email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

Fernando Leon de Aranoa • Réalisateur

«Mes lundis, entre cinéma et politique»

par 

- Le réalisateur espagnol parle des Lundis au soleil avec Javier Bardem dans le rôle d’un chômeur: «le meilleur film que j’ai jamais tourné»

Fernando Leon de Aranoa • Réalisateur

En Espagne, en France, en Belgique et en Royaume-Uni il y a des réalisateurs et des acteurs qui rendent justice aux hommes et aux femmes qui autrement resteraient invisibles dans la société moderne du marché libre et de la consommation. Les lundis au soleil, le troisième long-métrage de Fernando Leon de Aranoa avec le grand Javier Bardem comme interprète, a été présenté aujourd’hui à Rome et semble tout à fait à la hauteur des dernières œuvres de Loach, Cantet et les frères Dardenne. Les lundis au soleil a reçu 5 Goya, a été le candidat espagnol à l’Oscar et a déjà été vu par 2 millions de spectateurs. La confirmation du talent d’un réalisateur qui sait filmer des histoires universelles tirées de la réalité. «J’ai commencé à préparer ce film il y a trois ans – a déclaré Fernando Leon de Aranoa – et je me suis documenté en fréquentant de très près certains des ouvriers de Gjion licenciés d’un chantier naval. J’ai suivi leur lutte, j’ai participé à leurs réunions en écoutant leurs revendications et en cherchant de comprendre leurs objectifs. L’intérêt pour la cause de ces ouvriers naît de mes convictions politiques».

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)
series serie

Votre film ne s’inspire pas seulement du chômage. Est-il vrai qu’au début l’histoire prévoyait un dénouement différent?
«Le scénario parlait initialement de la saisie d’un ferry-boat et de ses passagers, de la part de certains ouvriers. Toutefois, alors que j’écrivais, les personnages protagonistes de cet enlèvement ont occupé la scène. Plus le scénario avançait, plus la nécessité d’enrichir leur histoire était pressante. Le résultat est donc un film choral sur la vie quotidienne, sur le désespoir et sur les doutes existentiels des hommes dans des circonstances particulières. Chaque interprète exprime un malaise et une différente façon d’affronter les événements. Par contre, le prochain film aura comme interprètes deux femmes, mais, pour le moment, je ne veux pas en dire plus».

Les lundis au soleilavait été, avec une certaine surprise, choisi pour représenter l’Espagne pour l’Oscar. Mais le film ne fait pas partie de la sélection des cinq films candidats à l’Oscar…
«Je regrette ne pas avoir été sélectionné pour l’Oscar, toutefois le public américain du Sundance et d’autres festivals a apprécié le film. Cela signifie que même en dehors de l’Espagne cette histoire a une valeur universelle. Il est certain que la sélection à l’Oscar aurait représenter un bon tremplin pour le film qui sortira aux Etats-Unis au mois d’avril prochain».

Enfin, Javier Bardem a renouvelé toute son estime et affection à son réalisateur. «Fernando est un très bon scénariste et réalisateur. Mon rôle était si bien écrit que je n’ai fait pratiquement aucun effort. J’ai seulement adapté mon physique au personnage. Lorsque j’ai été contacté pour ce film, je venais de recevoir le prix de la meilleure interprétation pour le film Avant la nuit de Julian Schnabel (2000). C’est grâce à cette reconnaissance que j’ai reçu plusieurs offres des Etats-Unis, mais aucune proposition n’était à la hauteur de ce film. Aucune difficulté pour choisir: c’est le meilleur film auquel j’ai participé».

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy