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Interview

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Edoardo de Angelis • Réalisateur

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Edoardo de Angelis, originaire de la Campanie, est allé à Castel Volturno pour tourner Indivisibili, l'histoire de deux jumelles siamoises chanteuses qui découvrent qu'elles pourraient être séparées. Le film qui a été dévoilé aux Venice Days a ensuite été présenté à Toronto.

Cineuropa: Vous racontez ici l’histoire de deux jumelles siamoises.
Edoardo De Angelis : Je voulais faire un film sur la séparation et la douleur qui va avec. L’idée qui est au centre du film, c’est que pour grandir, il faut se faire mal, se blesser, se couper. Le cas de deux jumelles siamoises était parfait pour évoquer ce sentiment car ainsi, la question ne demeure pas purement intellectuelle : la douleur de grandir est ressentie physiquement. 

Qui sont les jumelles Fontana ?
Angela et Marianna Fontana
sont deux filles de Casapesenna, un petit village dans la province de Caserta, tristement connue comme terre natale du Clan Casalesi. Ces filles, quant à elles, sont des modèles d’éthique, de propreté et d’honnêteté. Je les avais rencontrées lors d’auditions, et leurs essais m’ont marqué, de sorte qu’un an après, quand j’ai eu envie de faire ce film, je les ai tout de suite appelées. 

Comme les avez-vous  préparées à leurs rôles ? Quels challenges se sont présentés à vous ?
Le premier, c’était de les trouver. Nous avions essayé d’autres formules, y compris de transformer deux actrices au moyen d’effets spéciaux, mais je voulais un récit qui soit authentique, même s’il a des accents de fable : je voulais que les choses y soient représentées de manière réaliste. Une fois trouvées Angela et Marianna, tout est devenu plus aisé. Il suffisait de les attacher l’une à l’autre. Pour cela, nous avons travaillé, avec les techniciens de Makinarium et surtout Leonardo Cruciano, de manière artisanale, avec des prothèses. Les filles ont joué un rôle capital, par leur dévouement et leur endurance : quand elles jouaient avec les prothèses, elles devaient passer cinq heures au maquillage avant d’enchaîner sur les dix heures de prise de vue de la journée. Elles se sont préparées plusieurs mois avant le tournage, en vivant pratiquement attachées l’une à l’autre, pour faire l’expérience de ce que cela signifie que partager avec l’autre jusqu’aux moments les plus intimes.. 

Vous jouez dans le film du mécanisme attraction/répulsion.
L’équilibre entre attirance et répulsion est pour moi une sorte de guide esthétique. Quand le scénariste, Nicola Guaglianone, m’a parlé de cette histoire, je l’ai mise de côté, parce que je ne voulais pas faire un film de monstres. Et puis j’ai revu Freaks de Tod Browning, où figuraient Dasy et Violet Hilton, deux filles très jolies avec une biographie similaire à celle de Dasy et Viola dans mon film (c’est pourquoi j’ai repris leurs noms). En voyant des portraits d’elles réalisés au début du siècle dernier, je les ai trouvées très belles. C’est là que j’ai compris qu’il était possible d’évoquer de deux jeunes filles affectées par une malformation sans qu’elles soient dépourvues de beauté. C’est cette dynamique attirance/répulsion qui m’a convaincu de faire le film, parce que c’est comme ça que je les ai regardées, et je pense qu’il en va de même pour le spectateur, qui, de fait, se demande continuellement quel est son sentiment et quel type de relation instaurer avec ces jeunes filles. 

Pourquoi avez-vous choisi comme lieu de l’action Castel Volturno ?
Castel Volturno aussi est une synthèse parfaite entre attirance et répulsion. C’est un lieu qui a été beau, luxueux, mais qui n’est plus aujourd’hui qu’un simulacre vide de cette beauté, un lieu qui porte avant toute chose les signes du temps qui est passé, qui en est bombardé. Et pourtant, la beauté est encore présente dans les architectures du Villaggio Coppola, de même qu’y est présente une opération de reconstruction qui n’en finit jamais – dans ses maisons, ses petites villas toujours en attente d’un plan conçu pour elles. J’aime bien cela, parce que ça parle de la vie, qui s’arrête jamais. 

Vous avez construit un univers réaliste, mais aussi fantasmagorique.
Tout la séquence sur le bateau, je l’ai imaginée à partir d’une vision déformée de la réalité. J’ai imaginé le regard de ces deux filles qui n’avaient jamais quitté leur famille, leur stupeur en découvrant le monde. D’autant plus que l’individu qui les a emmenées est collectionneur de monstres, quelqu’un qui est attiré par leurs anomalies et de fait s’entoure d’êtres humains très particuliers. Il y a là un hommage clair à Marco Ferreri (d’ailleurs, c’est le nom que j’ai donné à ce personnage), parce que dans l’élaboration de l’imaginaire dans lequel baigne le film, Le Mari de la femme à barbe a compté. Ferreri l’a tourné à Naples, la ville parfaite pour construire, aimer, et démolir les phénomènes de foire. 

La musique du film est d’Enzo Avitabile.
Avitabile et moi, ça faisait un moment qu’on se guettait. J’aime énormément ses musiques, et là, c’était l’histoire parfaite pour que nos mondes se rencontrent. C’est un artiste qui vient de la banlieue, un artiste des marges, mais qui en fait toujours jaillir beaucoup de poésie.Nous avons choisi d’accompagner le film d’une bande sonore minimale, avec peu d’éléments musicaux, parfois récurrents, et beaucoup d’éléments rythmiques. Les deux chansons originales du film, “Indivisibili” et “Drin Drin”, sont de Riccardo Ceres.

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