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Industrie / Marché - France

Country Focus: France

Le CNC se rebiffe : l’industrie cinématographique française est rentable

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- Le pilote institutionnel du 7e art en France répond aux contre-vérités en circulation par une étude inédite sur le modèle économique des films d’initiative française

Le CNC se rebiffe : l’industrie cinématographique française est rentable
Le président du CNC Gaëtan Bruel

Sous le feu des attaques politiques, notamment venues de l’extrême-droite de l’échiquier et qui sont allées récemment jusqu’à préconiser sa suppression, le CNC (dont le logo a été, pour la première fois, applaudi le mois dernier à toutes les projections cannoises) a décidé de prendre le taureau par les cornes et de tordre le cou à l’une des rumeurs infondées les plus insistantes de ces dernières années : seuls 10% des films français seraient rentables et le secteur ne survivrait que sous oxygène des subsides de l’État.

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insularia_Josué

Une contre-vérité particulièrement injuste par rapport à la réalité d’une industrie cinématographique hexagonale pourvoyeuse de 260 000 emplois, à la pointe de la créativité artistique et technologique, qui constitue la première sortie culturelle des Français (deux habitants sur trois vont au cinéma chaque année et les spectateurs des salles y vont quatre fois par an en moyenne) et un levier d’abonnement décisif pour les TV payantes et les streamers, le tout sans oublier le "soft power" international qu’elle permet. Mais quid d’une rentabilité qu’il est très facile de caricaturer en se limitant aux seuls résultats immédiats du box-office comparés aux budgets des films ? Pour apporter des éléments objectifs, le CNC s’est donc penché dans le détail sur le modèle économique des fims d’initiative française (FIF) en prenant en compte toutes les recettes d’exploitation (salles de l’Hexagone, vidéo, export, achats TV) du cycle de vie (qui s‘étale sur plus de dix ans) de 1823 longs métrages.

Les résultats de ce travail statistique titanesque ont été dévoilés hier par Gaëtan Bruel, le président du CNC, à la commission des affaires culturelles de l’Assemblée Nationale. Les conclusions ? Ces 1823 FIF ont générés 7,9 milliards d’euros de recettes brutes, dont 49% via les salles françaises, 36% à l’international, 10% en provenance de la fenêtre vidéo et 5% par des achats TV à posteriori. Et si 90% de ces recettes ont été réalisées durant les deux premières années d’exploitation, neuf films sur dix continuent à générer des recettes dix ans après leur lancement en salles et 17% enregistrent plus de 30% de leurs recettes après la seconde année de leur exploitation (d’où le caractère trompeur de l’analyse du simple box-office immédiat).

Au total, sur l’ensemble du très vaste échantillon, un FIF dégage en moyenne un solde net de 158 000 euros et 37% sont bénéficiaires au terme de la longue traine de leur cycle de leur exploitation (20% le sont dès leur sortie salles) : le secteur est donc globalement rentable, même si ramené à l’ensemble de la production, cette rentabilité est modeste car la production cinématographique reste une industrie de prototype impliquant un niveau de risque élevé. D’où l’importance du rôle du CNC dans la mutualisation et la redistribution afin de soutenir les projets les plus risqués et les plus innovants, en particulier les premiers longs métrages garantissant le renouvellement de talents. Et la nécessité d’éclairer objectivement une économie sectorielle pouvant susciter beaucoup de fantasmes et de manipulation médiatique (entre autres la "fake news" bien enracinée selon laquelle les impôts des Français financeraient les films alors que tout l’argent collecté et redistribué provient en réalité de la filière elle-même) à des fins idéologiques potentiellement destructrices de valeur comme l’a démontré récemment la Hongrie qui a saccagé pendant une dizaine d’années son vivier de talents cinématographiques, annihilant l’aura internationale de son 7e art à coup de gros budgets historiques triturant l’Histoire magyare et de listes noires de cinéastes indépendants.

L’ensemble de l’étude est disponible ici.

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