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True Crime : se tirer une balle dans le pied

par 

- Dans son second long-métrage, Alexandros Avranas rate sa cible et les stratégies de productions américaines et européennes maladroites ont cruellement aggravées la situation

True Crime : se tirer une balle dans le pied
Jim Carrey en True Crime

True Crime (bien qu’écrit True Crimes sur IMDB et sur le matériel publicitaire, le générique d’ouverture présente le titre au singulier), le nouveau film très attendu d’Alexandros Avranas, réalisateur de Miss Violence [+lire aussi :
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, est une étude de cas sur la manière de rendre une histoire vraie difficilement commercialisable. Prenez une histoire vraie polonaise parue dans un article du New Yorker (True Crime: A Postmodern Murder Mystery de David Grann), ajoutez-y le d’habitude excellent scénariste Jeremy Brock (Le Dernier Roi d’Écosse [+lire aussi :
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), adaptez-le à l’excès, rassemblez des acteurs internationaux comprenant des piliers du cinéma d’art et d’essai tels que Charlotte Gainsbourg et Vlad Ivanov, réalisez le tournage à Cracovie et mettez Jim Carrey dans le rôle principal, celui d’un policier polonais.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)Cine Iberoamericano Int

L’ouverture du film, projeté en séance spéciale au 32e Festival de Varsovie, promet un thriller sombre sur fond de crime sexuel. Le club S&M nommé ‘’The Cage’’ (La Cage) est un lieu de perversités à la Salò perpétrées sur des femmes sublimes par des hommes puissants. C’est également la scène d’un crime : l’un des patrons a été étrangement et brutalement assassiné. L’affaire a été classée sans que le coupable n’ait été arrêté, mais Carrey dans son rôle de détective, Tadek, est déterminé à la résoudre, dans l’espoir de vivre un dernier moment de gloire avant son départ à la retraite.

Il est sur les traces d’un suspect : l’écrivain populaire et controversé Kozlow (Marton Csokas). Dans son dernier roman, l’auteur décrit un meurtre, étoffé de détails sanglants, identique à celui sur lequel travaille Tadek. Nous entendons cette description par l’intermédiaire du livre audio que Tadek écoute, et c’est à peine croyable, au beau milieu de son petit-déjeuner avec sa femme frigide (Agata Kulesza, Ida [+lire aussi :
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interview : Pawel Pawlikowski
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).

Bien sûr, ouvrir à nouveau une affaire classée est le cauchemar de tout supérieur de la police, y compris la chef de Tadek (Kati Outinen, qui a joué de nombreux rôles pour Kaurismäki) et le chef de la police corrompu (la superstar polonaise Robert Wieckiewicz). Il ne reçoit qu’une aide limitée de son collègue Piotr (Ivanov, dont la seule présence apporte du sérieux au film), mais parvient à localiser une des anciennes employées de The Cage : Kasia (Gainsbourg), une mère célibataire toxicomane. Lorsque Tadek découvre qu’il s’agit de l’ex-petite amie de Kozlow, il a l’impression d’être sur une piste.

Toute la pilosité faciale du monde ne transformerait pas Carrey en un Européen de l’Est crédible, bien qu’il fasse de son mieux pour se donner l’air bourru et transmettre la lassitude du personnage. Le gris claustrophobique de Cracovie rend le film plausible, et l’interprétation expressive de Michal Englert (Body [+lire aussi :
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) et la musique substantielle (bien que surexploitée) de Richard Patrick accentuent l’atmosphère. Une piètre tentative de référence historique prend la forme d’une vague mention à la Solidarność dans les dialogues.

Cette production est si artificielle que les personnages en sont à peine crédibles, à l’exception de Gainsbourg, dont la vulnérabilité et l’intensité inhérente permettent de rendre le rôle authentique. Miss Violence était également une construction purement artificielle, mais la nature de l’histoire se prêtait bien à l’approche d’Avranas. Compte tenu de la production de True Crime, il était certain que cela ne marcherait pas.

True Crime est une coproduction entre les compagnies polonaise (Opus Film) et américaines (RatPac Entertainment et InterTitle Films). Les ventes sont assurées par WME (Beverly Hills).

(Traduit de l'anglais)

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