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VARSOVIE 2016 Compétition 1-2

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The Saint : un examen des pressions de la masculinité dans un pays déchiré par la crise

par 

- Le film dramatique empreint de réalisme social du lituanien Andrius Blazevicius, qui suit la vie quotidienne d’un homme au chômage, a eu sa première mondiale au Festival de Varsovie

The Saint : un examen des pressions de la masculinité dans un pays déchiré par la crise
Marius Repsys dans The Saint

Le premier long-métrage du cinéaste lituanien Andrius BlazeviciusThe Saint [+lire aussi :
interview : Andrius Blazevicius
fiche film
]
, est un drame social réaliste relatant la vie quotidienne d’un homme au chômage. Il a fait son début mondial dans la section Compétition 1-2 du Festival du Film de Varsovie. L’histoire se déroule dans une ville de province lituanienne en 2008 ; Vytas (Marius Repsys) est un mécanicien qui vient d’être licencié par son usine, dans une période où les places se font rares. Le bien-être de la famille, qui doit désormais se contenter de la moitié de ses revenus habituels, n’est pas le seul enjeu : sa capacité à tenir le rôle d’homme pourvoyeur de la famille est aussi déterminante pour l’estime que Vytas a de lui-même.

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The Saint est donc tout autant une critique de la bureaucratie et de l’inefficacité des systèmes sociaux mis en place, impuissants pour contenir le chômage dépendant de structures et de mécanismes qui échappent à l’influence d’un seul pays, qu’un examen des pressions sociales (et internalisées) de la masculinité. Alors que les travailleurs sociaux font la morale aux chercheurs d’emploi pour qu’ils se présentent bien habillés et confiants, même s’ils sont plus pauvres et déprimés que riches et heureux, Vytas est réduit à l’impuissance par les demandes absurdes que lui adressent ses employeurs potentiels pendant les entretiens. Il se réconforte alors en affirmant sa masculinité à travers la musculation, en buvant des bières avec son meilleur ami et en flirtant avec une jeune coiffeuse, ce qui ne semble pas avoir d’autre effet que de l’entrainer dans une spirale descendante de désillusion fonctionnant comme un mécanisme de défense – de même lorsqu’il s’émerveille devant l’illusion d’une vidéo Youtube dans laquelle un de ses voisins affirme avoir vu l’apparition du Christ dans leur ville.

Ce que The Saint garde en dehors de sa narration est suggéré entre les lignes grâce aux images, en particulier à l’attention portée au corps de Vytas traduisant de façon métaphorique tant la vulnérabilité de sa nudité que ses efforts pour garder intacte sa masculinité – on le voit s’entrainer de façon obsessionnelle pendant des après-midi entières sans aucun but, fléchissant ses muscles et déambulant en sous-vêtements moulants. C’est sans doute un des points forts du film, qui lui permet de passer du relativement conventionnel à un examen mélancolique de la détresse d’un individu, coincé entre les reliques du rôle social qu’il occupait dans le passé et de nouvelles circonstances économiques.

Le film est produit par la société lituanienne Ciobreliai et la polonaise No Sugar Films.

(Traduit de l'anglais)

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