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Bea Cuttat • Distributeur, Look Now!

European Distributors Up Next! 2010 - Suisse

par 

Bea Cuttat • Distributeur, Look Now!

Installée à Zurich depuis 1988, la société de distribution suisse Look Now! s’attache à distribuer une douzaine de films d’art et d’essai par an, documentaires pour la plupart.

Cineuropa: Pour vous, quel est le film idéal?
Bea Cuttat: Le film idéal doit tout d’abord nous plaire totalement et inconditionnellement. Nous souhaitons aussi constamment découvrir des nouveaux réalisateurs, puis les accompagner à long terme. Pour nous, il est très important de chercher et de trouver des films dénotant une écriture personnelle, capables d’époustoufler, d’enthousiasmer et d’accrocher durablement les acheteurs «blindés» que nous sommes. Nous cherchons des films que nous voulons absolument avoir pour notre line-up, qui nous poussent à nous battre pour les acheter.
Pour finir, nous travaillons de longues semaines avec et pour le film à sa sortie, et c’est tout bonnement réjouissant de le trouver toujours formidable à la énième vision et de pouvoir communiquer avec plaisir avec la presse, les diffuseurs et le public !

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LIM Internal

Quelle est votre politique d’acquisition des films ?
Nous essayons de nous informer très tôt des offres des sociétés de vente, afin d’être bien préparés pour les visionnements. Nous cherchons les films «idéals» dont je parlais tout à l’heure, mais il faut pouvoir les payer. Nous devons nous fixer une limite à laquelle il faut se tenir.

Où et comment achetez-vous les films ?
Nous achetons les films étrangers dans les festivals, en priorité à Berlin et à Cannes. Grâce à aux rapports constructifs que nous entretenons avec les sociétés de vente, nous visionnons aussi un certain nombre de films entre les festivals. Nos bonnes relations avec les producteurs et les réalisateurs nous permettent aussi souvent d’avoir la chance de pouvoir acquérir les films assez tôt. Ces dernières années, il est cependant devenu presque impossible d’acheter des films très en amont au seul motif d’une collaboration de plusieurs années avec des réalisateurs : tous les films sont l’objet d’une concurrence. Autrement dit, soit on achète sur scénario pour être sûr d’avoir le film avant les autres collègues – ce que nous ne sommes pas en mesure de faire – soit il faut se battre pour le film, mais vu que nos budgets d’achat sont restreints, quelques-uns de nos «films chéris» nous passent malheureusement sous le nez. Pour les films suisses, les choses se passent toujours entre les producteurs ou les réalisateurs et nous.

Vous heurtez-vous à une forte concurrence pour obtenir des films ?
La concurrence dans le domaine de «l’art et essai» est très vive, particulièrement en Suisse. Elle n’est pas uniquement âpre au stade des acquisitions – ce qui conduit parfois à des manœuvres d’achat risquées – mais aussi plus tard, pour les délais de sortie, dans le combat pour passer dans les meilleurs cinémas et par rapport aux médias.

Quelles sont les spécificités du marché suisse ?
La Suisse est un pays trilingue. Par conséquent, nos sorties sont généralement déboublées: le matériel de promotion et de publicité sont conçus pour chaque région linguistique. La langue n’est pas le seul facteur: nous voulons souvent nous aligner sur le style et les images des pays voisins. Le spectateur suisse romand fait en effet souvent ses choix en fonction des informations et les médias français, tout comme le Suisse alémanique s’informe d’abord dans les divers médias allemands diffusés dans notre pays. Si nous voulons en profiter, nous devons nous en inspirer au moins pour le choix du titre du film, des affiches, etc.

Dans quels cinémas placez-vous vos films ?
Comme nous ne distribuons que des films d’art et d’essai, nous les sortons dans des salles dédiées à ce genre; et toujours dans les meilleures salles pour chaque film. Dans notre travail – un travail engagé qui dure depuis de longues années – nous avons aussi la grande chance de pouvoir collaborer la plupart du temps sans problème avec les réseaux de salles de premier plan.
Nous sommes cependant conscients que la numérisation des cinémas tendra à réduire le marché pour les films que nous aimons. Les films commerciaux vont occuper les écrans plus massivement et plus vite, renvoyant ainsi les films «encombrants» aux oubliettes.

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