email print share on Facebook share on Twitter share on reddit pin on Pinterest

SAN SEBASTIAN 2018 New Directors

Hannes Baumgartner • Réalisateur

"Notre dessein central était de comprendre comment s'était développée la spirale de violence"

par 

- SAN SEBASTIAN 2018 : Nous avons interrogé le Suisse Hannes Baumgartner sur son premier long-métrage, Midnight Runner, et sur la manière dont il a bâti son intrigant personnage principal

Hannes Baumgartner  • Réalisateur

Midnight Runner [+lire aussi :
critique
bande-annonce
interview : Hannes Baumgartner
fiche film
]
du Suisse Hannes Baumgartner, qui a été dévoilé simultanément en Espagne (dans la section New Directors du Festival de San Sebastian), en Grèce (au Festival international du film d'Athènes) et en Suisse (au Festival de Zurich), est un premier long-métrage visuellement puissant qui nous plonge dans l'esprit d'un homme apparemment parfait qui devient un "monstre".

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

Cineuropa: D'où est venue l'idée de faire ce film ?
Hannes Baumgartner : C'est mon producteur, Stefan Eichenberger, qui a eu cette idée. Il était coureur professionnel à l'époque des événements qui sont survenus à Berne. Comme il n'habitait pas loin, il s'est déjà retrouvé sur la même ligne de départ que Mischa Ebner. Dix ans plus tard, ce qu'il a ressenti à être près de lui était encore très présent dans son souvenir. L'histoire s'est vraiment mise à me passionner quelques semaines plus tard, quand nous avons commencé les recherches. À ce moment-là, j'ai pris la mesure de ce que Mischa Ebner représentait et de la rage énorme qu'il a sortie de lui-même. C'était un citoyen modèle (il était socialement intégré, il avait avec sa petite amie une relation stable, il avait été formé comme cuisinier, c'était un athlète accompli...), mais à l'intérieur, il était complètement déconnecté de sa vie extérieure. Je pense qu'il est devenu coureur, athlète de haut niveau, non pas parce qu'il était très doué ou pour la gloire, mais parce qu'il voyait sa propre misère et qu'il avait besoin d'agir pour se sauver du vide qu'il avait en lui. Cette réflexion a été un moment clef qui m'a engagé à approfondir.

Dans quelle mesure avez-vous transformé les faits pour en faire un film ? Quelle liberté vous êtes-vous accordée par rapport aux faits et aux personnages réels ?
Il était important pour nous de préserver les faits, bien sûr, mais il fallait aussi compresser l'histoire. Cela dit, le dessein premier du film était de scruter le développement émotionnel du personnage principal. Pour moi, il s'agissait de trouver des réponses sur les causes de sa violence. Le récit s'étire sur une année parce que c'est l'année où il a remporté des succès en sport, mais aussi celle où ses crimes ont commencé. Pour mon scénariste, Stefan Staub, et moi-même, il était important non seulement de relater les faits, mais aussi de creuser pour explorer le développement émotionnel de Jonas. Nous nous sommes rendu compte que les actes irrationnels faisaient également partie de sa personnalité. Tous ses actes et tous les aspects de son comportement ne sont pas que le résultat d'une dynamique cause-à-effet.

Le contact le plus important que nous ayons eu pour explorer la personnalité de Jonas, c'est le psychologue qui l'a évalué. Il a fourni un travail extraordinaire et assez obsessionnel pour comprendre sa personnalité. Son aide a vraiment été cruciale pour nous.

Comment avez-vous composé votre propre Mischa/Jonas ?
Les recherches pour comprendre le vrai personnage et ce qui s'était passé ont été essentielles, mais il arrive toujours un moment où on va au-delà de la spéculation. Pour vraiment explorer la vie intérieure du personnage principal, il faut se libérer, essayer de ressentir ce qui s'est passé. Mischa est né d'un long processus. En écrivant, notre dessein central était de comprendre comment s'était développée la spirale de violence dans laquelle Jonas s'est embarqué.

La description de sa carrière sportive était également très importante. Nous avons essayé de comprendre ce que cela faisait d'être un athlète de haut niveau et ce que cela signifiait d'être si bien organisé qu'on parvient à atteindre des sommets. Max Hubacher, l'acteur principal, a commencé à s'entraîner deux ans avant le début du tournage. Il a travaillé avec un entraîneur personnel pour développer un style propre dans sa manière de courir. Il était crucial qu'il adopte un style et qu'il apprenne comment ne pas dépenser toute son énergie dans la course. Ce fut aussi très intéressant pour moi, que de connaître l'environnement des coureurs professionnels.

Le film n'a pas de musique ajoutée mais des sons, très intenses et signifiants. Pourquoi avez-vous décidé de ne pas travailler avec une bande originale traditionnelle ?
Il était clair pour moi dès le départ que je ne voulais pas forcer les émotions avec une bande originale classique. Le sujet du film est trop délicat. Le son ne devrait pas dire au public ce qu'il doit ressentir par rapport au personnage : c'est à lui de se faire sa propre opinion. Le film adopte principalement la position de l'observateur, alors nous avons essayé de travailler avec des sons ambiants de manière à compléter les strates réalistes du film. Ce n'est que quand l'intérieur de Jonas ressort, surtout à partir de l'arrivée du frère, que le son dévie du cadre réaliste. C'est parce que nous avons essayé d'exprimer les sentiments de Jonas et de montrer comment cette force en lui, son désespoir intérieur, s'est mise à déborder de sa routine quotidienne.

(L'article continue plus bas - Inf. publicitaire)

(Traduit de l'anglais)

Vous avez aimé cet article ? Abonnez-vous à notre newsletter et recevez plus d'articles comme celui-ci, directement dans votre boîte mail.

Lire aussi

Privacy Policy