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Prowl : le féminisme fait irruption dans le cinéma roumain

par 

- Alexandra Bălteanu explore les abus et préjugés dont sont victimes les femmes, dans un film au programme du Festival international de Transylvanie, section roumaine

Prowl : le féminisme fait irruption dans le cinéma roumain
Corina Moise dans Prowl

Après son avant-première internationale dans la section compétitive New Directors du dernier Festival de San Sebastian, Prowl [+lire aussi :
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, de la réalisatrice de naissance roumaine installée en Allemagne Alexandra Bălteanu, est à présent au programme, hors-compétition, de la section Journées roumaines du Festival international de Transylvanie (2-11 juin, Cluj-Napoca). Il s’agit d’un film intrigant doté d’une perspective ultra-fraîche sur trois travailleuses du sexe qui survivent en exerçant sous un pont des alentours de Bucarest.

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Dans Prowl, la figure de la prostituée (rarement montrée dans le cinéma roumain récent, ou alors uniquement comme un élément de décor exotique – si on fait exception de The Fixer [+lire aussi :
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d’Adrian Sitaru, également au programme du Festival de Transylvanie) est présentée sans préjugé d’aucune sorte. Bălteanu ne commente pas leur métier mais les regarde exactement pour ce qu’elles sont : des personnes qui ont de grosses difficultés mais aussi des désirs, des rêves et des soucis quotidiens. Cette approche pleine de fraîcheur, sincère et objective, couplée avec les interprétations tout en nuances des comédiennes donne à Prowl des airs de documentaire. 

Ce qui est vraiment impressionnant dans ce film, c’est qu’il n’essaie jamais d’”humaniser” de manière artificielle ses protagonistes : il n’adopte pas le ton du “mais elles aussi sont des personnes !”.  Car il est facile de jouer des émotions et de choquer volontairement pour susciter de l’empathie, mais Bălteanu suit une voie plus pure, plus impressionnante, en dépouillant le film de tout élément haut en couleurs pour suivre simplement une journée particulière dans la vie de ses personnages.

Bălteanu construit autour de ces trois travailleuses du sexe un univers crédible. Elle montre, par exemple, Lidia (Corina Moise, de Double [+lire aussi :
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) chez elle, en train de cuisiner pour sa famille. On la voit se rendre au travail avec sa meilleure amie Denisa (Iulia Lumânare) par un froid matin, et comme Bălteanu se refuse à tout exhibitionisme, ce travail pourrait être n’importe lequel. De fait, le spectateur est surpris quand il découvre que Lidia, Denisa et leur concurrente/amie Vanesa (Iulia Ciochină) proposent des faveurs orales pour une dizaine d’euros sous un pont très fréquenté.

C’est bien là la force du film : l’écart est tel entre la manière dont les prostituées sont montrées ici et l’image qu’on a l’habitude d’en voir, que l’effet est étonnamment puissant et libérateur, ce qui fait de Prowl un des films féministes les plus efficaces qu’on ait vus dernièrement en Roumanie. Le souci que leur fait l’image qu’on leur donne est d’ailleurs un sujet de conversation récurrent entre les trois prostituées, ce qui ne fait que décourager davantage toute tentation de mettre des étiquettes.

Prowl illustre par ailleurs une autre tendance très actuelle dans le cinéma roumain : le retour au pays de réalisatrices d’origine roumaine mais exerçant dans d’autres pays qui rapportent avec elles un regard neuf et de nouvelles histoires tout à fait intéressantes. Car aussi différentes que ces oeuvres puissent être, Prowl, That Trip We Took with Dad [+lire aussi :
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d’Anca Miruna Lăzărescu et The Miracle of Tekir [+lire aussi :
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de Ruxandra Zenide ont en commun le fait qu’elles repoussent les limites de la fameuse Nouvelle Vague roumaine et offrent de nouvelles perspectives à partir d’histoires très roumaines. 

Prowl, produit par Deutsche Film & Fernsehakademie Berlin (dffb) avec l’aide de l’Université de cinéma et théâtre de Bucarest (UNATC), est, enfin, l’exemple d’un troisième phénomène actuel : l’augmentation du nombre de films d’étudiants de la dffb de Berlin qui sont retournés dans leur pays d’origine (comme, aussi, Eliza Petkova, la réalisatrice de Zhaleika [+lire aussi :
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, sélectionné à Berlin), ce qui illustre bien la manière dont le cinéma européen fonctionne.

(Traduit de l'anglais)

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