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Industrie / Marché - France

Dossier industrie: Distribution, exploitation et streaming

Une nouvelle chronologie des médias en France

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La révision des fenêtres d’exploitation des films voit Canal+ avancer à six mois après la salle, les streamers à 15 ou 17 mois et les chaînes en clair à 22 mois

Une nouvelle chronologie des médias en France
(© EP/Parlément européen)

L’accouchement n’a pas été facile, les intérêts des uns n’étant pas forcément ceux des autres mais le destin de tous étant inextricablement lié (lire l’article) à travers un modèle de (pré)financement sophistiqué du cinéma. Mais à l’issue de longues tractations, la pression de la deadline a permis la signature d’une nouvelle chronologie des médias (l’organisation réglementaire de la mise à disposition des films sur les différents supports de diffusion) en France, pour les trois années à venir.

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Le résultat, loin d’être révolutionnaire, entérine néanmoins une nette évolution pour les streamers SvàD, précédemment cantonnés à trois ans après la sortie salles, et qui voient leur fenêtre avancer à 15 mois après en cas d’accord avec les organisations représentatives du cinéma français (ce qui est seulement le cas de Netflix pour l’instant, ni Amazon ni Disney n’ayant signé la nouvelle chronologie) ou à 17 mois sans accord. Une évolution qui boucle l’intégration (lire la news) des services de médias audiovisuels (SMAD) initiée par la directive européenne conçue afin de réguler l’activité des plateformes SvàD et les faire participer au financement de la création.

La chronologie des médias française reste néanmoins marquée par la place fondamentale dédiée à la salle de cinéma qui conserve quatre mois d’exclusivité (avec toujours une possibilité de dérogation à trois mois pour les films n’ayant pas cumulé plus de 100 000 entrées au terme de leur 4e semaine d’exploitation) avant que ne démarre la possibilité de sortie en vidéo physique et en VàD.

Le second pilier du système français, Canal+, voit sa prééminence renforcée, puisque sa fenêtre avance à six mois après la salle (soit un gain de deux mois par rapport à la situation antérieure) et que son accord signé en décembre dernier avec le cinéma français (lire l’article) lui octroie désormais neuf mois d’exclusivité. A noter que sans accord spécifique, la première fenêtre pour la TV payante débute neuf mois après la salle. Cependant, il faut également signaler la possibilité offerte aux streamers de grimper à six mois après la sortie salle (soit au niveau de Canal+), mais à des conditions si spécifiques (respecter le décret Smad avec une contribution d’au moins 30% du chiffre d’affaires dans l’audiovisuel et le cinéma, dont au moins 30% pour le cinéma, et signer un accord avec les organisations représentatives du cinéma français) que peu d’observateurs estiment à priori qu’ils s’en saisiront.

Pour le reste, nourrie de très nombreux détails techniques, la nouvelle chronologie régule aussi les délais notamment pour la TV en clair qui pourra diffuser les films à partir de 22 mois après la salle, voire à 19 mois si les œuvres n’ont pas été acquises par les Smad ou en 2e fenêtre par les TV payantes. A signaler également sur ce volet, que pour les œuvres à plus de 5M€ de budget, les TV en clair auront au moins un mois d’exclusivité (les films ne pourront pas être disponibles en même temps sur les plateformes).

Adaptation du système français dans un environnement marqué par la croissance rapide des plateformes et la nécessité de trouver un point de convergence entre disponibilité accrue des œuvres, maintien d’une architecture de financement des films optimisant la valeur pour les différents diffuseurs, encouragement des accords passés avec les organisations représentatives du cinéma français (ce qui garantit la diversité de la création) et maintien des équilibres entre opérateurs historiques et nouveaux entrants : cette chronologie new look n’est sans doute qu’une simple étape destinée à être renégociée relativement rapidement (la SACD a ainsi refusé de signer) en raison des mutations accélérés du secteur, certains professionnels visant l’exclusivité (à leurs yeux trop longue) de la salle, tandis que d’autres craignent que les possibilités ouvertes de co-exploitation entre plateformes et TV en clair ne se fassent au détriment de l’exposition des films non achetés par les TV payantes. Affaire(s) à suivre…

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