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"Notre objectif est d'être un partenaire 'feu vert' pour les producteurs, qui permette aux projets de se concrétiser et de toucher le plus vaste public possible au niveau international"

Dossier industrie: Distribution, exploitation et streaming

Léo Teste • Vendeur, Film Constellation

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La société, qui a des bureaux à Londres et Paris, a développé une politique éditoriale fondée sur la promotion de puissants regards de metteurs en scène et l'encouragement des nouveaux talents

Léo Teste • Vendeur, Film Constellation

À l'approche du Festival de Cannes, nous nous sommes entretenus avec Léo Teste, responsable des ventes et de la distribution chez Film Constellation, pour discuter plus spécifiquement de la politique éditoriale de la société, de ses activités de financement et de la manière dont le rôle de l'agent de ventes internationales est en train de se développer.

Cineuropa : Pouvez-vous nous parler de votre politique éditoriale ? Combien d'employés compte votre société ?
Léo Teste : Film Constellation est une société de vente, de production et de financement qui a des bureaux à Londres et Paris. L'équipe interne comprend sept membres, et nous avons une équipe affaires commerciales et services qui soutient notre travail chez notre société sœur Playtime. Notre politique éditoriale est axée autour de regards de réalisateurs forts, mais nous représentons des films de nationalités diverses et variées, avec différents types de budgets, du film dramatique prestigieux au récit d'horreur, du thriller au film d'animation. Notre ambition et le principe qui nous guide dans nos achats est de travailler avec des regards excitants, qu'il s'agisse de nouveaux talents ou de cinéastes établis.

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L’année dernière, nous avons eu le privilège de lancer quatre nouvelles voix puissantes : Saim Sadiq avec Joyland, qui a remporté le Prix du jury Un Certain Regard à Cannes et la Palme Queer, et qui a été le premier film pakistanais non seulement à faire sa première au festival, mais à être sur la liste des finalistes pour les nominations aux Academy Awards ; Lotfy Nathan avec Harka [+lire aussi :
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, qui a valu à son acteur principal Adam Bessa un prix d'interprétation, toujours dans la section Un Certain Regard de Cannes ; Georgia Oakley avec Blue Jean [+lire aussi :
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, qui a été nominé aux BAFTA et qui a remporté le Prix du public aux Giornate degli Autori de Venise ; enfin, Jamie Dack avec Palm Trees and Power Lines, qui a reçu le Prix de la compétition longs-métrages de fiction américains à Sundance.

Nous travaillons aussi avec des cinéastes établis, comme les réalisateurs oscarisés Fernando Trueba et James Marsh ou la réalisatrice maintes fois distinguée aux Goya Isabel Coixet. Nous avons également la chance de travailler avec d'immenses cinéastes comme Werner Herzog et David Lynch. Ce mélange de talents, combiné avec une ligne éditoriale qui reconnaît tous les genres, nous permet d'avoir un line-up dynamique et de toucher largement les distributeurs partout dans le monde, que ce soit des indépendants ou des studios.

Combien de titres représentez-vous chaque année ? Combien en avez-vous dans votre catalogue ?
Le nombre de titres dont nous nous occupons varie chaque année, mais généralement on en a autour de 12 à 15. Nous gérons un catalogue de 50 titres, que nous essayons toujours d’enrichir davantage, en ajoutant des films de talents avec lesquels nous avons déjà travaillé, ou en reprenant des classiques importants dans l'histoire du cinéma qui ont été restaurés.

Investissez-vous dans les films dès le stade de la production, ou aidez-vous à les financer ?
Nous pouvons travailler sur les projets à différents stades, cela varie selon les besoins spécifiques de chaque film. Pour la majorité des films que nous représentons, nous nous impliquons très tôt et essayons de donner de l’élan dès le financement, avec un investissement en minimum garanti et des pré-ventes, en premier lieu, mais aussi en structurant des coproductions et en trouvant de l'argent et du capital-risque pour qu'ils puissent démarrer.

Nous avons aussi élargi notre branche production en dehors du Royaume-Uni et de la France et avons actuellement un certain nombre de projets en cours de production. Une de nos dernières productions, The Lesson, avec Richard E. Grant, Julie Delpy et Darryl McCormack, sera projetée à Tribeca en juin.

Comment votre travail a-t-il changé ces deux dernières années ?
Si on parle de l’impact du Covid, il a changé oui et non. Nous avons eu assez de chance pour nous adapter très vite aux nouveaux défis posés par la pandémie. Nous avons été la première société, par exemple, à organiser des premières marché numériques pour les buyers, dès mars 2020, avec des centaines de buyers qui se connectaient simultanément des quatre coins du monde. Dans ce sens, les affaires ont pu continuer comme d’habitude. Nous avons adapté notre stratégie de vente, en combinant de la distribution avant tout en salle dans les territoires où les cinémas pouvaient ouvrir et une collaboration avec les studios et plateformes pour le reste du monde – par exemple dans le cas de films comme Relic de Natalie Erika James, qui a fini par devenir un des films d'horreur indépendants les plus populaires au box-office états-unien en 2020.

Comment le rôle des vendeurs évolue-t-il en Europe ?
En tant que membre du conseil d'Europa International, je peux dire que nous sommes confrontés à de nombreux nouveaux défis, un problème clef étant le fait que le rôle et la portée du travail des vendeurs continuent d’être mal compris, et de fait ne sont pas toujours soutenus de manière adéquate par nos institutions, au niveau européen. Les forces comme les faiblesses de notre profession résident dans l'ampleur de nos activités, la diversité des sociétés existantes et le périmètre très large de ce qu'elles peuvent proposer. D'autant plus que les vendeurs qui font aussi du financement et de la production sont de plus en plus nombreux, de sorte que les frontières deviennent floues. La collaboration et la communication entre les agences de ventes internationales sont très importantes. Le travail d'Europa International est capital à cet égard, pour s'assurer que nous sommes entendus et que personne n'est laissé à la traîne. Film Constellation continue de s’adapter aux fluctuations du marché et à ses nouveaux développements, mais notre objectif reste le même : être un partenaire "feu vert" pour les producteurs, qui permette aux projets de se concrétiser et de toucher le plus vaste public possible au niveau international.

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(Traduit de l'anglais)

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