Grain (2017)
Las distancias (2018)
Lemonade (2018)
La enfermedad del domingo (2018)
Mes Provinciales (2018)
Transit (2018)
Foxtrot (2017)
précédent
suivant
Choisissez votre langue en | es | fr | it

CANNES 2017 Semaine de la Critique

email print share on facebook share on twitter share on google+

Une vie violente : la règle du sang

par 

- CANNES 2017 : Thierry de Peretti plonge à la frontière périlleuse et opaque du nationalisme corse et de la délinquance avec un film réaliste et crépusculaire

Une vie violente : la règle du sang

"Les gros Gaulois, ils ne comprennent rien, ils sont à Paris, ils ne savent pas de quoi ils parlent". Entre le continent et la Corse, la nébuleuse a toujours régné et depuis le passage à la lutte armée du FLNC (Front de Libération Nationale Corse) en 1976, les multiples dissidences, les guerres fratricides et l'ombre grandissante de la grande criminalité n'ont fait que renforcer une opacité que les médias nationaux ne percent que ponctuellement en faisant le compte des nuits bleues à l'explosif et autres assassinats qui rythment l'existence de l'île. Un épais brouillard dans lequel Thierry de Peretti a décidé de s'immerger pour en démêler quelques fils avec son second long métrage, Une vie violente [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, dévoilé en séance spéciale à la Semaine de la Critique dans le cadre du 70e Festival de Cannes.

Fidèle à son approche à dessein anti-spectaculaire (fondée sur le recours exclusif à des comédiens du cru et à un style à hauteur d'homme) déjà à l'oeuvre dans Les Apaches [+lire aussi :
critique
bande-annonce
festival scope
fiche film
]
(Quinzaine des réalisateurs 2013), le cinéaste livre peu à peu les pièces d'un puzzle peuplé de zones d'ombre à l'image d'un mouvement indépendantiste corse parcouru d'invisibles manoeuvres, de rapprochements, de conflits et de trahisons, qui se terminent dans le sang quand elles affleurent à la surface. A travers le parcours emblématique, sur cinq années, de Stéphane (Jean Michelangeli), un étudiant corse âgé de 18 ans que son amitié avec un petit groupe de délinquants précipite en prison en 1997 pour avoir accepté de convoyer un sac d'armes en ferry, Une vie violente lève un coin de voile sur une radicalité politique semblable à des sables mouvants.

Démarrant à Paris en 2001 quand Stéphane apprend le meurtre d'un proche et décide de "ne pas être lâche" et de rentrer sur l'île de Beauté pour l'enterrement, le film (sur un scénario écrit par le réalisateur avec Guillaume Bréaud) repart donc en flash-back à Bastia, puis en prison où le jeune homme se laisse séduire par les discours indépendantistes de ses compagnons de geôle, en particulier le leader François ("tout le monde triche, on doit renverser la table"). A sa remise en liberté, Stéphane joue les intermédiaires avec ses amis délinquants qui acceptent de travailler pour cette nouvelle branche nationaliste, sans néanmoins y avoir un rôle "officiel" et avec la liberté de poursuivre leurs activités illégales ("racket, came ou le reste"). Une zone grise qui voit le petit groupe semer le chaos explosif sur demande, mais également commencer à marcher sur les plates-bandes d'autres forces occultes et maffieuses tentant d'avoir la main mise sur l'économie de l'île, ce qui n'échappe pas à François ("ça pourrait devenir la Sicile, il y a un certain nombre d'ingrédients") qui est bientôt menacé. Or si leur chef tombe, l'avenir de Stéphane et de ses amis sera scellé car ils ne sont que des pions, des marionnettes dans un jeu qui les dépasse...

Constat clinique d'un gâchis et portrait suggestif d'un panorama local assez impénétrable, Une vie violente laisse le spectateur trouver progressivement son chemin dans la compréhension des tenants et des aboutissants du macrocosme conflictuel régnant, en s'attachant au parcours individuel de son idéaliste personnage principal qui n'a pas lui non plus de vision générale bien claire des menaces convulsant les relations triangulaires Indépendantistes/Etat/Criminalité. Un parti pris accentuée par l'âpre photographie signée Claire Mathon qui fait du film une oeuvre assez cryptique, mais non moins passionnante.

Produit Les Films Velvet, Une vie violente sera distribué en France par Pyramide qui pilote aussi les ventes internationales.

Lire aussi

VisionsDuReel_Home
Finale Plzen
Basque Cannes
 

dernières news

 

autres infos

Newsletter

Follow us on

facebook twitter rss