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Reflets hollywoodiens

par 

- La France, la Pologne, l'Allemagne et la Grande Bretagne sont les coproducteurs de The Pianist d'un Roman Polanski très international

A lire le générique de The Pianist, présenté au Palais le 24 mai, on imagine que le Festival ait voulu honorer, non seulement un grand cinéaste tel que Polanski, mais aussi souligner la vocation européenne de la manifestation. The Pianist, en effet, est le résultat d´une coproduction qui inclut quatre pays : La France, la Pologne, l´Allemagne et la Grande Bretagne. Si il y a un film qui a le droit d´être appelé `européen´, c´est bien celui-ci. Et non seulement pour l´effort productif ; il l´est aussi pour l´argument qu´il traite : l´Holocauste, comme l´a vécu un pianiste juif de Varsovie, échappé à la mort grâce à un officier nazie mélomane. Un pianiste qui a réellement existé, et qui a raconté les faits dans un livre. Une histoire dans laquelle s´est en partie reconnu Polanski qui a vécu une semblable expérience à l´age de dix ans.
Pourtant après quelques minutes de projection, exactement après quelques images en noir et blanc tirées d´un vieux ciné-journal polonais qui illustrent la vie à Varsovie en 1939 avant l´invasion allemande, on a la sensation de tomber dans une évocation des événements de type hollywoodienne. A peine les images commencent à se colorer, on semble retrouver la Hollywood des années ´60, quand régnait la Runaway Production : les juifs polonais parlent entre eux un anglais parfait, l´image, pourtant soignée du polonais Wojciech Kilar, est polie comme dans les films américains de l´époque. Plus qu´au Spielbergien Schlinder´s List on pense au Docteur Zivago de David Lean, coproduit par Carlo Ponti avec la Metro Goldwyn Mayer.
Mais il s´agit bien d´un film de mémoire. Est-il possible que la mémoire européenne de Polanski, née du `sang de l´Europe´ se teinte des couleurs hollywoodiennes? Il est vrai que les réalisateurs polonais ont une vocation internationale méconnue à leurs collègues européens, d´Est et d´Ouest. Mais il s´agit d´une vocation limitée à notre continent : les films de Wajda, Skolimowski, Borowczyk, Zanussi, Kawalerowicz. Il n´y a que Munk qui soit mort trop tôt pour ne pas faire l´aller-retour entre l´Est et l´Ouest. Mais Polanski, c´est autre chose. Polanski est aussi le réalisateur de Chinatown l´un des grands films d´Hollywood des années ´70. Si aujourd´hui il ne travaille plus à Los Angeles, cela dépend de ses problèmes personnels.
J´ai connu Polanski en 1997 à Venise, où je faisais partie du Jury qu´il présidait : la Mostra qui avait en compétition The funeral de Abel Ferrara, Brigands de Otar Ioseliani, Profundo Carmesi de Arturo Ripstein, pour ne citer que les films dont on se souvient le plus. Il imposa son autorité incontestable pour primer Michael Collins de Neil Jordan, irlandais, mais avec le logo Warner Bros bien imprimé jusque sur le plan culturel. L´argument principal fut sa formidable qualité de réalisation. Michael Collins : un autre film qui ré-évoque. Le perfectionnisme est l´obsession de Polanski : on le voit aussi dans The Pianist, dans la formidable numérisation des ruines du ghetto de Varsovie. Mais c´est le perfectionnisme qui a trouvé sa perfection (vous m´excuserez du jeu de mots) dans la mentalité d´Hollywood.
Au cours de la dernière réunion du Jury, j´essayai de défendre Pianese Nunzio de Antonio Capuano, qui avançait dans le sens inverse des goûts de Polanski. Pour l´impressionner un peu je lui inventai une comparaison musicale : «disons que c´est un film dodécaphonique». Polanski me répondit avec une voix quasi plaintive : «Mais moi j´aime Mozart».

(Traduit de l'italien)

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