email print share on Facebook share on Twitter share on LinkedIn share on reddit pin on Pinterest

France / Europe

Sabine Chemaly • Directrice commerciale distribution internationale, Newen Connect - TF1 Studio

“Quand le secteur des ventes est apparu, il y a environ 30 ans, c’était beaucoup des sociétés françaises qui s’occupaient de titres français”

par 

- Entretien sur les stratégies marché déployées par la branche ventes internationales du géant français

Sabine Chemaly • Directrice commerciale distribution internationale, Newen Connect - TF1 Studio

Nous avons rencontré Sabine Chemaly, Directrice/Responsable des ventes internationales chez Newen Connect - TF1 Studio. Pendant l’interview, elle a détaillé la manière dont son travail a changé ces dernières années, souligné combien un choix soigneux des titres représentés est la clef pour avoir plus d'impact sur les marchés mondiaux et décrit l'évolution de la politique éditoriale de sa société.

Cineuropa : Pourriez-vous décrire pour nous votre politique éditoriale ?
Sabine Chemaly : Nous appartenons à TF1, un des médias grand public les plus importants d'Europe. Naturellement, nous choisissons beaucoup de comédies, mais nous ne nous contentons pas de représenter des films TF1. Nous avons une politique éditoriale plus diversifiée que celle de TF1, mais l'accent est fortement placé sur les récits inspirants. Nous prenons rarement des films dramatiques. Il y a toujours un message positif dans nos titres. Chaque année, la moitié de notre line-up environ est constituée de films en français, plus un ou deux titres en anglais et des films non-nationaux, d'Italie et du reste de l'Europe. Récemment, notre société a été absorbée dans le groupe Newen Studios, qui est une filiale de TF1. C’est avant tout une société de production mais à présent, les activités de distribution acquièrent une place significative dans tous les champs de l'audiovisuel avec Newen Connect. Nous représentons la partie cinéma.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
sunnysideofthedoc_register_2024_innerMai

Combien êtes-vous ?
Nous avons différents départements couvrant tous les champs de la distribution, mais côté cinéma, il y a trois "managers pays" plus moi. J’aime bien les appeler "managers pays", car je ne considère pas que nous sommes simplement des vendeurs. Nous avons une approche spécifique quant à l'exposition de nos films au marché. Nous voulons les accompagner de notre lancement à nous aux lancements par les distributeurs locaux. Les managers pays veillent sur tous les aspects de la chose, y compris les ventes salles et la sortie des films. S'ils ne trouvent pas de distributeur pour tous les droits, ils cherchent d’autres options pour que le film soit visible, ce qui comprend les plateformes et la télévision linéaire. Ce type de travail leur donne une vue générale à 360° du marché.

Quelle est la taille de votre catalogue ?
Nous avons un catalogue d’environ 800 titres, les plus anciens remontant au début des années 1930.

De combien de titres par an vous occupez-vous ?
Nous nous occupons de 10 à 15 nouveaux titres par an, dont 8 à 10 sont des nouveaux films.

Est-ce que vous investissez dans les films dès le stade de la production ? Aidez-vous à les financer ?
Absolument. Ça fait partie de notre modèle commercial. Nous nous impliquons aussi tôt que possible, dès qu'il y a un scénario, parfois même au stade du développement.

Est-ce que cela arrive souvent ?
Dans 90 % des cas, je dirais. C’est très rare que nous prenions des films déjà terminés – je ne me souviens même pas de la dernière fois que nous l’avons fait.

Comment votre travail a-t-il évolué au fil des ans ?
J’aimerais faire valoir le fait que les vendeurs sont la pierre angulaire de la circulation des films. S'agissant du marché international, nous sommes les premiers à évaluer si un film a le potentiel de voyager ou pas. Ce qui est assez intéressant à noter, c'est que la plupart des vendeurs, nous compris, représentent des films non-nationaux. Notre champ d’action s’est élargi. Quand le métier a commencé d'exister, il y a environ 30 ans, on avait surtout des sociétés françaises qui représentaient des films français, les Italiens géraient des films italiens, etc. Maintenant, si vous regardez nos line-ups, nous avons des films du monde entier, particulièrement d'Europe. De fait, une sélection ciblée des films qu'on prend en main est très importante. En France, par exemple, 250 à 300 titres par an sont produits, mais parmi eux, il n'y en a même pas la moitié qui ont le potentiel de s'exporter. Donc le rôle des vendeurs est vraiment essentiel. Ensuite, vous avez les distributeurs locaux, qui s’occupent de l'étape suivante de la sélection ciblée des titres et choisissent ceux qui conviennent à leur marché. Il est intéressant aussi de voir comme certains types de films voyagent très facilement dans certaines régions du monde et pas dans d’autres. Dans un monde où on a tellement de choix, il est capital d'être très attentif à la composition de son line-up. […] Depuis le début de la pandémie, nous contribuons encore plus au financement des films, parce que nos distributeurs ont eux aussi changé leur ADN. La plupart font de la production et ne sont pas de purs distributeurs. Désormais, nous sommes de très bons conseillers pour les producteurs souhaitant trouver des coproducteurs en Europe, ou en dehors de l’Europe, et pour les aider à décider où ils iront tourner ainsi que pour trouver des partenaires. C’est une pratique qui était moins courante avant, et qui est à présent très répandue. Pendant ce temps-là, le marché du cinéma en salle devient de plus en plus difficile et parfois, les distributeurs devenus producteurs préfèrent produire un remake du film que vous pitchez plutôt que l’acheter en tant que produit fini.

C'est le syndrome Perfetti sconosciuti [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
... [le film réalisé par Paolo Genovese en 2016 a eu plus de 20 remakes]
Exactement. Et la même chose s’est produite avec Intouchables [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
. C’est ce qui arrive avec les formats télévisuels. Si quelque chose fonctionne dans un autre pays, on a l’impression qu’on réduit les risques en choisissant de l’"adapter" à son pays. C’est spécialement vrai pour les comédies qui se déploient à partir d'un concept original. […] Cela dit, quand un travail est particulièrement lié à son réalisateur, les remakes n'ont pas vraiment lieu d'être.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Lire aussi

Privacy Policy