email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

Industrie / Marché - Europe

Dossier industrie: Distribution, exploitation et streaming

EDMentorShe, deuxième année

par 

Le programme de mentorat destiné aux professionnelles de la distribution imaginé par Europa Distribution a clôturé sa deuxième édition à Bruxelles

EDMentorShe, deuxième année

Après avoir lancé en plein Covid une première édition très prometteuse de son programme EDMentorShe (lire l’article), Europa Distribution, le réseau européen des éditeur·ices et distributeur·ices de films indépendant·es, organisait la semaine dernière à Bruxelles la session finale de sa deuxième édition. L’occasion pour ses participantes de se rencontrer en chair et en os, après 3 mois de fructueuses discussions et interrogations en ligne.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Six duos étaient ainsi réunis pour cette session finale, offrant un panorama riche et diversifié du domaine de la distribution en Europe. Greta Akcijonaite, CEO de sa société Greta Garbo Films (Lituanie) accompagnait Marta Marchesi, Responsable commerciale chez Wanted (Italie); Laure Caillol, Responsable des Acquisitions chez Haut et Court (France), accompagnait Safirah Dijskstra, Marketing & PR Manager chez Cinema Delicatessen (Pays-Bas); Sabine Hoffmann, Directrice Générale de Polyfilm (Autriche), accompagnait Machteld Schulte Nordholt, Business Affairs & Marketing chez Cineart (Pays-Bas); Aisté Racaityté, Responsable des Ventes et des Acquisitions chez Kino Pavasaris (Lituanie) accompagnait Sandra Sankat programmatrice chez Bad Unicorn (Roumanie); Käte Schaeffer, Responsable des Acquisitions chez Arsenal Film (Allemagne) accompagnait Beata Mrazikova, Marketing & PR Manager chez Aerofilms (République tchèque); et enfin Carola Stern, Présidente du Conseil de Filmcoopi (Suisse) accompagnait Vanessa Ciszewski, Manager de sa société Luftkind Filmverleih (Allemagne).

EDMentorShe est né quand les animatrices d’Europa Distribution ont constaté que lors de leur conférence annuelle, elles croisaient essentiellement des hommes, alors que le secteur de la distribution cinématographique ne manque pas de femmes. On les trouve en nombre, que ce soit au niveau de la programmation, de la communication, de la presse, des relations commerciales, du marketing, des affaires légales, des festivals. Plus rarement, on les trouve aux acquisitions, et moins encore à la direction ou au management. On estime que près de 70% des 116 sociétés adhérant à Europa Distribution sont dirigées par des hommes. Cela peut en partie s’expliquer par le fait que ces compagnies ont été fondées par des hommes, néanmoins il est peut-être temps de supporter avec force les jeunes femmes qui voudraient monter leur propre structure.

Dans ces conditions, comment envisager la suite ? Cette question de l’évolution de carrière s’est avérée centrale dans les discussions informelles menées par les duos, autant que lors de la session finale de Bruxelles. Si l’horizon semble bouché, les perspectives poussent les professionnelles vers d’autres secteurs, non pas tant par choix ou envie, que par nécessité.

La plupart des jeunes femmes travaillant dans le secteur de la distribution ont un solide background cinéphile, et ont suivi des études cinématographiques, artistiques ou culturelles. Leur point commun, c’est l’amour des films, le plaisir d’en parler, de les découvrir, de suivre des talents. Les acquisitions sont logiquement un objectif de carrière attractif, mais beaucoup se demandent comment faire leurs preuves concernant leur capacité à lire et choisir des projets. Les acquisitions restent une sorte de graal, au coeur des questionnements, mais aussi des échanges entre les mentors et les mentorées.

L’éducation et la formation sont peut-être bien les clés qui pourraient permettre de débloquer pas mal de situations, pour les professionnelles comme pour le public. Les mentorées ont souligné combien ces ateliers et ces formations ont pu leur être utiles à des moments où elles s’interrogeaient sur la façon dont allait évoluer leur carrière. Les mentors ont également appuyé le fait que les formations représentaient un atout aussi bien pour les employeurs que pour les employés. C’est une façon de nourrir la motivation, mais aussi d’améliorer les performances. Cela peut aussi être un boost pour la carrière, amener à une redéfinition du poste, alors que les compétences se diversifient et que l’expérience augmente.

Mais comment connaître sa valeur sur le marché, et pour l’entreprise ? Quels sont les outils pour évaluer son travail et son apport dans la progression de la compagnie ? Quand on travaille dans des secteurs aussi passionnants et passionnels que le cinéma, il peut sembler difficile de faire valoir ses exigences financières, alors que beaucoup considèrent déjà que l’on a de la chance de travailler dans ce secteur. Les ateliers et formations permettent de comprendre que l’on peut être une valeur ajoutée pour la compagnie. Connaître sa propre valeur est toujours une bonne façon de négocier son évolution au sein du système.

L’éducation est également un point crucial en ce qui concerne le public. Alors que les entrées diminuent, surtout suite à la pandémie, il semble plus important que jamais de toucher les jeunes publics. Le circuit des écoles représente une réelle opportunité de trouver un second marché après l’exploration commerciale des films. Certains pays comme la France ou la Belgique ont imaginée des programmes pédagogiques solides qui peuvent être sources d’inspiration, et qui s’adressent aussi bien aux écoles qu’aux corps enseignant. "Enseigner aux enseignants", c’est peut-être là aussi une solution pour faire évoluer les choses. Il ne s’agit pas seulement de fournir des dossiers pédagogiques, mais aussi de susciter leur intérêt sur les aspects légaux, culturels ou éducatifs du recours à l’objet film à l’école.

Au coeur de ces échanges se trouve le partage d’expériences. L’ancienneté des mentors leur permet de partager leurs succès, mais aussi leurs échecs, précieuse source d’apprentissage. Le programme s’avère être une safe place, un endroit sûr où discuter, confier ses doutes et ses hésitations, réfléchir à son plan de carrière, aux stratégies à mettre en place pour continuer à s’épanouir dans le secteur, sans s’y épuiser. Une source d’inspiration aussi, par l’exemple.

Au bout du compte, l’objectif est de créer des réseaux professionnels et informels entre les participantes. Cela peut se faire sous différentes formes, à travers des exercices pratiques comme celui mené par l’un des duos à cannes autour du’n film que leurs deux sociétés convoitaient, à travers des rendez-vous réguliers en ligne qui réunissent les anciennes participantes du programme, ou bien des cocktails informels dans les festivals.

Après le succès des deux premières éditions, Europa Distribution est hautement convaincu que le renforcement d’un solide réseau reliant les femmes travaillant dans le secteur de la distribution cinématographique aidera à réduire l’écart existant encore avec certains de leurs collègues masculins. La troisième édition de EDMentorShe vient d’ores et déjà d’être lancée, et les échanges commenceront en septembre prochain.

En collaboration avec

 

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy