenté en compétition au 60e Festival de Londres. David Harrower a adapté à l’écran sa propre pièce, qu’Andrews avait d’ailleurs réalisée sur scène à Berlin. Una raconte l’histoire de la protagoniste (Rooney Mara) et de sa recherche de réponses concernant son passé. Una, une jeune femme qui vit encore chez sa mère est une personne blessée qui décide d’affronter l’homme qu’elle a connu il y a longtemps. Cet homme s’appelait Ray (il s’appelle à présent Peter, après un changement légal de nom), il travaille dans un entrepôt et a la ferme intention d’aller de l’avant – jusqu’à ce qu’Una lui rende visite au travail. Il s’avère que Ray (Ben Mendelsohn) a abusé sexuellement Una lorsqu’elle n’avait que 13 ans. Il la reconnait immédiatement étant adulte et la prend rapidement à l’écart afin d’avoir une conversation plus privée et personnelle : Ray veut des réponses sur la venue de Una, autant qu’elle cherche à creuser leur relation. L’heure et demie qui s’en suit nous plonge, par des allées et venues, au cœur de leurs passés et des questions concernant l’abus, l’attirance, la mémoire, et plus incroyablement, l’amour.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)Cine Iberoamericano Int

L’histoire a démontré qu’adapter une pièce à l’écran est un travail difficile et délicat pour de nombreux réalisateurs – le risque étant que le produit final ne soit que la version filmée du spectacle. Cependant, Una est en réalité la meilleure adaptation d’une pièce à l’écran depuis Rabbit Hole de John Cameron Mitchell, en 2010. C’est une œuvre dure et purement cinématographique, qui permet à Andrews d’allier sa connaissance du matériel source à celles de sa fabuleuse équipe d’experts : des montages profonds de Nick Fenton à la musique envoûtante de Jed Kurzel. C’est un film de qualité à tous les niveaux. Le public veut détester Ray pour ce qu’il a fait à Una, mais Mendelsohn est un acteur tellement talentueux et méticuleux qu’il donne un sens à toutes les facettes du personnage, passant de la surprise au regret. Il imprègne Ray d’une empathie étonnamment accueillante et sensible, mais n’a pourtant aucune intention de rendre le personnage appréciable. Ray a fui son passé et a mené une vie aussi ordonnée que possible, jusqu’à ce que Una réapparaisse. Mara, en revanche, a probablement joué son meilleur rôle jusqu’à présent. C’est un personnage extrêmement complexe qui doit gérer une myriade de sentiments noirs, et Mara s’épanouit en exposant ses émotions et opinions dans un rôle révélateur. Elle passe de la colère à la tristesse, de l’espoir à la confusion en un clin d’œil. En outre, il existe une alchimie phénoménale et électrique entre les deux acteurs.

Una n’est pas un simple spectacle d’interprétation, mais bien une réalisation audacieuse qui s’apparente à une rencontre perturbante et son déluge de souvenirs indispensables. Andrews a su couper les allées et venues entre le passé de Ray et celui de Una au bon moment (notons l’interprétation de Ruby Stokes dans le rôle de la jeune et vulnérable Una). Leur rencontre dans le présent est un instant dynamique et déchirant à regarder. Les réalisateurs devraient prendre exemple sur Una – il y a longtemps qu’une adaptation à l’écran n’était plus aussi solide, laissant une marque personnelle et indélébile en tant que cinéma intransigeant, sombre et captivant.

Le film est produit par Film4 ProductionsWestEnd Films, Bron Creative (Canada), et Jean Doumanian Productions (États-Unis). Les ventes sont assurées par WestEnd Films. Les recherches pour une distribution sur le marché britannique sont encore en cours.

Notre couverture du 60e Festival BFI de Londres est réalisée en collaboration avec le MA in Film Studies, Programming and Curation de la National Film and Television School (Royaume-Uni).

(Traduit de l'anglais)

Lire aussi

Seneca's Day Lithuania
 

dernières news

 

autres infos

Newsletter

Follow us on

facebook twitter rss

Home Sweet Home