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Industrie / Marché - France

Dossier industrie: Produire - Coproduire...

290 longs métrages produits par la France en 2025

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La production cinématographique hexagonale recule moins que prévu, mais la moindre implication de Canal+ n’est pas compensée par un apport des streamers qui plafonne

290 longs métrages produits par la France en 2025
Les Rayons et les Ombres de Xavier Giannoli

Alors qu’était attendue une annus orribilis et une baisse très substantielle (on évoquait en coulisses jusqu’à -25%) de la production cinématographique française à cause du net recul des engagements de Canal+ (lire l’article) seulement partiellement compensé sur le papier par le regain d’implication de Disney+ (news), le bilan annuel dévoilé par le CNC est une bonne surprise relative. En effet, il ne révèle qu’un léger repli avec 290 longs métrages agréés en 2025 (19 de moins que l’année record précédente, soit une baisse de 6,1%) pour 1,37 Md€ d’investissements (en recul de 4,8 % avec 1,08 Md€ français et 294,3 M€ étrangers). L’explication ? La régression sera probablement lissée sur deux années en raison de la mise en œuvre progressive du nouvel accord avec Canal+.

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Parmi les points saillants de cette radiographie 2025 figurent la contraction du nombre de films 100 % français (153 contre 179 en 2024, soit -14,5%), un record de films d’animation (16), une stabilité du nombre de films réalisés par des femmes (25,9% de la production d’initiative française) et une hausse des coproductions internationales à 137 longs métrages (sept de plus que l’année précédente) dont 76 majoritaires françaises (un niveau au plus haut depuis 2015) et 62 minoritaires (16 de moins) avec 41 pays.

Les investissements dans ces coproductions internationales ont fortement progressé à 603,85 M€. L’an dernier, les principaux partenaires internationaux du cinéma hexagonal ont été la Belgique (38 FIF - Films d’Initiative Française - et 6 coproductions minoritaires), l'Italie (9 et 12), l’Allemagne (5 et 13), l’Espagne (6 et 8), le Luxembourg (10 et 1), le Portugal (3 et 7), le Canada (4 majoritaires), la Grèce (1 et 3), la Suisse (3 majoritaires) et les Pays-Bas (1 et 1).

À noter également que la part des premiers et seconds longs dans la production d’initiative française est la plus basse depuis le début du suivi statistique en 1994. Elle s’élève néanmoins encore à 44,3 %, ce qui garantit un renouvellement soutenu des talents, mais la baisse très sensible surtout des seconds longs métrages (34 contre 48 en 2024) est une tendance à surveiller de près.

Du côté du financement, 1,11 Md€ a été investi dans les 228 FIF avec un devis moyen qui repart à la baisse à 4,89 M€. Un recul provoqué par celui du nombre de films d’un budget supérieur à 20 M€ (4 en 2025 contre 8 en 2024). Les œuvres les mieux dotées l’an dernier ont été Les Rayons et les Ombres [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Xavier Giannoli
fiche film
]
de Xavier Giannoli (31,1 M€), Karma de Guillaume Canet (24 M€) et Changer l’eau des fleurs de Jean-Pierre Jeunet (21,3 M€). À signaler que la tranche de devis entre 7 et 10 M€ est encore à la hausse (32 FIF contre 23 en 2024) et que celle dite du "cinéma du milieu" (budget entre 4 et 7 M€) poursuit son reflux (34 FIF en 2025 contre 39 en 2024 et 57 en 2023).

Le détail des sources de financement des FIF en 2025 souligne un recul des investissements des diffuseurs (362,85 M€, à - 11,8 % par rapport au record 2024) qui couvrent 32,5 % des budgets. La part des mandats (distribution salles, édition vidéo, ventes internationales) poursuit son embellie à 140,71 M€ (+15,4%) et représente 13,1 % des devis. Le reste du financement des FIF est issu des producteurs eux-mêmes qui couvrent 37,4 % des budgets (une part qui diminue ultérieurement après récupération du crédit d’impôt), des apports étrangers (7,6 %, en forte progression), des soutiens publics (6,7 % via les aides automatiques – en nette baisse de 33,3% à cause du recul des entrées en salles - et sélectives du CNC, et celles des collectivités territoriales), et des Sofica (3,2 %).

Au classement des diffuseurs, le groupe Canal+ reste, en dépit de ses engagements en nette baisse, le 1er financeur du cinéma français avec 159,54 M€ (contre 185,39 M€ l’année précédente) en préachat (136,92 M€ pour la chaîne Canal+ et 22,5 M€ pour Ciné+ OCS) dans 130 films (dont 121 FIF), soit 23 de moins qu’en 2024.

Du côté des chaînes gratuites, le groupe public France Télévisions a investi 60,24 M€ (en léger recul de 2,2%) dans 64 films, le groupe TF1 pointe à 36,88 M€ d’investissement pour 20 films (tous des FIF), le groupe M6 à 23,6 M€ pour 14 FIF, et Arte France à 10,09 M€ pour 25 films (dont 15 FIF).

Du côté des plateformes (les services de vidéo à la demande par abonnement), si le nombre de films sur lesquels elles s’engagent continue à augmenter (55 films contre 45 en 2024), leurs investissements plafonnent à 76,15 M€ (-0,3%). La raison ? Netflix aurait changé de stratégie, s’engageant dans un nombre quasi équivalent de films (25 contre 27 l’année précédente), mais resserrant les cordons de la bourse à 39,95 M€ (un montant en baisse de 35,1%). Disney+ monte logiquement en régime (dans la lignée de son accord avec le cinéma français) avec 28,4 M€ (à +288,8 %) dans 24 films (contre 10 l’année précédentes). Prime Video réduit ses investissements pour la seconde année consécutive à 5,6 M€ pour 7 films, HBO Max a investi l’an dernier dans trois FIF pour un montant total de 2,1 M€ et Paramount+ entre dans la danse avec 4 préachats pour 1,2 M€.

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