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ROTTERDAM 2018 Signatures

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Ifigenia in Aulide : exode et tragédie

par 

- Tonino De Bernardi fait son grand retour à Rotterdam, avec une réflexion sur le sort des migrants et leurs sacrifices

Ifigenia in Aulide : exode et tragédie

Ifigenia in Aulide [+lire aussi :
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 de Tonino De Bernardi, présenté à Rotterdam dans la section Signatures, reprend le titre de la tragédie d’Euripide, que le réalisateur s’est réappropriée..

Pour ce récit, dont l’action se déroule dans le petit village d’Amarynthos, De Bernardi navigue entre Cannes, Vintimille et la Grèce. Son long-métrage tient à la fois du film familial, du reportage et du portrait anthropologique, alternant entre différentes voix (celle du narrateur et celles des personnages) et différentes langues (l’italien et le grec).

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Le passage charnière du film est la lecture de la tragédie d’Iphigénie (la fille d’Agamemnon qui doit être sacrifiée aux dieux par son père), qui a récemment inspiré Mise à mort du cerf sacré [+lire aussi :
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au réalisateur Yorgos Lanthimos. De son côté, De Bernardi a choisi de donner à son film une dimension plus large et de préférer la version d’Euripide de ce mythe, où Iphigénie est épargnée, dans le but d’approfondir son propos, de reprendre des passages entiers de la tragédie en grec et de les faire alterner, grâce à un montage astucieux, avec des images de migrants en mer qui tentent de rejoindre les côtes helléniques, tels des victimes des temps modernes, sacrifiées par les mêmes lois économiques perverses que celles qui ont étendu leur domination sur le petit village de pêcheurs qui sert de décors au film. L’approche expérimentale du réalisateur, loin d’être vaine, déclenche une certaine mécanique de pensée, au rythme de longues inspirations qui s’élèvent loin au-dessus des diatribes qui jalonnent si souvent les émissions-débats italienne – dont une caméra légèrement en retrait nous offre quelques aperçus brefs et ingénieux, et qui représentent un point de vue alternatif. L’atmosphère de légèreté de l’été grec, le dénouement heureux ainsi que la beauté des personnages invitent à l’espoir pour une humanité en proie à la souffrance et à la merci des vagues et des dieux : les migrants répondent aux noms de Clytemnestre, Achille, Iphigénie et Agamemnon. 

Le film de Tonino De Bernardi est un augure de sauvetage et de rédemption qui réconforte l’esprit et dont nous avons désespérément besoin. Il nous rassure le temps d’une courte escale à Aulis, là où nous illumine la sagesse des grands – peu importe que ce terme désigne les dieux de l’Olympe ou les acteurs grecs. 

Le film a été produit par Tonino De Bernardi pour Lontane Province Film, en collaboration avec Fuori Orario – Rai Tre.

(Traduit de l'italien par Séverine Meuleman)

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