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Łukasz Dzięcioł • Opus Film

Producers on the Move 2011 - Pologne

par 

- L'assistant de David Lynch sur Inland Empire prépare actuellement les nouveaux projets de Paweł Borowski et Greg Zgliński

Łukasz Dzięcioł • Opus Film

Łukasz Dzięcioł travaille depuis dix ans chez Opus Film. Parmi ses productions les plus importantes figure Retrieval [+lire aussi :
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, candidat polonais aux Oscars en 2006, présenté la meme année à Cannes dans la section Un Certain Regard. Il a également produit A Boy on a Galloping Horse [+lire aussi :
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d'Adam Guziński, présenté hors-compétition sur la Croisette, toujours en 2006. Récemment, Dzięcioł a travaillé sur Zero de Paweł Borowski et My Flesh My Blood de Marcin Wrona. Il actuellement est en train de developper les nouveaux projets de Wrona, Borowski et Greg Zgliński.

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Cineuropa : Vous avez étudié la filmologie à l’Université de Łódź et la production à l'École de cinéma de Los Angeles, et vous avez participé au Programme de production international de l'École de cinéma de Cologne. Cette formation vous a-t-elle été utile ?
Łukasz Dzięcioł : C’est une expérience qui a bien évidemment signifié beaucoup pour moi. Mon parcours n'est pas classique. Si je suis parti aux Etats Unis, c'est parce que je voulais connaître le système américain, qui diffère beaucoup du système européen. Le premier est basé sur l’argent privé, alors que le second repose sur les soutiens et les fonds accordés par les institutions publiques. En fait, mon éducation continue toujours. Je ne cesse d’apprendre – en participant aux festivals, aux sessions de pitching, aux marchés de la production. Je pense qu’élargir ses compétences est très important dans ce métier.

N’avez-vous pas été tenté de rester aux États-Unis pour y développer votre carrière professionnelle ?
J’y suis resté un certain temps, mais j’ai toujours voulu travailler en Europe. C'est ce que j'avais prévu et j'ai voulu me tenir à mon plan de revenir travailler à Łódź, où je partais sur de bien meilleures bases qu'aux États-Unis.

Effectivement, Opus Film, la société de production de votre père, est bien établie. Grandir à coté d’un producteur vous a certainement marqué.
Énormément. Je me souviens de vacances entières passées sur des plateaux de tournage où je pouvais tout observer de très près. Je m'intéresse au cinéma depuis toujours.

Vous avez été l'assistant de David Lynch sur Inland Empire. Cette expérience a-t-elle beaucoup compté pour vous ?
Ce fut une expérience intense mais rapide. Les images du film ont été tournées pendant le festival Camerimage, de manière assez spontanée, sans calendrier, en quelques jours et quelques nuits. Le tournage a eu lieu dans des intérieurs naturels, sans décors élaborés exprès, parfois avec pour tout éclairage quelques lampes de poche... L'équipe ne comptait pas plus de quinze personnes... Lynch restait très calme, il savait parfaitement ce qu’il voulait. C’est lui qui tenait la caméra, un dispositif DV très simple qu'il avait en partie construit lui-même. Pour moi ce fut donc davantage une aventure qu'une expérience fondamentale à laquelle on se prépare pendant des mois entiers.

Tous les films que vous produisez sont des films d’auteur. Quels sont les critères nécessaires pour que vous choisissiez un projet et décidiez de le produire ?
Mes choix sont subjectifs, ils suivent mes goûts, mais il est essentiel que l’histoire soit universelle. Produire des films hermétiques destinés uniquement au public polonais n’a pas de sens. L’histoire doit m’émouvoir, me toucher, comme ça a été le cas récemment de Courage de Greg Zgliński. C’est une histoire simple basée sur des faits réels, c'est une situation qui pourrait concerner chacun d'entre nous, présenter pour n'importe qui le même dilemme. C'est que le thème de l'agression est très présent dans notre réalité d’aujourd’hui – c’est un sujet qui mérite d'être abordé. Ce qui est essentiel dans un projet, c'est que le scénario soit bon. C’est un point très important auquel nous nous attachons dès l’étape du developpement. Sans un bon texte, nous ne procédons même pas à la recherche de fonds.

Vous soulignez combien il est important d'avoir une histoire de bonne qualité... Il est pourtant difficile de tomber sur un bon scénario. On parle en Pologne d'une crise des scénaristes.
C’est vrai et cela ne concerne pas seulement la Pologne. Il n’y a pas de textes idéaux, mais c’est mon travail, c'est le travail du producteur, de guider activement le développement du texte. On en parle peu mais cela fait partie de la mission du producteur. Je travaille par exemple en ce moment sur trois projets : deux scénarios sont encore en développement, le troisième est presque terminé. Mon expérience est qu'avec un bon texte en main, il est facile de trouver des coproducteurs.

On peut donc dire que si nous avons en Pologne un bon nombre de jeunes réalisateurs intéressants, nous manquons de bons scénaristes...
Il y a en effet une nouvelle vague des réalisateurs, mais s’il y a un problème au niveau des scénarios, c’est souvent parce que les réalisateurs veulent les écrire eux-mêmes, et après un an et demi d'écriture, il faut encore tourner... C’est trop, ils perdent leur distance vis à vis du projet...

Qu’avez-vous retiré de votre participation au programme Producers on the Move ?
L'expérience a été précieuse pour moi car, comme vous le savez bien, l’essentiel du travail d’un producteur réside dans ses contacts. J'en ai donc profité au maximum en essayant de discuter et d'échanger avec tous les participants. J'ai d'ailleurs commencé de travailler avec trois producteurs rencontrés via Producers on the Move.

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