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“Créer une plateforme d’émulation de projets pour favoriser les coproductions”

Dossier industrie: Produire - Coproduire...

Mathilde Pâques • Responsable du Brussels Coproduction Market

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Rencontre avec la responsable de l’évènement professionnel accueillant cette année 21 projets de longs métrages internationaux en quête de coproducteur·ices et de partenaires

Mathilde Pâques • Responsable du Brussels Coproduction Market

Rencontre avec Mathilde Pâques, responsable du Brussels Coproduction Market, évènement professionnel accueillant cette année 21 projets de longs métrages internationaux en quête de coproducteur·ices et de partenaires.

Cineuropa : En quoi consiste le Brussels Coproduction Market ?
Mathilde Pâques :
C’est un marché de coproduction créé en 2016, à l’initiative de l’équipe de Un soir un grain, l’asbl qui organisait à l’époque le Be Film Festival, et qui organise donc aujourd’hui le Brussels International Film Festival. L’idée était de promouvoir et encourager les collaborations entre les producteur·ices européen·nes et les producteur·ices belges, en créant une plateforme d’émulation de projets afin de favoriser les coproductions.

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Il s’agit de la 6e édition cette année. En 2019, le marché a été scindé en deux sessions. Les “Gap Financing Sessions”, pour des projets à un stade de développement assez avancé, qui ont déjà sécurisé un certain montant, et sont portés par des producteur·ices plutôt installé·es. La section “Up and Coming Producers” a été pensée pour soutenir des producteur·ices émergent·es qui développent un premier ou deuxième long métrage, qui ont parfois déjà produit un long documentaire, mais pas encore de fiction, par exemple. Ce sont souvent aussi des premières oeuvres pour les cinéastes.

Avez-vous développé des partenariats spécifiques cette année ?
Le marché est plutôt européen, mais depuis plusieurs années, nous ouvrons à des pays “hôtes”. C’était cette année le cas pour l’Uruguay, afin d’accompagner l’accorde de coproduction signé récemment entre le pays et la Fédération Wallonie-Bruxelles. C’était également le cas pour les projets retenus dans le cadre de Halaqat, un programme multidisciplinaire imaginé par Bozar et l’Institut Goethe, visant à renforcer les liens culturels entre l’Europe et le monde arabe, d’où la présence des ces projets tunisien, égyptien et marocain.

Depuis 2021, nous avons par ailleurs mis sur pied un partenariat avec le festival Musique et Cinéma de Marseille (ndlr: ex festival d’Aubagne), dans le cadre duquel nous décernons un Prix Musique et Cinéma qui permet au duo récipiendaire producteur·ice/ cinéaste d’être sélectionné au Marché européen de la composition musicale pour l’image qui se déroule à Marseille au printemps, et de rencontrer des compositeur·ices qui font des propositions musicales sur base du scénario et d’une note d’intention du ou de la cinéaste. C’est le projet grec Circular Motion de Thanos Psichogios, produit par Argonauts Productions, qui a reçu le prix cette année. Et nous avons également intégré le réseau de partenaires de la plateforme Coprocity.

Combien de professionnel·les accueille le marché ?
Il y avait à peu près 70 auditeur·ices (production, programmation, ventes, distribution) lors de la session de pitchs, mais on a surtout enregistré un grand nombre de rendez-vous individuels, soit 165 dans le cadre du marché. Nous avons principalement des Belges pour l’instant, mais nous avons aussi des agent·es de vente et quelques invité·es internationaux. On organise également une présentation des principaux fonds belges, qui rencontre généralement un grand succès auprès des producteur·ices étrangèr·es.

Quelles tendances se démarquent dans les projets ?
Au niveau des thématiques abordées, il y a beaucoup de films très engagés, beaucoup de thématiques sociales en fait, dans les projets sélectionnés comme les projets reçus. Les questions de genre notamment sont vraiment très prégnantes. On retiendra d’ailleurs que nous avons une quasi parité aussi bien pour les producteur·ices que pour les réalisateur·ices.

Y’a-t-il un état d’esprit particulier au sortir de deux années de pandémie mondiale ?
Ce qui est sûr, c’est que tout le monde en a marre des réunions Zoom, et veut des rencontres en présentiel! On reçoit beaucoup de commentaires de la part de nos participant·es qui apprécient que le marché soit à taille humaine, et que les rencontres y soient faciles. Les relations qui s’y créent sont plus durables, car elles vont au-delà des rendez-vous individuels, les gens se croisent aussi lors de repas, de cocktails, ou même sous le chapiteau du festival.

Ce qu’on constate aussi, c’est que près de la moitié des projets présentés en 2021 ont déjà beaucoup avancé, beaucoup ont signé des accords de coproduction, il y a sûrement une envie d’accélérer le tempo, ou de rattraper le temps perdu.

Quels sont les projets qui ont marqué les premières éditions du marché ?
Je retiendrai notamment le film bulgare Women Do Cry [+lire aussi :
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interview : Mina Mileva, Vesela Kazakova
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de Mina Mileva et Vesela Kazakova, qui était à Cannes dans la section Un Certain Regard en 2021; Hive [+lire aussi :
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interview : Blerta Basholli
fiche film
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de la cinéaste kosovar Blerta Basholli a reçu les trois principaux prix de la Compétition World Dramatic Cinema Cinema à Sundance; ou encore le film letton Blizzard of Souls [+lire aussi :
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fiche film
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de Dzintars Dreibergs, qui a remporté un grand succès au box-office letton. Le réalisateur était d’ailleurs à nouveau présent pour le marché cette année avec son nouveau projet, Escape Net.

En quoi le marché s’inscrit dans la philosophie du festival ?
Le festival est organisé par l’équipe d’Un soir un grain, qui est également aux manettes depuis de nombreuses années du Brussels Short Film festival, et qui a pour objectif premier de soutenir la jeune création. Le marché permet donc de concrétiser ce but sur le plan du long métrage, et nous permet également de soutenir des projets que l’on aimerait pouvoir programmer à l’affiche du festival.

Qu’est-ce que vous souhaiteriez pouvoir mettre en place à l’avenir ?
De manière générale, nous aimerions bien pouvoir développer la présence d’auditeur·ices étrangèr·es, notamment venant des pays limitrophes, France, Allemagne, Luxembourg, développer de nouveaux partenariats pourquoi pas pour doter des prix, et proposer encore plus de formations, en plus de celle consacrée au pitch que l’on offre déjà, par exemple pour développer les réflexions autour du marketing et de la distribution.

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