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Interview

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Marco Danieli • Réalisateur

mp4 (1920x1080) 08:45

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Marco Danieli débute dans le long-métrage avec une histoire d'amour et d'apprentissage, La ragazza del mondo, dont l'héroÏne est une jeune temoin de Jéhovah qui tombe amoureuse d'un garçon "du monde" (extérieur) et se fait en conséquence exclure de sa communauté. Avec Sara Serraiocco et Michele Riondino. En compétition aux Venice Days 2016.


Cineuropa : L’univers des Témoins de Jéhovah ?
Marco Danieli : Mon co-scénariste Antonio Manca et moi préparions un autre film sans rapport avec celui-ci, dont nous pensions qu’il pourrait devenir notre premier long-métrage, quand une amie commune nous a raconté son histoire, similaire à celle du film. Nous l’avons romancée en nous inspirant d’autres témoignages en plus du sien. Nous avions envie d’aller vers un récit d’apprentissage, et il est certain qu’un récit d’éducation dans un contexte religieux radical, cela génère du conflit, parce que c’est un environnement très conditionnant pour l’individu, a fortiori pour une jeune fille rebelle. Ce qui nous a frappés aussi, c’est comme on en sait peu sur les Témoins de Jéhovah. De loin en loin, on en entend parler, pour leurs activités de prosélisme, et par rapport au lieu commun selon lequel ils refusent les transfusions. En explorant, nous avons découvert une communauté soudée et bien organisée, formée de gens très déterminés. C’est un univers fascinant et un grand sujet de recherche, mais nous ne voulions pas faire un film d’enquête ou un documentaire. Ce film raconte aussi une histoire d’amour qui met côte à côte deux mondes complètement différents qui n’auraient rien en commun s’ils ne partageaient la même frustration existentielle, frustration qui va finir par les pousser à une révolution les impliquant tous les deux.

L’histoire de l’héroïne vue comme une parabole
Les Témoins de Jéhovah démonisent le monde extérieur, parce qu’on peut s’y perdre. La structure du film est presque celle d’une parabole biblique mais l’objectif est différent : la jeune fille se trouve catapultée dans ce monde extérieur, qui est effectivement sale, mais la morale de l’histoire est ailleurs et à la fin, elle ne fait pas marche arrière. Nous avons essayé d’être objectifs et réalistes dans la description que nous avons faite de l’univers des Témoins et nous avons essayé de donner à tous les personnages trois dimensions (tout le monde a une face obscure, y compris l’héroïne), mais notre point de vue propre reste laïc : il est certes facile de se perdre dans le monde où nous vivons, mais ce monde est aussi, pour une personnage en quête d’identité, une occasion de se trouver, et il y a des expériences qui valent la peine d’être vécues.

La scène du  “procès”
Ce qu’on voit dans le film est un “comité judiciaire”, comme ils l’appellent. Il est constitué des “anciens” de la communauté, qui guident ses différentes activités – sauf qu’à la différence des prêtres, ils peuvent être mariés et avoir des enfants. Quand survient un problème grave, ils se réunissent pour évaluer le péché commis par le membre de la congrégation concerné. Pour prendre la mesure de ce péché, il faut examiner la question en profondeur, parce que comme dans un procès laïc, des détails pouvant sembler infimes peuvent faire toute la différence. Et c’est ainsi que ces anciens peuvent entrer dans les détails les plus délicats de chaque affaire, parce que c’est le seul moyen d’appréhender l’acte commis par la personne en cause. 

Le choix de Sara Serraiocco et Michele Riondino pour les rôles principaux
Sara était déjà l’héroïne dans une bande promotionnelle que nous avons réalisée pour obtenir des financements. Elle nous a tellement plus que c’est à elle que nous pensions en écrivant les dernières versions du scénario, et que je n’ai pas fait de casting pour ce rôle. Elle a naturellement comme un air de mystère, quelque chose d’indéchiffrable qui correspond bien à ce personnage. Et puis bien qu’elle ait déjà fait de nombreux films, elle reste très naturelle, comme une actrice non-professionnelle qui maîtriserait en plus l’art de dire les textes. Quant à Riondino, cela fait longtemps que je l’apprécie. J’ai découvert en travaillant avec lui que c’était un acteur à l’américaine : transformiste, ce qui est peu commun dans notre culture, et très sérieux et critique de son propre travail. Il a aussi été généreux de son temps pour les répétitions – car je les ai vraiment beaucoup fait répéter Sara et lui, avant le film.

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