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Séries Mania 2024 - Séries Mania Forum

Dossier industrie: Produire - Coproduire...

Rematch, une série sortie des sentiers battus

par 

Unité, Arte et Federation racontent à Séries Mania Forum le parcours étonnant d’un projet international géré localement

Rematch, une série sortie des sentiers battus
La série Rematch

Depuis des années, les plateformes jouent la carte du "Glocal". Et si un diffuseur local pouvait sortir des sentiers battus et localiser une série dans une autre région ? Et si, grâce à une excellente combinaison de préventes dans le monde entier, le créateur pouvait développer sa vision sans avoir à gérer les multiples retours et notes de nombreuses parties prenantes ? C’est ce qu’a mené à bien l’équipe à l’origine de la série Rematch, dévoilée hier en compétition internationale au Festival Séries Mania, et qui porte à l’écran le duel d’échecs emblématique entre Gary Kasparov et Deep Blue. L’occasion pour son producteur et co-créateur Bruno Nahon (Unité) de raconter cette aventure de production à l’occasion d’une passionnante conférence à Séries Mania Forum, entouré d’Adrienne Frejacques (Arte France), Lionel Uzan (Federation Studios) et Yan England (co-créateur, co-auteur et réalisateur canadien de la série).

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"J’avais 23 ans et j’étais à l’université quand le match revanche entre Kasparov et Deep Blue a eu lieu" se souvient Bruno Nahon. "C’était le début d’Internet et je me rappelle que l’événement m’avait marqué comme un moment important pour la civilisation. J’ai gardé cela en tête, puis je suis devenu producteur, de documentaires d’abord, puis de fictions et ensuite de séries. Mais j’avais toujours cette idée et il y a dix ans, il n’y avait ni débat sur l’intelligence artificielle ni Jeu de la dame (The Queen’s Gambit). D’ailleurs, en général, mes idées ne sont jamais "mainstream ", mais plutôt sous le radar. Mais comment pouvais-je penser une seconde que je pourrais produire le projet américain qu’impliquait cette histoire ? Il n’y avait d’ailleurs personne pour écrire cette histoire en France. C’est là que l’agent Céline Kamina a joué un rôle décisif en me faisant rencontrer, sans intention vraiment précise, Yan England. J’ai vu ses courts et son longs et le Québec a cette particularité d’avoir d’une certaine manière un pied en Europe et un autre aux États-Unis. C’était aussi l’époque de la nouvelle vague québécoise avec Denis Villeneuve, Jean-Marc Vallée, Xavier Dolan… Avec Yan, nous avons discuté de sport et par hasard, il m’a dit qu’il jouait aux échecs après le tennis. Je lui ai alors parlé de cette idée impossible et nous avons commencé à travailler en nous disant que ce serait un film. Mais quand il est revenu avec un traitement co-écrit avec André Gullini, c’était tellement dense, il y avait tant d’histoires cachées que je me suis dit que cela devait être une série."

"Nous avions déjà travaillé avec Bruno Nahon sur des séries (Ainsi soient-ils, Mytho) a expliqué Adrienne Frejacques. "Le sujet était fort, les producteurs et les auteurs de qualité, et la question de la langue n’était pas un problème car nous sommes souples sur ce point. En revanche, nous avions des interrogations sur l’aspect dramatique : les échecs allaient-ils intéresser ou ennuyer notre public ? Et quel degré de vérité pouvait-on avoir par rapport à la personnalité de Kasparov et par rapport à IBM ? C’était il y a cinq ans."

"Il faut suivre ces idées, même si elles impliquent un autre pays" insiste Bruno Nahon. "Les États-Unis n’ont pas de problème à le faire, avec une série comme Chernobyl par exemple, et ils n’ont pas de problème de légitimité. En Europe, on doit pouvoir aussi sortir de notre champ et on peut le faire. Mais c’est dur à financer. Dans le cas de Rematch, la clé a été Federation. Arte nous avait donné entre 50% et 66% du budget pour une série qui devait coûter 9 millions d’euros. Mais comme elle était en anglais, nous ne pouvions pas bénéficie du soutien du CNC, ni du crédit d’impôt. Il a fallu un an pour compléter le financement."

"Nous avions déjà travaillé avec Bruno et avec succès sur deux séries" a précisé Lionel Uzan. "J’ai lu le traitement et j’ai pensé que c’était impossible, mais c’était fun. Quand Arte s’est engagé, c’est passé à un autre stade et six mois plus tard, il y avait un scénario. Nous avons commencé par ce qui était sans doute une erreur stratégique en essayant de pré-vendre aux Etats-Unis. Cela nous a entrainé dans des castings, etc., mais cela a été un échec. Cependant, quelqu’un chez HBO adorait le projet et l’a passé à l’équipe européenne qui s’est révélée intéressée et qui nous fait une offre cinq mois plus tard. Juste après, nous avons eu la même conversation avec Disney et ils se sont engagés aussi.

"Et il ne faut pas oublier la société de production hongroise Proton Cinema, de vrais indépendants comme Unité. Grâce aux préventes, nous avons pu garder la main sur la vision artistique du projet. Car en multipliant les coproductions, on risque de perdre petit à petit la vision et la cohérence d’un projet" a complété Bruno Nahon.

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