email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

Peter Kerekes • Réalisateur

"L’histoire est facile à comprendre tout en étant intéressante et forte"

par 

- KARLOVY VARY 2017 : Peter Kerekes, qui a remporté le prix Works in Progress du Festival de Karlovy Vary de cette année, nous parle de son dernier projet, Censor

Peter Kerekes • Réalisateur

Grâce à son nouveau projet, Censor, le documentariste slovaque Peter Kerekes a remporté le prix Works in Progress de la 14e édition de l’évènement consacré aux professionnels du Festival International du Film de Karlovy Vary (lire l’article). Après ses documentaires très applaudis, Cooking History et Velvet Terrorists [+lire aussi :
critique
bande-annonce
fiche film
]
, Kerekes passe à la fiction sans perdre de vue l’aspect documentaire. Cineuropa a rencontré le réalisateur après sa victoire pour parler du projet.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Cineuropa : Lors de la première présentation de votre projet, Censors était un triptyque semblable à Velvet Terrorists, qui aborde la censure des mots dans une prison ukrainienne, la censure de l’image en Arabie Saoudite et la censure du monde dans Nollywood. Cependant, au Works in Progress de Karlovy Vary, vous avez présenté Censor comme un long-métrage qui semblait ne parler que de la prison ukrainienne. Pourquoi ce changement ?
Peter Kerekes : L’idée de départ était de réaliser un long-métrage documentaire. Nous avons commencé nos recherches en Ukraine, car c’était l’étape la plus simple, bien avant d’obtenir une quelconque aide au développement. Petit à petit, un film de fiction était en train de naître, et je pensais encore qu’il allait s’agir d’un triptyque. Après la première phase de tournage, j’ai pris conscience qu’il y avait trop de thèmes dans Censor, et cela aurait été dommage de le limiter à 30 minutes. Lorsque nous avons décidé d’approfondir les thèmes qui nous intriguaient et les sujets que nous avons découverts à Odessa, nous nous sommes retrouvés avec un long-métrage. Nous avons donc abandonné les deux autres histoires initialement prévues au côté de la censure ukrainienne.

Vous parlez de film de fiction, cela veut-il dire que vous êtes en transition vers la fiction, à l’instar de vos collègues Peter Ostrochovský, Marko Škop, entre autres ?
Contrairement à mes collègues, ce n’était pas une décision conceptuelle, car je n’ai jamais eu l’ambition de réaliser des films de fictions. Ceci étant dit, nous avons compris durant le tournage que certaines choses seraient plus intéressantes si elles étaient représentées, plutôt que d’être racontées ou observées. Nous nous sommes progressivement dirigés vers une fiction minimaliste, ce que je considère comme le résultat logique de ce que nous avons commencé dans Velvet Terrorists. Je pense que l’intimité est très importante dans le film, car nous filmons de longues scènes, et je ne garderai que les quelques secondes ou fragments où les gens réagissent de manière authentique.

Pourquoi parler de la censure ?
Tout a commencé à partir d’une plaisanterie, tout comme Cooking History et Velvet Terrorists. Le directeur de la photographie, Martin Kollár, se trouvait à l’aéroport en Arabie Saoudite lorsqu’il remarqua que toutes les mini-jupes et les décolletés d’un magazine féminin avaient été manuellement barrés au marqueur noir. Au départ, nous voulions réaliser un film sur la personne qui travaille en recouvrant des poitrines et des cuisses huit heures par jour. En faisant quelques recherches, nous avons découvert qu’il existe des formes de censure qui ne sont pas forcément politique. C’est là que nous avons pris conscience de la censure en prison, qui a finalement fait l’objet du film.

Où en est le projet actuellement ?
Nous sommes à la moitié de la photographie principale et le prix que nous avons remporté à Karlovy Vary a donné plus d’importance au projet. Nous pensons donc être mesure de demander plus de moyens financiers pour disposer de plus de jours de tournage, ce qui nous permettrait de filmer en automne, en hiver et au printemps. Le tournage devrait être terminé en 2018, et si le montage suit un rythme normal, je pense que nous aurons fini le film à l’été 2018. Nous tentons encore d’obtenir des financements et cherchons des coproducteurs. Nous sommes actuellement en négociations avec des producteurs ukrainiens et la présentation du projet à Karlovy Vary nous a permis de recevoir des propositions intéressantes. Outre nos partenaires financiers slovaques, tchèques et ukrainiens, nous aimerions en trouver un quatrième, idéalement du Danemark, de la France ou de l’Allemagne.

Je pense que c’est une histoire forte et unique, en dépit du fait que les films sur les prisons constituent un genre à part entière. C’est l’histoire d’une femme qui surveille la vie de plusieurs personnes sans possibilité d’intervenir, une sorte de drame à l’ancienne. D’une part, l’histoire de ces gens est tragique – les choses se terminent généralement mal en prison – mais d’autre part, le film ne manque pas d’humour. L’aspect humoristique ne vient pas seulement de moi, les histoires ont leurs propres éléments tragicomiques. Le visuel est beaucoup plus intéressant, car nous tournons à Odessa, plutôt qu’en Slovaquie. L’histoire est facile à comprendre tout en étant intéressante et forte.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Privacy Policy