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TORONTO 2017 Contemporary World Cinema

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Euthanizer : un bourreau au coeur tendre

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- TORONTO 2017 : Teemu Nikki se rattache à la vieille école du cinéma de genre pour nous livrer un film émouvant aux accents série B, mais qui plaira au grand public

Euthanizer : un bourreau au coeur tendre
Matti Onnismaa dans Euthanizer

Le Finlandais Teemu Nikki a déjà une belle carrière à son actif : il a fait de nombreux courts-métrages, des centaines de spots publicitaires, une foule de clips musicaux et quelques séries télévisées. Depuis 2001, il collabore avec Jani Pösö (producteur et co-scénariste). Après son premier long-métrage, Simo Times Three (2012), son deuxième, Lovemilla [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
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, a encore plus attiré l’attention (étant également une série TV et une websérie). Euthanizer [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Teemu Nikki
fiche film
]
, son troisième, vient de faire son avant-première mondiale dans la section Contemporary World Cinema du 42e Festival de Toronto.

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Veijo (Matti Onnismaa), véritable amoureux des animaux, vit dans une région finlandaise pauvre et périphérique. Son métier est d’euthanisier les animaux de compagnie. Comme il a avec eux un contact formidable, il préfère s’occuper personnellement de compenser la négligence des propriétaires qui s’occupent mal d’eux. Sa vie peu conventionnelle, mais méticuleusement organisée, est perturbée par sa rencontre avec Petri (Jari Virman), garagiste et membre d’un gang néo-nazi, et Lotta (Hannamaija Nikander), une jeune infirmière qui comprend ses psychoses. Veijo va d’abord changer, puis se mettre à chercher vengeance.

Euthanizer est un film honnête, en ce qu’il n’essaie pas de cacher sa parenté avec le cinéma de genre. La prémisse, sinistre, pourrait décourager un certain public, mais les choses évoluent au fil du récit. Contrairement aux films de vengeance traditionnels, Euthanizer est un film chargé d’émotion, ce qui fait qu’il dégage quelque chose de dérangeant et de drôle à la fois. Veijo est un homme perturbé, mais non sans raison. Dans un sens, c’est presque un homme de principes au contraire, aux intentions claires, même si elles ne correspondent pas franchement aux normes sociales. C’est un authentique héros qui veut apporter de la justice à un monde qui n’a plus de limites, tout en manquant, justement, à certaines des règles de l’héroïsme (il est capable à la fois d’abattre un chien et de traiter avec indulgence des gens corrompus), de sorte que s’il est difficile, au début, d’être de son côté, on en vient à penser qu’il est le seul être humain digne de ce nom dans cette société endommagée. Ce combat constant entre le bien et le mal est au centre d’Euthanizer, et à cet égard, le film fonctionne très bien.

Nikki est un cinéaste autodidacte et ce film en témoigne. Il a aussi écrit, monté et coproduit son film, ce qui donne à ce dernier cette allure artisanale qu’on avait presque oubliée, celle qu’avaient jadis les films de genre. Ses petits airs de série B grunge, du début à la fin, fonctionnent comme un hommage, et n’entament jamais la qualité du film. Tout y est si bien nuancé que le résultat est une oeuvre solide qui va plaire au public et marche bel et bien dans les pas de la série des Inspecteur Harry de Don Siegel, une référence que Nikki cite expressément. De plus, l’atmosphère de l’ensemble est intensifiée par la présence de l’acteur de caractères finlandais Matti Onnismaa, une vraie légende balte, avec plus de 150 films à son actif, pour la première fois dans un premier rôle avec ce personnage de vengeur en quête de justice. Nikki nous offre un film “old school” vraiment divertissant qui, en son coeur, a bien plus à offrir au public qu’une simple histoire de vengeance. Euthanizer est un petit bijou de cinéma de genre qui n’est pas uniquement réservé au plaisir des fans de VHS et de l’odeur de bande celluloïde tiède.

Euthanizer a été produit par Jani Pösö et Teemu Nikki pour It’s Alive Films. Les ventes internationales du film sont gérées par la société française Wide.

(Traduit de l'anglais)

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