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Susanne Bier • Réalisatrice

Fascinée par la fragilité masculine

par 

Susanne Bier • Réalisatrice

Après Open Hearts [+lire aussi :
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, la cinéaste danoise Susanne Bier et son co-scénariste Anders Thomas Jensen nous livrent un nouveau drame poignant, Revenge [+lire aussi :
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, où de nouveau, des personnages masculins sont ébranlés dans leurs convictions et doivent prendre des décisions difficiles. Le film est sorti en fanfare le 26 août, salué par des critiques dithyrambiques dans la presse danoise. Cineuropa s'est entretenu avec Bier.

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Cineuropa : D'où est venue l'idée de votre nouveau film, Revenge?
Susanne Bier : Anders Thomas Jensen et moi discutions du fait que le Danemark est perçu comme une société parfaitement harmonieuse, mais rien n'est jamais parfait dans la vie. Nous avons alors cherché une histoire où des événements imprévisibles auraient des effets tragiques sur les gens et briseraient l'image idyllique de l'endroit. Progressivement, nous avons imaginé l'histoire de deux garçons qui se lient d'amitié, mais dont un devient soudain violent. En général, on croit – ou on veut croire – que les petits garçons sont gentils et aimants, mais dans ce cas, un garçon de douze ans devient sournois, mauvais même, parce qu'il est en colère.

Quel est pour vous le vrai sujet du film ?
Le film se concentre sur le personnage de Mikael Persbrandt, un médecin idéaliste qui fait de l'humanitaire dans un camp de réfugiés, en Afrique. Il veut bien agir, mais les événements remettent ses convictions en cause et on voit jusqu'où cela peut aller. Son histoire est liée à celles des garçons. Ce personnage de médecin est très intéressant et intrigant parce qu'il doit gérer lui-même les blessures de la vie mais continue de rêver à un monde meilleur.

Dans After the Wedding, Mads Mikkelsen était aussi dans le rôle d'un volontaire en mission humanitaire qui se retrouve confronté à des choix difficiles par rapport à sa vie. Vous êtes manifestement attirée par les personnages masculins complexes mis à l'épreuve par le destin et forcés de faire des choix presque héroïques.
Je pense que j'aime simplement les vrais gens, et ce sont les difficultés qu'ils traversent qui les rendent intéressants. Dans le film, Mikael Persbrandt est romantique et idéaliste, mais il est loin d'être parfait. C'est un être humain dans toute sa vulnérabilité, avec ses doutes et ses incertitudes. En tant que réalisatrice, je suis attirée par ce genre de personnalités masculines. Les acteurs ont souvent un côté très féminin, que j'essaie de trouver en eux, comme une cavité secrète, un trésor caché à ramener à la surface.

Aviez-vous Ulrich Thomsen et Mikael Persbrandt en tête en écrivant le scénario avec Jensen?
Quand nous commençons à écrire, nous ne parlons généralement pas des acteurs. Nous préférons nous concentrer entièrement sur le récit et la dramatisation des personnages. À la deuxième ou la troisième version, nous commençons à réfléchir à des noms et quand nous les avons, nous récrivons certaines parties du scénario.

Comment s'est passée cette première collaboration avec Mikael Persbrandt?
C'est un acteur de grand talent, tout en puissance. Il a un côté très animal dont j'ai adoré user en tant que réalisatrice.

Vous avez eu des problèmes avec le gouvernement soudanais en janvier dernier : il a accusé le film d'anti-islamisme et de dépeindre "des conditions qui n'existent pas au Darfour". Quelle a été votre réaction ?
Le film n'a absolument rien à voir avec le Darfour. Il a été tourné en partie au Kenya et l'action se passe quelque part en Afrique, mais pas dans un endroit spécifique. Par ailleurs, l'histoire n'a aucun rapport avec la religion. L'accusation était totalement erronée.

Vous êtes parmi les cinéastes les plus "rentables" de Scandinavie et vos films circulent partout dans le monde. Cette reconnaissance internationale compte-t-elle beaucoup pour vous ?
Oui, c'est très important. Faire des films, pour moi, ce n'est pas faire des petits films d'avant-garde que personne ne verra. J'aime construire un lien avec le public et je pense à lui quand je fais un film.

Vous participez à un nouveau projet de comédie co-écrit avec Jensen et produit par Zentropa, ainsi qu'à un film biographique sur Ingmar Bergman qui sera produit par la chaîne suédoise SVT. Par lequel commencerez-vous ?
Pour l'instant, je promeus Revenge. Je n'ai pas encore bien décidé ce qui viendra ensuite.

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