email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

Line Daugbjerg Christensen • Distributeur, Øst for Paradis

European Distributors Up Next! 2010 - Danemark

par 

Line Daugbjerg Christensen • Distributeur, Øst for Paradis

Øst for Paradis (du titre À l'Est d'Eden, premier film a avoir été projeté), basée à Århus, la deuxième plus grande ville du Danemark, est à la fois un cinéma de quatre salles et une société de distribution qui importe environ quinze films de qualité par an. Cineuropa s'est entretenu avec Line Daugbjerg Christensen, qui a repris les rènes de la maison en 2007, àla suite de son père Ole Bjørn Christensen.

Cineuropa : Dans quelle direction s'est déployée votre énergie depuis votre arrivée et quels ont été les plus gros défis auxquels vous avez dû faire face ?
Line Daugbjerg Christensen : Je pense que la plus grosse gageure pour un cinéma d'art et d'essai est toujours de survivre. Dans notre ville, il y a trois autres grands cinémas et eux aussi luttent pour avoir leur part du marché. Je dois m'assurer que ce soit des films avec un bon potentiel commercial et une valeur artistique certaine qui passent dans notre cinéma. C'est un gros travail !

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Au-delà de ça, je me suis concentrée sur l'adaptation de notre cinéma, qui a trente ans, au nouveau millénaire. Cela signifie d'une part que nous avons un nouveau site Internet et un système de réservation en ligne, avec des listes de mails...etc., et d'autre part que nous devons renouveler la manière dont les gens voient le cinéma en travaillant avec le public, en créant des événements avec des cafés et restaurants du quartier sur des thèmes comme la cuisine et le cinéma, en organisant des séances matinales avec café et croissants, en jouant de la musique au lieu de passer des films le dimanche... En d'autres termes, il nous faut défier les cadres et contenus existants, mais l'opération est un succès ! À présent, beaucoup de gens viennent nous voir quand ils veulent une expérience qui sorte de l'ordinaire.

Côté distribution, quelle est votre politique d'achat et quelle est la place d'Øst for Paradis sur le marché danois ?
Au Danemark, il y a très peu de très gros distributeurs et ceux-là s'occupent principalement de titres grand public (américains et danois). Et puis, il y a quatre petits distributeurs indépendants de films d'art et d'essai, comme Øst for Paradis. Nous achetons environ quinze titres par an.

Quels sont vos derniers grands succès et vos derniers achats ?
Parmi nos achats les plus récents, on peut citer le film grec Dogtooth [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Yorgos Lanthimos
fiche film
]
, le titre roumain Mardi, après Noël [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Radu Muntean
fiche film
]
et le film italien Le quatro volte [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Michelangelo Frammartino
interview : Savina Neirotti
fiche film
]
. Notre dernier gros succès est venu d'un autre titre italien, Caos calmo [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Antonello Grimaldi
interview : Domenico Procacci
fiche film
]
(15 000 entrées), et notre dernier lancement, le film iranien Women Without Men [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
, semble parti pour produire de bons résultats, ainsi que la reprise du classique Il était une fois dans l'Ouest.

Le cinéma pour enfants a une part toute spéciale dans notre travail de distribution. Le film hollandais Winky’s Horse [+lire aussi :
bande-annonce
fiche film
]
, par exemple, a bien marché, avec 14 500 entrées en trois ans. Ce genre de films ont une longue vie dans les clubs pour enfants, les projections scolaires, etc.

Quand vous achetez des films, collaborez-vous avec d'autres distributeurs nordiques qui ont le même genre de profil et de préférences que vous ?
Oui, nous essayons de nous tenir au courant les uns les autres des bons films que nous repérons aux festivals, et parfois nous les achetons ensemble ou nous collaborons sur les sorties DVD, notamment avec ActionFilm et Arthaus en Norvège et Folkets Bio en Suède.

Quel est le schéma typique d'une sortie et d'une campagne pour un film d'art et d'essai au Danemark ?
En général, nous avons trois copies, parfois plus (nous avions par exemple onze copies du film allemand Good Bye Lénine ! [+lire aussi :
bande-annonce
interview : Wolfgang Becker
fiche film
]
), parfois moins. Nous plaçons des publicités dans deux ou trois journaux les deux premières semaines et dans un calendrier gratuit des sorties qui est distribué chaque semaine dans les bars, les cafés et d'autres endroits de la ville. Dans des cas spéciaux, nous mettons des publicités dans des magazines choisis et imprimons des cartes postales distribuées dans les cafés et stations de métro.

Le jour de la sortie, des journaux nationaux publient des critiques des films, qui sortent à Copenhague, Århus et Odense, les trois plus grandes villes danoises. Après trois à quatre semaines, ils vont à Aalborg et dans d'autres villes, mais beaucoup de villes plus petites ne passent les films européens que deux ou trois jours, une semaine au maximum. Nous avons aussi des premières spéciales, avec du vin et des personnalités invitées, ou des séances du matin, avec café et croissants.

Comment est le marché danois pour les films européens en ce moment. Qu'est-ce qui pourrait être fait pour améliorer leur part de marché ?
Il est de plus en plus difficile de montrer des films européens au Danemark, d'avoir un retour sur investissement même pour les films qui sortent en salles et d'avoir des soutiens du Programme MEDIA. Pour avoir un public plus nombreux, il nous faudrait des campagnes marketing plus importantes, mais cela ne sera pas possible sans le soutien du Programme Media ou des systèmes d'aide nationaux.

Est-il très important pour vous de faire partie d'organisations européennes comme Europa Cinémas et Europa Distribution ? Qu'attendez-vous de l'initiative European Distributors Up Next?
Le soutien financier d'Europa Cinémas est très important dans la mesure où il n'est pas évident de gérer un cinéma d'art et d'essai, mais le réseau Europa Distribution est aussi très utile pour l'information que nous recueillons lors des rencontres organisées (sur la conversion au numérique, par exemple). Nous avons de grands espoirs pour le nouveau programme de soutien concernant les films des pays tiers. Il est important de continuer à proposer une grande variété de films et de maintenir une belle diversité culturelle dans les villes danoises.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy