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LOCARNO 2017 Cinéastes du présent

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Those Who Are Fine : voyage dans le quotidien d’une société déshumanisée

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- LOCARNO 2017 : Le jeune réalisateur suisse Cyril Schäublin présente son premier long-métrage, portrait froid et élégant d’une société prisonnière de son propre bien-être

Those Who Are Fine : voyage dans le quotidien d’une société déshumanisée

Quatre ans après les courts-métrages Modern Times et Public Library, créés pour l’exposition “Culture:City” des architectes Mathias Sauerbruch et Wilfried Wang, à l’Académie de Arts de Berlin, le jeune Suisse Cyril Schäublin est de retour au Festival de Locarno (il a pris part en 2013 à la Filmmakers Academy avec Winter et Modern Times) avec son premier long, Those Who Are Fine [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, présenté dans la section Cinéastes du présent.

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Ce film, qui se présente comme le portrait froid et élégant d’une société prisonnière de son propre bien-être, a pour héroïne et fil conducteur Alice, une jeune fille qui travaille dans un call center de la banlieue de Zurich. La monotonie de son travail est soulignée par les plans rapprochés sur les visages impassibles de ses collègues, reflet de la déshumanisation de la situation. Après le travail, Alice flâne dans la ville, apparemment sans but. Elle a un secret : elle appelle régulièrement des personnes âgées en se faisant passer pour leur petite-fille en les suppliant de lui prêter de l’argent, un stratagème grâce auquel son compte en banque augmente de jour en jour. Comme tout le monde dans ce film, Alice ne montre jamais ses émotions. Elle semble une marionette mue par des fils invisibles. Avec elle, Schäublin nous guide dans les rues d’une ville mystérieuse, séduisante dans son extrême austérité, comme un no man’s land qui attire et repousse à la fois.

Dans Those Who Are Fine, on retrouve le raffinement esthétique obsessionnel qui caractérisaient déjà les courts-métrages de Schäublin, et constituent clairement sa manière de nous guider dans les méandres obscurs de notre société hyper technologique, (apparemment) sûre et économiquement prospère (la société suisse est ici particulièrement visée). Le titre lui-même, qui signifie “ceux qui se portent bien”, renvoie à une chanson de l’auteur-compositeur, philosophe et juriste helvétique Mani Matter. C’est un renvoi ironique à l’hypothétique tranquillité de notre société protégée.

Those Who Are Fine n’est pas, cependant, un film de dénonciation direct et violent : l’atmosphère qui domine est plutôt tranquille, douloureusement tranquille, glaciale et clinique. Schäblin fait passer son message à travers des plans-séquences élégants, un détachement austère tout en profondeur de champ, des dialogues à la banalité incisive et un recours constant aux scènes filmées en hauteur (comme du point de vue d’une entité supérieure). L’architecture urbaine ressort, et des petits gestes apparemment banals, comme le fait de retirer de l’argent au distributeur, deviennent partie intégrante du film, comme des personnages parmi les personnages. Les êtres humains dépeints par Schäublin ne sont du reste pas plus humains que le contexte dans lequel ils vivent. Leurs visages sont vides d’expression et leurs vies apparemment stables ne sont qu’une répétition infinie de gestes automatiques, dépourvus de passion. Le réalisateur nous fait voir ici, avec un cynisme séduisant, la beauté inquiétante d’un quotidien trop contrôlé.

Those Who Are Fine est produit par Seeland Filmproduktion et Amon Films. Les ventes internationales du film sont gérées par Seeland Filmproduktion.

(Traduit de l'italien)

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