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Land of the Gods : une histoire universelle sur les choses immuables

par 

- Le réalisateur serbe aguerri Goran Paskaljević propose un excellent drame réalisé en Inde, avec des acteurs locaux et dans la langue du pays

Land of the Gods : une histoire universelle sur les choses immuables
Victor Banerjee dans Land of the Gods

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, du réalisateur serbe aguerri Goran Paskaljević, est le premier film en son genre pour deux raisons au moins : c’est le premier film serbe jamais tourné en Inde (avec des acteurs et techniciens locaux) et c’est aussi le premier dont les droits VàD pour le monde ont été achetés par Amazon. Le film, qui a fait son avant-première mondiale à Toronto dans la section Masters, continue sa tournée des festival, mais sa carrière en salle sera limitée, d’ici sa sortie en VàD fin avril. Cineuropa l’a découvert au Festival international de Sofia.

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Le scénario, composé par Paskaljević avec son acteur Victor Banerjee (connu pour La Route des Indes et Lunes de fiel), relate une histoire simple, locale et universelle à la fois : celle d’un homme qui revient dans son village natal, dans l’Himalaya, après avoir passé le plus gros de sa vie à l’étranger, pour découvrir que certaines choses ne changent jamais.

Après une scène d’ouverture très belle, qui montre une cérémonie religieuse dans la ville sacrée d’Haridwar, sur les rives du Gange, on fait la connaissance de Rahul Negi (Banerjee) tandis qu’il se rend, en taxi, à l’endroit qu’il appelait avant chez lui. Pendant cette course très longue, le chauffeur (Raj Zutsi, vu dans Slumdog Millionaire [+lire aussi :
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) l’informe que de terribles glissements de terrain sont survenus dans la zone, tuant des milliers de gens. Mais Rahul est fatigué, et il ne pense qu’à son objectif : revoir son village, sa famille et le grand amour de sa vie, Maya, avant de perdre complètement la vue. 

Sur place, il n’est pas le bienvenu. Son retour réveille de vieilles rancunes. À l’exception de son vieil ami (Avijit Dutt, de Kama Sutra: A Tale of Love), gourou au temple du village, et de la nouvelle institutrice (la belle Geetanjali Thapa), qui voudrait apporter un peu de modernité au village, tous les villageois voient Rahul comme une menace. Tandis que le récit se déploie, à un rythme volontairement méditatif, on apprend que Rahul a autrefois bravé les traditions et qu’il a été banni du village, or le modèle patriarcal et le système des castes se portent toujours bien dans la région, bien que le monde ait changé et que le village soit de plus en plus dépeuplé.

À partir de cette prémisse simple et de ces émotions profondes, enrichies par des éléments locaux, Paskaljević nous livre ce qui est peut-être son meilleur film depuis Powder Keg (1998). La photographie sublime de son fidèle chef-opérateur Milan Spasić capture bien le contraste entre les paysages à couper de souffle de l’Uttarakhand et la dureté du quotidien dans les montagnes. Le réalisme du film est assuré par les costumes traditionnels et la musique. La seule chose qui soit importée, tout en restant totalement indienne, ce sont les références au poète nobelisé Rabindranath Tagore, notamment à la fin du film.  

Paskaljević a toujours travaillé sur des productions peu orthodoxes, tourné à l’étranger et mélangé sa culture aux autres – on pense notamment à Someone Else’s America (1995), au récit irlandais How Harry Became a Tree (2001) et au film serbo-albanais Honeymooners (2009), la toute première coproduction entre les deux pays –, mais avec Land of the Gods, il porte ce talent à un autre niveau. Le film, tourné en cinq semaines seulement sur un terrain difficile et avec un budget limité, est un formidable récit indien d’intérêt universel.

En collaboration avec

 

(Traduit de l'anglais)

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