email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

Danny Boyle • Réalisateur

"À 46 ans, vous avez fait vos choix et vous devez les assumer"

par 

- BERLIN 2017 : À la Berlinale, nous avons parlé avec le cinéaste britannique Danny Boyle de sa suite très atypique, T2 Trainspotting, présentée hors compétition

Danny Boyle  • Réalisateur
(© Berlinale)

21 ans après son révolutionnaire succès Trainspotting, le réalisateur britannique Danny Boyle (28 jours plus tardSlumdog Millionaire [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Danny Boyle
fiche film
]
) a réuni ses producteurs, scénaristes et acteurs pour une suite très atypique intitulée T2 Trainspotting [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Danny Boyle
fiche film
]
et qui a fait sa première mondiale à la Berlinale, hors compétition.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Cineuropa : D’où est venue l’idée de donner une suite à Trainspotting ?
Danny Boyle :
Après le succès du premier film, Irvine Welsh a décidé en 2002 d’écrire une suite, publiée sous le titre Porno. Il nous a accordé les droits, puis nous avons adapté le livre. Mais l’adaptation ne nous satisfaisait pas, car nous avions l’impression de faire du réchauffé avec une histoire légèrement différente et des blagues différentes. Les gens auraient été déçus, quelle que soit la manière dont nous aurions procédé. John Hodge, le scénariste, deux producteurs et moi-même, avons alors développé un scénario beaucoup plus personnel. L’histoire tourne autour du temps et du vieillissement, ce qui est plus authentiquement en lien avec ce que les acteurs vivent eux-mêmes et ce qui a beaucoup à voir avec leur apparence.

Quelle approche avez-vous adoptée ?
Nous voulions faire un nouveau film dans lequel il serait intéressant de revisiter ces personnages. Grâce au succès du premier, nous pouvions avoir un budget d'environ 50 M$, alors que nos films ne dépassent pas les 20 M$ d'habitude, alors on nous a laissé faire le film que nous voulions vraiment faire. Les acteurs ne s’attendaient pas à recevoir de gros cachets pour cette suite. Tous ont été payés de la même manière et si le film est un succès, ils en tireront des bénéfices en participations.

Étaient-ce des retrouvailles ?
Cela n'a été une réunion d'anciens élèves pour personne, car les acteurs ont tourné à des moments différents. Jonny Lee Miller et Robert Carlyle sont venus pendant leurs vacances d’été, parce qu’ils sont engagé dans de grandes productions télévisées. Et Ewan McGregor n’a pas été disponible pendant quelque temps, parce qu’il terminait American Pastoral à Los Angeles.

Dans votre film, les personnages doivent faire face aux différents changements dans le monde. Avez-vous essayé de réaliser une suite atypique ?
Je me suis inspiré du sitcom britannique The Likely Lads, où les deux acteurs qui incarnaient des personnages appartenant à la classe ouvrière, ont été rappelés sept ans plus tard pour de nouveaux épisodes. Ils avaient changé tout en restant les mêmes. Cela donnait un élément comique très fort et cela m'avait vraiment marqué. Ce qui est stupéfiant avec les films, la télévision, la caméra, c’est à quel point cela traite du temps, en permanence. Lorsque vous regardez un film, vous regardez en fait un temps qui est passé par le filtre du montage. Si vous regardez un acteur dans votre film préféré, pour vous il reste figé dans cette image. En associant deux moments, deux époques, on rend en quelque sorte les acteurs au public, parce qu’eux aussi subissent les effets du temps. Tel est le pouvoir du cinéma !

Comment avez-vous abordé le sujet des réseaux sociaux ?
Tout le monde voulait que nous actualisions le laïus de "Choose Life..." parce qu'il avait rencontré un grand succès et qu'il avait été recyclé sur des T-shirts et des posters. Donc, nous l’avons fait. En 1996, il se moquait des addictions du consommateur et des choix de l’époque. Aujourd’hui, il se moque des addictions modernes, comme les réseaux sociaux et autres, et leurs coûteuses conséquences. Les Chinois travaillent dans les usines pour produire ces morceaux d'équipements numériques et ils ruinent des vies avec.Le discours du personnage incarné par Ewan McGregor est vraiment une confession car il dit qu’il a changé et choisi la déception. Le choix de perdre ceux qu’il aime, de ne pas être la personne qu’il voulait être — il voulait des enfants, mais n’en avait jamais eu. À 46 ans, vous avez fait vos choix et vous devez les assumer. C’est une vraie confession sur ses propres souffrances.

A-t-il été compliqué de trouver le bon style visuel, au vu des fortes attentes du public après le premier Trainspotting ?
Nous devions faire honneur au travail du chef opérateur Brian Tufano, qui avait participé au premier film. Nous n’avons pas pu travailler avec lui, car il n’est pas en bonne santé. Avec Anthony Dod Mantle, nous avons essayé de laisser le style du film émerger davantage au montage, ce qui est intéressant parce que c'est filmé sur le temps, tout comme l'est le montage.

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Lire aussi