Gutland (2017)
Panic Attack (2017)
Pororoca (2017)
Zama (2017)
120 battements par minute (2017)
In the Fade (2017)
Men Don’t Cry (2017)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

GIJÓN 2016

email print share on facebook share on twitter share on google+

The Shepherd : le saint innocent

par 

- Le troisième film de Jonathan Cenzual Burley est un western rural, filmé avec peu de moyens, mais beaucoup d’ingéniosité, qui rappelle l’esprit engagé, mélancolique et castillan de l’écrivain Miguel Delibes.

The Shepherd : le saint innocent

Dans son humble demeure, un homme d’une cinquantaine d’années se traîne hors de son lit, fait ses ablutions, prépare du café et nourrit son chien. Puis, plongé dans l’obscurité de la nuit, ils se dirigent ensemble vers le champ pour accompagner leur troupeau de moutons vieillissant, les guider afin qu’ils puissent brouter sur un terrain plat, sans arbre, qui s’étend à perte de vue. Le soleil commence alors à se lever, baignant le paysage d’une magnifique lumière naturelle et légèrement rosée. C’est ainsi que commence The Shepherd [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Jonathan Cenzual
fiche film
]
, le troisième film de Jonathan Cenzual Burley, né à Salamanque, projeté dans la section Rellumes de la 54e édition du Festival international de Gijón.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Jonathan Cenzual n’est pas un réalisateur populaire, même dans son propre pays. Fasciné depuis toujours pas les personnes qui vivent en marge de la société, il a réalisé The Soul of Flies et The Year and the Vineyard, projetés à plusieurs festivals dont Karlovy Vary. Une fois de plus, il a utilisé son petit village de Salamanque et ses environs comme décor pour y faire évoluer ses personnages, notamment son personnage principal, Anselmo (Miguel Martín), un berger qui brosse un tableau de l’esprit, des contrastes et de l’atmosphère des villes et villages de l’Espagne profonde.

Anselmo est un homme libre : tout ce qu’il possède se résume à une maison au confort sommaire, isolée en pleine campagne, un chien fidèle et un troupeau de moutons qu’il garde tous les jours. Il n’a pas de télévision, de téléphone ou de chauffage central – il se réchauffe au moyen d’un feu qu’il entretient de ses propres mains. Même les livres qu’il lit ne sont pas les siens, il les emprunte à la bibliothèque locale. Toutefois, Anselmo détient quelque chose d’autre, qui s’évapore petit à petit : le temps et la liberté, ce que la caméra de Jonathan Cenzual immortalise avec beaucoup d’amour et de respect.

Mais toutes les richesses immatérielles d’Anselmo – qui reposent sur ses principes moraux inflexibles, qui ne laissent aucune place au matérialisme, au consumérisme et à la perte de temps sur des sujets qu’il n’apprécie guère ou qui ne l’intéressent pas – sont soudainement menacées lorsque des promoteurs immobiliers viennent à sa rencontre avec l’intention de racheter sa maison et ses terres dans le but de construire des logements sur ce petit coin de paradis. Les voisins du berger, aveuglés par leur cupidité, vont se révéler bien plus dangereux et tenter de le manipuler afin qu’il vende ce qui représente pour lui bien plus que quelques hectares : son mode de vie.

Le film se transforme petit à petit en un western moderne et discret qui n’hésite pas à se montrer critique envers la société. Il a également de nombreux points communs avec l’Espagne rurale, difficile, cruelle (mais non moins fascinante) que Miguel Delibes aimait tant et qu’il décrivait avec passion, mais également avec un peu d’inquiétude, dans des romans tels que Les Saints innocents. Comme ce livre, le film se penche sur des couches sociales encore répandues aujourd’hui, sur les abus de pouvoir commis par certains et le manque de tolérance envers les opprimés.

Le film associe des éléments visuels et narratifs de très grande qualité avec d’autres qui révèlent le peu de moyens du film (une fois de plus, le réalisateur a entrepris un tournage de manière très libre, avec un budget quasiment inexistant ; il a mené ce projet à bien avec le minimum de sponsors nécessaires). La condamnation véhémente de la cupidité dans The Shepherd renvoie au registre du film noir.

The Shepherd, tourné avec un effectif réduit de quatre personnes seulement (caméraman, ingénieur son, assistant et réalisateur), renferme plus de vérité que les titres aux budgets de plusieurs millions d’euros qui monopolisent le box-office. Les ventes internationales du film sont assurées par Wide Management.

(Traduit de l'espagnol)

Lire aussi

IDW Supsi
Structural Constellations
CNC_ACM_Distribution_2017
 

dernières news

 

autres infos

Newsletter

Follow us on

facebook twitter rss