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Riina Sildos • Baltic Event

"Je n'ai plus à chasser les projets"

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Riina Sildos • Baltic Event

La productrice estonienne Riina Sildos (Amrion Film) s'est entretenue avec Cineuropa à quelques jours de l'ouverture du marché de la coproduction Baltic Event de Tallinn (1-3 décembre). Baltic Event se passe cette semaine, juste avant la cérémonie des Prix du cinéma européen-EFA, qui aura lieu ce samedi. Quel effet les EFA ont-ils eu sur votre marché ?
Riina Sildos : Nous avons clairement plus d'invités : en général, nous recevons 150 professionnels, cette année ils sont 200. Nous avons aussi dû adapter notre programme pour permettre aux invités des EFA de rencontrer nos producteurs avant la cérémonie : au lieu d'organiser la Journée de l'industrie après les rendez-vous de la coproduction, elle a été fixée à ce mercredi, avant les rendez-vous, qui se tiendront jeudi et vendredi.

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C'est la sixième édition du Marché de la coproduction et le neuvième Baltic Event. Pensez-vous que ces événements sont à présent bien établis dans le calendrier des manifestations pour l'industrie ?
Oui. Je n'ai plus à chasser les projets – au contraire, nous devons maintenant refuser des candidatures. Cette année voit en outre la naissance d'une nouvelle initiative, "Baltic Event for East", qui promeut les coproductions et collaborations entre les pays baltes et scandinaves, les pays centre- et est-européens, ainsi que la Russie et l'Ukraine. Parmi les professionnels présents, on trouve des sociétés de ventes allemandes et scandinaves qui s'occupent de films baltes, de même que des distributeurs qui s'adressent à nous parce qu'ils peuvent trouver des projets dont les droits sont encore disponibles dans la section "Coming Soon". Nous représentons toutes les étapes de la vie d'un film, du stade où il n'est qu'une idée à la distribution.

Le plus important pour nous, c'est d'aider les producteurs et réalisateurs baltes à trouver des investisseurs et des vendeurs. Nous voulons que des projets voient le jour. Je suis moi-même productrice et je sais combien il est difficile de mettre en place de vraies coproductions. Nombre de producteurs et réalisateurs européens font des films pour leurs marchés respectifs. Nous nous concentrons sur les rares professionnels qui sont réellement intéressés par la coproduction.

Que pouvez-vous nous dire des douze projets sélectionnés cette année au Marché de la coproduction ?
Nous sommes très heureux d'avoir quatre projets russes et ukrainiens de grande qualité dans le cadre de "Baltic Event for East", notamment In the Fog, le nouveau projet de Sergei Loznitsa, qui présentait cette année My Joy [+lire aussi :
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en compétition à Cannes. Il y a aussi Voluntaire d'Alexander Rogozhkin (The Cuckoo). La Finlande est également un pays très intéressant, qui a proposé plusieurs projets innovants parmi lesquels nous avons dû choisir.

Quid des projets baltes ?
Nous avons sélectionné le nouveau projet de la documentariste lettone établie Laila Pakalmina, Pizzas. C'est un long métrage à petit budget mais il promet d'être plein de son humour caractéristique, de profondeur et d'humanité. Nous présentons aussi le premier film de l'Estonienne Liina Paakspuu, Forget me Knots, produit par la société lettone Liga Gaisa. Le documentariste estonien renommé Jaak Kilmi amène en outre son nouveau projet, Football For Beginners, produit par Kuukulgur Film.

Quelles sont les tendances du moment, en termes de coproduction ? Comment se porte l'industrie du cinéma dans les pays baltes ?
Il y a des pays coproducteurs qui vont de soi, comme la Finlande et la Russie, mais nous coproduisons aussi avec l'Allemagne et les autres pays scandinaves. Personnellement, je travaille avec la France. En Estonie, le budget consacré au cinéma s'est plus ou moins stabilisé. En Lettonie, il a été amputé de 40%, mais la nouvelle ministre de la Culture, Sarmīte Ēlerte, vient du cinéma [elle a dirigé le département fédéral du cinéma de 1983 à 1988] alors j'espère que le soutien de l'État va augmenter. Nous sommes réalistes, nous savons que les deux prochaines années vont être difficiles. En janvier prochain, l'Estonie entre dans la zone euro, ce qui signifie que les budgets vont probablement augmenter. Dans tous les cas, 2011 sera une année exceptionnelle, avec huit nouveaux films locaux sur les écrans. Nous survivrons !

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