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Impreza - Das Fest, l'avancée dangereusement banale d'une droite intransigeante

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- Alexandra Wesolowski nous fait découvrir sa famille polonaise, entre incompréhension et amertume

Impreza - Das Fest, l'avancée dangereusement banale d'une droite intransigeante

En compétition au Festival du Film de Zurich (Focus Suisse, Allemagne, Autriche), Impreza – Das Fest est le premier documentaire de la réalisatrice polonaise résidant en Allemagne, Alexandra Wesolowski (son précédent film, First Class Asylum a été réalisé aux côtés de Niklas J. Hoffmann et Nina Wesemann). Avec ce nouveau projet, la réalisatrice nous confronte au noyau dur d’une société hyper-hermétique prête à tout (ou presque) pour protéger sa propre identité (peu importe ce que cela veut dire).

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Malheureusement, l’histoire présentée par Alexandra Wesolowski dans Impreza – Das Fest n’a rien d’anecdotique. Au contraire, les dogmes qu’elle met en évidence sont tristement liés à de nombreuses communautés régionales qui se sont refermées sur elles-mêmes.

Le point de départ (ou le prétexte) de sa réflexion vient des préparatifs de la célébration des noces d’or de son oncle et sa tante, Danuta et Maciej, qui vivent à Varsovie. De manière plus générale, ce sont les dynamiques à la base d’une harmonie familiale aux allures despotiques qui l’intéressent.

À l’instar de Christian dans Festen ou du mystérieux visiteur de Teorema de Pasolini, la réalisatrice déclenche un discours hyper-conservateur qui plane dans la famille comme un doux poison. L’Europe, la question de l’avortement ou de la fermeture des frontières polonaises face au problème migratoire font partie des thèmes ‘’sensibles’’ qui éloignent la réalisatrice d’une logique familiale que l’on pourrait définir comme sectaire.

Les discussions interminables qui opposent deux mentalités irrémédiablement inconciliables sont filmées discrètement, depuis le chambrant d’une porte laissée entre-ouverte, tandis que les principaux intéressés sont trop occupés à déverser leur violence verbale pour s’en occuper, ce qui dénote dans le décor protecteur et rassurant de la maison bourgeoise de Danuta et Maciej.

Le public, enveloppé dans une atmosphère visuellement rassurante, aux tons pastel et aux mots susurrés (ceux admis !) se laisse bercer, enivrer, avant d’être brutalement réveillé par les interventions de la réalisatrice, qui pousse les spectateurs à se concentrer sur les dangers tapis dans l’ombre d’une famille.

Si les discussions sans fin se transforment en vacarme assourdissant qui perd peu à peu son sens, ce sont les plans rapprochés sur les objets silencieux qui décorent la maison de l’oncle et de la tante ou sur les visages impassibles et rougeauds des cousins d’Alexandra (qui rappellent les sœurs Lisbon dans The Virgin Suicides) qui nous apportent des pistes sur la situation présente. Des poupées de porcelaine savamment programmée pour perpétrer une tradition bien ancrée qui ne laisse pas de place aux sentiments, que les cousins pourraient accepter, en dépit du rôle de témoins silencieux qui leur est attribué, profitant d’une situation toutefois confortable.

Une position adoptée par beaucoup : unilatérale et sévère, qui refuse de voir ce monde périphérique et irritant qui assombrit leur bien-être. C’est dans ce sens que l’intérêt de la réalisatrice pour les détails, pour ce qui se trouve normalement hors-champ (une photo de famille, un animal en porcelaine, la légère poussière que l’on perçoit à contre-jour), trouve tout son sens, une arme discrète, mais puissante, qui permet de se dresser contre une droite conservatrice.

Impreza – Das Fest voit juste, de manière discrète, mais résolue. Une belle leçon d’élégance. Le film est produit par Dreifilm et Hochscule für Fernsehen und Film (HFF) München.

(Traduit de l'italien)

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