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Sunny Side of the Doc 2023

Dossier industrie: Tendance du marché

Le CNC décrypte le marché du documentaire en 2022

par 

Production, financement, diffusion en France et à l’international : le centre français a dévoilé au Sunny Side of The Doc son bilan annuel du genre documentaire

Le CNC décrypte le marché du documentaire en 2022
Le rappeur Orelsan dans sa mini-série Montre jamais ça à personne, 3e meilleure audience des documentaires en SVOD en France en 2022 pour le public des 15 ans et plus

Amanda Borghino (directrice adjointe de l’audiovisuel), Cécile Lacoue (directrice des études et de la prospective) et Anne d’Autume (chef de service au soutien du documentaire) : le CNC s’est emparé de la scène de l’Auditorium de l’Espace Encan à La Rochelle pour présenter, à l’occasion du 34e Sunny Side of the Doc, le marché international du documentaire, son traditionnel bilan annuel du genre.

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Parmi les principales données se distingue un recul de 10,7 % de la production aidée en 2022 à 1669 heures, une tendance baissière observée depuis 2017. Cependant, la diminution des devis est moins forte (-7,3 % à 341,3 M€ au total) et le coût horaire à son plus haut niveau à 204 500 euros. À noter également que le documentaire est le premier genre aidé par le CNC qui soutient 41,7 % des heures produites et couvre 19,2% des devis.

Le détail du financement de la production documentaire française voit les diffuseurs couvrir 44,7 % des devis avec 152,7 M€. Les deux principaux financeurs restent France Télévisions et Arte France avec respectivement 71,6 M€ pour 755 heures et 32,4 M€ pour 234 heures mais leurs investissements ont diminué d’environ 15% l’an dernier. Les engagements des chaînes privées sont en revanche repartis à la hausse avec Canal+ (19,5 M€), M6 (10,2 M€) et TF1 (6 M€). Quant aux services en ligne, leurs investissements progressent également (7,7 M€ en 2022 contre 4,4 M € en 2021) même si cela ne représente encore que 5 % des apports des diffuseurs. À signaler enfin sur ce volet financement que les apports étrangers augmentent (7,4% des devis) mais qu’ils se concentrent sur une partie seulement de la production française (moins d’un quart des heures aidées en bénéficient) alors que les producteurs couvrent eux-mêmes 16,7% des devis.

En termes de thématiques, la production hexagonale est archi-dominée par les documentaires de Société qui représentent la moitié de la production aidée (838 heures) avec Arte comme 1er commanditaire sur le genre en 2022 (71 heures) devant France 5 (70 heures). Suivent les documentaires sur l’Histoire et sur les Arts : les trois thématiques les plus représentées au sein de la production aidée. À relever néanmoins la nette progression depuis 10 ans des documentaires sur la Science (85 heures).

Très observée car Eldorado des producteurs souhaitant travailler avec les streamers (une ruée vers l’or limitée par le volume des commandes) et terrain de concurrence sur lesquels les diffuseurs traditionnels tentent aussi d’opérer, la part des séries documentaires est en légère hausse à 11,4% des œuvres (162 séries en 2022). Cependant, l’unitaire demeure de très loin le format prédominant dans la production audiovisuelle française à 88,6% (1 253 documentaires unitaires en 2022). En termes de financements, les séries documentaires se distinguent par un surcoût : 241 500 euros horaire (+ 12,8 % en 2022 par rapport à 2021) contre 191 700 euros horaire pour les unitaires (+0,8 % l’an dernier).

En ce qui concerne la diffusion, le documentaire représente 18 % de l’offre de programmes des chaînes françaises pour 10 % de la consommation. Le documentaire de création qui fait l’objet de toutes les attentions (lire l’interview de Hervé Rony, le directeur général de la Scam) compte pour 35,9 % de l’offre totale du genre documentaire et 10 397 heures diffusées sur les chaînes nationales (avec Arte et France 5 en fers de lance à 68 % de cette offre à eux seuls).

Du côté des plateformes, le volume de documentaires français disponibles a été multiplié par trois depuis 2018 et des plateformes hexagonales spécialisées se sont développées (Capuseen, Spicee, Tënk, etc.) Sur ce territoire de diffusion, la préférence des utilisateurs va aux séries documentaires qui représentent 70 % de la consommation de documentaires et le podium des catalogues de documentaires les plus larges est occupé par Netflix (1240 titres), Prime Video (601 titres) et MyCanal (472 titres). Quant aux meilleures audiences documentaires en SVOD en 2022 pour le public des 15 ans et plus, elles englobent Harry & Meghan, L’arnaqueur de Tinder et la production française Orelsan: Montre jamais ça à personne.

Enfin, pour l’exportation des documentaires français (avec des statistiques sur 2021 donc à décrypter avec le filtre pandémique, notamment les retards de livraison), les ventes internationales ont baissé de 20,1 % à 36,8 M€ par rapport à l’année record 2020. L’Europe reste le client principal (47,9 % en moyenne des ventes de documentaires français entre 2012 et 2021) avec l’Allemagne et la Belgique en tête de file, le premier territoire extra-européen acheteur étant les Etats-Unis et le Japon pointant à la 7e place. À signaler également la montée en puissance du genre documentaire par les plateformes (près de 20 % des ventes 2021 à 7,2 M€), surtout les thématiques (comme Curiosity Stream), car les plateformes mondiales (Netflix, Disney+) restent plus difficiles d’accès pour les documentaires français.

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