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“Notre travail a changé, mais c’est tout le temps le cas, parce que la manière dont les films sont proposés au public change constamment”

Dossier industrie: Distribution, exploitation et streaming

Julien Razafindranaly • Vendeur, Films Boutique

par 

Le chef de ventes français nous parle de la politique éditoriale de sa société et de ses efforts pour réconcilier les hautes ambitions artistiques et les exigences du marché actuel

Julien Razafindranaly • Vendeur, Films Boutique

Nous avons interviewé Julien Razafindranaly, responsable des ventes Internationales au sein de la société siégeant à Berlin et Paris Films Boutique, à propos de la politique éditoriale de l'enseigne et en particulier la manière dont elle trouve l'équilibre entre la quête de films d’auteurs de qualité et la mission de les rendre viables commercialement, pour une distribution dans les salles et les festivals.

Cineuropa : Pourriez-vous s’il vous plaît nous parler de la politique éditoriale de Film Boutique ? Combien êtes-vous ?
Julien Razafindranaly : Nous sommes dix et nous prenons régulièrement des stagiaires, en particulier pour préparer les gros événements, comme Cannes ou l'EFM. [Sur la politique éditoriale de Film Boutique], il est important de souligner que nous travaillons avec des films qui sont avant tout faits pour sortir dans les salles, et nous avons cette particularité qui est que nous travaillons et sur le côté artistique, et sur la partie commerciale des choses. [...] Nous travaillons avec des distributeurs salles de partout dans le monde, et notre objectif est de gérer des films qui pourront sortir dans les salles, donc commercialement, mais qui vont aussi toucher le circuit des festivals. Dans cette optique, nous pouvons accueillir à peu près tout : tous les genres, des fictions et des documentaires. Nous avons davantage de fictions, et nos titres couvrent un éventail qui va du film dramatique à la comédie en passant par le film de genre. Nous ne sommes pas spécialisés dans le cinéma de genre comme d’autres enseignes, mais nous travaillons tout de même avec certains de ces titres.

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Combien de titres représentez-vous chaque année ? Et quelle est la taille de votre catalogue ?
Le nombre de titres dont nous nous occupons varie d’année en année, mais il se situe généralement autour de 12 à 16 films. Nous avons un catalogue d’environ 200 titres.

Est-ce que vous investissez dans des films ou aidez à les financer ?
On peut travailler sur des projets à différents stades. Notre activité principale reste de vendre les films, mais nous élaborons les stratégies festivals et marketing en coordination avec les producteurs, tout en travaillant sur le positionnement du film et sa chronologie de lancement. Donc il n'y a pas que les ventes. Cela dit, parfois, il arrive que nous intervenions comme coproducteurs et que nous ayons les deux casquettes. Quand nous investissons dans des films auxquels nous croyons, nous pouvons aussi travailler sur les minimums garantis.

Comment votre travail a-t-il évolué ces deux dernières années ?
Notre travail a évolué, c'est certain, mais c’est toujours le cas, parce que la manière dont les films sont montrés au public change continuellement. Il n’y a pas si longtemps, nous avons commencé à regarder des films en ligne, ce qui n’était pas le cas avant, donc l’industrie a dû s’adapter. La première année de la pandémie, avec tous les protocoles de sécurité sanitaire et les mesures de confinement en place, le grand changement tenait au niveau d’incertitude au sein de l’industrie. Nous avons dû comprendre comment faire fonctionner les choses, nous les vendeurs, les festivals, les distributeurs, tout le monde en fait. Nous nous sommes posé des questions comme : si les gens vont en ligne, que peut-on apporter ? Quelles plateformes vont-ils utiliser ? À combien de personnes va-t-on montrer le film ? Il a fallu beaucoup de temps pour que les choses fonctionnent. Ça a été un grand changement, en particulier du côté des festivals. [...] Et bien sûr, c’était plus difficile de vendre des films [...]. Ce qui est ressorti de cela, après deux ou trois ans, c’est un sentiment d’avoir des choses en commun et d’être co-dépendants, un sentiment de solidarité… [Un effort supplémentaire] pour mieux comprendre les besoins et les difficultés de chacun. Et ça, ça a changé en mieux.

La Berlinale et le Marché du film européen approchent à grands pas. Qu’est-ce que vous pouvez nous dire sur votre line-up ?
Nous sommes très excités parce que c’est la première fois que la Berlinale et le marché reviennent dans leur format complet depuis 2020. La plupart des membres de l’industrie du film internationale seront là, même si nous savons que certains représentants de l’industrie du film asiatique ne seront peut-être pas encore en mesure de venir cette année. [...] Nous avons un line-up de six nouveaux films. Nous venons de présenter en première mondiale Luka [+lire aussi :
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de Jessica Woodworth, à Rotterdam, et nous avons cinq films sélectionnés dans différentes sections de la Berlinale. En compétition, nous avons The Shadowless Tower de Zhang Lu. Dans la section Encounters, nous avons deux films : The Klezmer Project [+lire aussi :
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, de Tibor Bánóczki et Sarolta Szabó. Au Panorama, nous avons le premier film yéménite jamais sélectionné à Berlin, The Burdened d'Amr Gamal, et enfin nous présentons le documentaire Notre corps [+lire aussi :
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de Claire Simon dans la section Forum.

Nous allons aussi amener un premier long-métrage français, à savoir Paternel de Ronan Tronchot, avec Grégory Gadebois et Géraldine Nakache. Le film est présentement en post-production, mais nous allons en montrer des images aux buyers à notre stand. Ce line-up berlinois donne une bonne idée de l’éclectisme que nous recherchons chez Film Boutique. Nous avons des films de fiction, des documentaires, des titres d'Europe, d'Asie, du Moyen-Orient… C’est ça notre ADN.

Vous semblez chercher la diversité au niveau des contenus. Comment travaillez-vous sur ce même objectif au sein de votre propre société ?
D'abord, nous sommes assez diversifiés nous-mêmes. Notre PDG est français, je suis moi-même français de descendance africaine et mes collègues sont allemand, taiwanais, espagnol et hongrois. [...] Comme nous faisons partie et du marché, et du monde du film d’auteur, il y a deux manières de voir les choses. On peut favoriser la diversité à travers les lois, notamment les soutiens financiers (et les fonds de soutien au cinéma y sont très attentifs) et puis il y a tout ce qui tient à votre conscience propre. [...] Nous sommes façonnés par la communauté internationale à laquelle nous appartenons, et nous essayons d’être diversifiés, représentatifs et inclusifs pour donner à nos clients ainsi qu'au public un champ de vision aussi ample que possible.

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(Traduit de l'anglais)

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