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“Le travail de notre équipe est très similaire à celui d'une agence de ventes internationales : chacun est responsable de territoires spécifiques”

Dossier industrie: Distribution, exploitation et streaming

Fanny Gavelle • Distributrice, The Festival Agency

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La directrice de la société française nous a parlé de son travail sur le circuit des festivals et de sa collaboration étroite avec les vendeurs, producteurs et exploitants

Fanny Gavelle • Distributrice, The Festival Agency

La société The Festival Agency (TFA), fondée à Paris en 2009 par Leslie Vuchot, s’est taillé une place toute particulière au sein de l’écosystème international du cinéma, en se spécialisant dans la stratégie festivals et les formes de circulation alternative dans les salles. En étroite collaboration avec les vendeurs, les producteurs et les exploitants, la société aide à prolonger la carrière des films dans le circuit des festivals tout en créant des opportunités de séances spéciales dans les cinémas. Parmi ses clients figurent de grands acteurs des ventes internationales, comme HanWay Films, StudioCanal,Pathé International, Wild Bunch, XYZ Films, Film Constellation ou encore Altitude Films.

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Dans le cadre de notre rubrique "Distributeur du mois" pour mars 2026, Cineuropa a discuté avec Fanny Gavelle, qui travaille au sein de TFA depuis plus de six ans et dirige l'agence depuis 2025. Nous avons évoqué le fait que les festivals fonctionnent de plus en plus comme des espaces clefs pour l'exploitation des films, et que les modèles de distribution alternatifs sont en train de donner une nouvelle forme à la circulation des films indépendants.

Cineuropa: Comment est née votre société et comment votre mission a-t-elle évolué ? Pouvez-vous revenir sur votre choix de vous concentrer sur les festivals et les circuits de distribution alternatifs ?
Fanny Gavelle :
TFA a été fondée il y a 16 ans par Leslie Vuchot. Comme elle venait de l'univers des ventes internationales (au sein de Focus Features et HanWay Films), elle a su identifier un vrai manque sur le marché. Comme les vendeurs se concentrent sur le lancement des films dans les salles et la signature des contrats avec les distributeurs, beaucoup n’avaient pas la capacité de soutenir pleinement la vie des films dans les festivals sur les 12 à 18 mois suivant leur première mondiale.

TFA a d’abord été créée pour combler ce manque, en collaborant étroitement avec les agents de ventes afin de mettre au point et appliquer des stratégies festivals permettant aux films de continuer à voyager et à aller vers leur public. Avec le temps, cette expertise est devenue précieuse pour les producteurs également. Nous avons naturellement commencé à les aider à planifier le parcours de leurs films et à les lancer directement.

À travers ces collaborations, nous avons également tissé des liens solides non seulement avec les festivals, mais aussi avec les salles. À mesure que le concept de cinéma événementiel s’est développé, nous avons commencé à travailler directement avec les cinémas pour organiser des projections sur mesure. Aujourd’hui, cette approche s’est muée en une forme de distribution alternative, qui aide les films à aller à la rencontre des spectateurs au-delà des modèles de sortie traditionnels. Pour nous, la mission a toujours été la même : amener les films dans les salles, car c’est là que le cinéma a véritablement sa place.

Sur quels titres avez-vous travaillé récemment ?
En 2025, nous avons travaillé sur un éventail de films très variés. Pour n’en citer que quelques-uns, nous nous sommes occupés de Dragonfly de Paul Andrew Williams, qui a fait sa première à Tribeca (où il a remporté le prix de la meilleure interprétation) et dont l’agent de ventes est AMP Entertainment, de Coutures d’Alice Winocour, qui a fait sa première mondiale à Toronto et dont les ventes sont assurées par HanWay Films, du documentaire sur Marianne Faithfull Broken English, de Jane Pollard et Iain Forsyth, dévoilé à Venise et vendu par Global Constellation, et du film Les Enfants vont bien de Nathan Ambrosioni, présenté à Karlovy Vary et vendu par StudioCanal. Nous avons également travaillé sur la reprise, pour son 50e anniversaire, de Pique-nique à Hanging Rock de Peter Weir, preuve que les classiques peuvent encore donner lieu à de grands moments de cinéma en salle.

Combien de titres gérez-vous chaque année ?
Nous pilotons les campagnes festivals d’environ 50 films par an. Une quarantaine de ces titres proviennent de relations de long terme avec certains vendeurs et une dizaine sont des films que nous accompagnons directement pour des producteurs. Notre line-up réunit des œuvres venues du monde entier ; nous avons récemment pris sous notre aile des projets du Kenya et d’Argentine, même s'il est vrai qu'une grande partie de nos partenaires sont français ou britanniques. Nous nous consacrons exclusivement aux longs-métrages (fictions et documentaires) et nous accompagnons souvent des titres de genre de qualité, en collaboration avec des vendeurs comme XYZ Films.

Comment l’équipe est-elle organisée ?
Notre équipe fonctionne un peu comme une société de ventes internationales, chaque membre étant responsable de territoires spécifiques. Ça nous permet de mieux connaître les festivals locaux, et les salles. Nous avons aussi une personne dédiée au circuit institutionnel français. La plupart des films français que nous représentons bénéficient de ce réseau très structuré et bien financé, qui les aide à toucher non seulement la diaspora française à l’étranger, mais aussi le public international.

Pouvez-vous nous parler d’une campagne récente que vous considérez comme particulièrement réussie ?
Le drame social avec une touche sanglante Dragonfly est un bon exemple, parmi nos titres récents. Le film a fait sa première à Tribeca, où Andrea Riseborough et Brenda Blethyn ont remporté conjointement le prix de la meilleure interprétation. Le film a ensuite fait sa première européenne à Karlovy Vary.

La première britannique de ce titre, particulièrement importante, a eu lieu dans le cadre du Festival international du film d'Édimbourg. Dragonfly a ensuite continué de voyager dans de nombreux festivals, notamment le Galway Film Fleadh (où il a remporté le prix du meilleur film international), le Festival du film britannique et irlandais de Dinard (où il a été élu meilleur film), le Festival du Caire (où il a également gagné le prix du meilleur film), Göteborg, Hambourg, Séville... Dans certains territoires, l'élan donné au film par tous les trophées remportés a ouvert la porte à des projections supplémentaires. En France, par exemple, le prix gagné à Dinard a aidé le film à prolonger sa carrière dans des festivals plus régionaux, partout dans le pays.

Comment le rôle des festivals évolue-t-il au sein de l’écosystème de l’industrie et quelle place la distribution alternative occupe-t-elle dans ce contexte ?
Les festivals ont toujours joué un rôle clef dans le lancement des films et des carrières des cinéastes, et ils demeurent un espace où les cinéastes peuvent dialoguer directement avec le public. Aujourd’hui, la distribution des films indépendants est de plus en plus complexe, et les festivals deviennent la principale fenêtre salles pour les films, en dehors de leur pays de production. Nous voyons même certains festivals se développer en créant des versions hors-les-murs de leurs événements, ce qui permet aux films de circuler dans plusieurs villes. Certains proposent aussi des titres sur les plateformes de streaming tout au long de l’année.

La distribution en salle alternative permet de prolonger cette exposition dans des territoires où des ventes traditionnelles ne sont pas forcément possibles. Elle offre aux films la possibilité d’atteindre les spectateurs via des événements soigneusement conçus et des séances spéciales. Pour nous, chez TFA, le cœur de notre mission, c’est la salle. C’est là que les films prennent véritablement vie et que les spectateurs les découvrent ensemble, collectivement.

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(Traduit de l'anglais)

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