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Planet Petrila : un combat pour l'héritage culturel de la plus ancienne mine de Roumanie

par 

- Le long-métrage documentaire d'Andrei Dăscălescu démontre de quelle manière l'art peut sauver les traditions

Planet Petrila : un combat pour l'héritage culturel de la plus ancienne mine de Roumanie
Ion Barbu dans Planet Petrila

Après son avant-première mondiale à l’IDFA de l’année dernière, le second long-métrage documentaire du réalisateur roumain Andrei Dăscălescu, Planet Petrila [+lire aussi :
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, a été présenté à la compétition Romanian Days du Festival International du Film de Transylvanie. Le film a reçu un Prix du Public bien mérité pour son mélange intrigant de rires et de larmes provoqué par le combat d’une ville contre sa dégradation culturelle.

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Selon la tradition communiste, des villes entières pouvaient sortir de terre d’après une décision émanant de grands dirigeants de construire une centrale ou une raffinerie pétrolière. Des étendues désertiques deviennent alors des rues et des immeubles d’appartements sont érigés pour loger des milliers, voire des dizaines de milliers de travailleurs. Après la Révolution de 1989, ces industries sont devenues le centre névralgique d’une économie vacillante, et d’autres décisions de dirigeants ont transformé ces dernières en des endroits qui entachent le paysage roumain, condamnant des communautés entières au chômage et à la pauvreté.

Ce fut le cas de Petrila, une ville dont l’histoire remonte à un siècle, devenue un centre mono-industriel lorsque la Roumanie était dirigée par l’ancien dictateur Nicolae Ceauşescu. Les mines employaient des milliers de personnes sur plusieurs générations, mais en 2013, seulement quelques dizaines de travailleurs descendaient encore dans les mines, dans des conditions qui feraient frémir d’effroi les experts européens de la sécurité au travail. Cependant, aucun des travailleurs n’est heureux de voir la mine fermer, car cela entraînerait un avenir incertain pour leur famille. Dăscălescu capture minutieusement leur peur face à un avenir inconnu et probablement difficile. Les plaisanteries et les blagues des mineurs feront rire les spectateurs, mais une larme viendra toujours se nicher au coin de leurs yeux. L’attitude du maire, prêt à démolir la mine entière, les bouleversera davantage. C’est alors qu’Ion Barbu, ancien mineur de Petrila devenu artiste et activiste entre en scène.

Le documentaire de Dăscălescu parle à la fois de la manière dont une communauté entière peut être affectée par le manque de dialogue, mais aussi de la façon dont une initiative non conventionnelle peut créer un sentiment de groupe. Lorsque les autorités annoncent que la mine sera démolie dans le courant des mois suivants et que les bulldozers commenceront par les immeubles, le sentiment d’impuissance est accablant, mais une lueur d’espoir apparaît sur un mur sur le point d’être abattu : un dessin, un tout petit dessin, en apparence inoffensif et naïf, qui deviendra un exemple impressionnant de résistance non violente, absurde, touchante et profondément divertissante.

Lorsqu’ils verront le film, les spectateurs se demanderont s’ils ont déjà à la fois ri et pleuré au cinéma. C’est l’effet qu’aura Planet Petrila sur le public, indépendamment de l’endroit où le film sera présenté, car les usines qui ferment, les réactions pleines d’humour face à l’inaptitude des autorités et le combat pour le souvenir sont des éléments communs à chaque culture.

Un protagoniste plus charmant qu’Ion Barbu n’est que rarement vu dans un documentaire. Sa leçon de désobéissance civile peut en inspirer beaucoup, et son combat pour la préservation de l’histoire de Petrila rappelle celui de l’exploitant de salles de cinéma Victor Purice dans Cinema, Mon Amour [+lire aussi :
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interview : Alexandru Belc
fiche film
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d’Alexandru Belc. Ces deux hommes ont trouvé des manières innovantes d’aller de l’avant face à l’indifférence des dirigeants.

Planet Petrila est une production de Filmlab coproduite par HBO Europe. Le film sortira en Roumanie dans le courant du mois.

(Traduit de l'anglais)

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