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Luna : "Tu choisis, si tu pars, tu ne reviens plus"

par 

- Elsa Diringer signe un premier long métrage sensible et réaliste sur une adolescente de 16 ans tentant de se libérer des erreurs de son passé

Luna : "Tu choisis, si tu pars, tu ne reviens plus"
Laëtitia Clément dans Luna

"C'est à quelle heure que j'avorte mercredi, maman ?" C’est dans les dérapages et le tumulte de l’adolescence, dans sa quête souvent aveugle d’ivresse et de sentiments, et au cœur du pouvoir parfois nocif du collectif sur l’individu qu’Elsa Diringer a choisi de plonger son premier long métrage, Luna, projeté en compétition au 39e Festival du Cinéma Méditerranéen de Montpellier. Un film qui permet à la réalisatrice de révéler de belles qualités de justesse dans la captation du réel et de réussir le portrait  énergique d’une jeune fille de 16 ans baignant dans la culture machiste de l’urbain banlieusard du sud-ouest de la France alors que la nature est à deux pas. Un contraste qui est aussi celui des deux garçons dont elle tombe successivement amoureuse et également  celui qui se dessine entre deux avenirs très distincts qui s’offrent à elle. Mais pour que s’opère ce choix de Luna, encore faut-il qu’elle accepte de se confronter au miroir et aux conséquences de ses actes.

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Petit top et short moulant, Luna (Laëtitia Clément) s’échappe en courant d’on ne sait où en pleine campagne, embarquée au vol en scooter par sa copine Chloé (Lina Khoudri). Les deux filles appartiennent à une petite bande de jeunes dominée par Ruben (Julien Bodet), un beau gars musclé qui a mis Luna enceinte et qui promet de l’accompagner à la clinique où elle doit avorter quelques jours après. Mais tout le groupe va basculer dans la violence lors une fête très alcoolisée dans un hangar isolé où il chahutent, puis violent avec une bouteille, un graffeur qu’ils avaient surpris dans ce qu’ils estiment être leur repaire, sur leur territoire. Un épisode qui aura des conséquences immédiates pour Luna puisque la victime, Alex (Rod Paradot) surgit bientôt à son travail dans les serres et les champs (elle vient d’avoir un CAP d’horticulture), sans sembler néanmoins la reconnaître. Tentant d’abord de l’éloigner sous la pression du groupe, Luna se prend ensuite peu à peu d’affection pour Alex, mais le secret et la culpabilité la tenaillent, et l’ombre de Ruben (avec qui elle a rompu) et des autres plane…

Instillant beaucoup d’impulsions d’empathie à l’égard de son personnage principal qui tâtonne dans l’existence comme un chiot à la recherche d’air libre et d’amour tandis que son maître veut le maintenir enfermé et l’ignore sauf pour lui apprendre à se battre, Luna se révèle bien davantage qu’une simple déclinaison d’un cinéma social et adolescent "classique". Equilibrant avec soin les tempos et les climats des différentes épisodes du scénario (qui est cependant parfois légèrement prévisible), Elsa Diringer excelle à donner rapidement à ses protagonistes une identité et une véracité (à noter que ses jeunes interprètes sont bien épaulés par les chevronnés Juliette Arnaud et Frédéric Pierrot). Et si le film n’est pas toujours exempt de menues imperfections, il impose un vrai regard sur le réel et un incontestable don à faire émerger visuellement les émotions et à incarner avec intensité la valse-hésitation de Luna.

Produit par Ex Nihilo, Luna sera distribué en France le 23 mars 2018 par Pyramide qui pilote aussi les ventes internationales.

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